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honorée ; et les principales fêtes des mages , qui
étoient les prêtres de la religion persane , consis-
toient dans la célébration des grandes époques de
la culture , telles que les semailles, la levée du
blé, la moisson, et l'offrande solemnelle des gerbes,
faite à la divinité du pays. Dans l'empire de la
Chinç, qui est presque aussi étendu que l'Europe,
et qui subsiste depuis trpis mille ans au moins
l'agriculture est le premier article de la politique ,
et un des premiers de la religion. C'est un usage
immémorial de ce superbe empire, qu'au renou-
vellement de chaque année, l'empereur , en pré-
sence de son peuple et de sa cour, laboure et sème
de sa main deux ou trois sillons, dans lesquels il
enfonce un soc qui est tout doré, parce que la
vanité se mêle toujours aux meilleures cérémonies
des rois. Celui de la Chine met cependant sa va-
nité la mieux entendue , à se montrer le premier
daboureur de ses états immenses ; et tous les ans
il fait distribuer , dans un million de villages, un
million d'exemplaires du calendrier national, qui
est l'abrégé de tout ce qu'il importe au peuple de
savoir. Le peuple Romain, qui fut autrefois le
conquérant et le législateur du monde entier
attachoit une importance extrême à l'agriculture. Il
regardoit la profession du laboureur, comme aussi
glorieuse que celle des guerriers et des séna-
teurs. Ceux-ci, en quittant le sénat ou l'armée ;
retournoient noblement à la charrue. Tant que
ces mæurs durèrent, le peuple Romain fut in
vincible, Le mépris de la culture, des lois
des" vertus, bouleversa Rome , et livra l'Eu-
rope à l'invasion des peuples du Nord, célèbres
sous le nom de Goths et de Vandales. Ces Par-

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et

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bares avoient, comme tous les brigands, le travail en horreur. Ils forcèrent les naturels du pays qu'ils avoient conquis à travailler pour eux, et alors commença le systême abominable de la main - morte , de la roture , de la corvée et de la taille. Ce systême, nommé gouvernement feodal, nâquit au milieu du carnage , et couvrit tous les villages de l'Europe de calamités et de misère. Le paysan , en Pologne, où ce gouvernement subsiste en entier , est un esclave , un forçat ; et son seigneur peut le tuer impunément. Dans plusieurs cantons de l'Allemagne , il existoit une loi , digne des Goths et des Vandales : elle condamnoit tout paysan qui tuoit-un cerf, à être attaché sur un autre cerf que

l'on abandonnoit avec lui dans les bois. Le

paysan François ne fut jamais exposé à de telles barbaries ; cependant il gémissoit sous une quantité innombrable de droits féodaux. L'assemblée nationale l'a délivré d'une partie de ces droits , et lui a permis de se racheter des autres. va renaître. Il va reprendre sa dignité. Elle consiste dans l'utilité de son travail et de la sagesse

de ses mours. Mais il a besoin , pour l'une et pour l'autre , de sortir de cette ignorance où l'a retenu si long-temps un gouvernement qui n'étoit guère plus éclairé que

les villages. Ce gouvernement ayant changé au profit des campagnes

leurs habitans doivent se rendre dignes de ses bienfaits , et s'éclairer comme lui. La richesse de leurs terres et la prospérité de leur condition dépendent des

dépendent des bonnes lois et des heureuses découvertes. Ils doivent donc s'appliquer à les connoître. C'est alors qu'ils seront véritablement au pair des citoyens les plus distin

Il

gués. Car c'est moins la différence des conditions, que l'excellence des travaux et la prééminence des vertus qui distinguent les hommes. Cette considération seule nous a déterminés à nous charger de la Feuille Villageoise. Rien ne sera négligé par nous, pour donner au paysan les connoissances qui lui manquent , et nous espérons que dans peu il saura converser avec les gens instruits, et quelquefois les instruire eux-mêmes.

Expériences sur les troupeaux. On n'imagineroit pas que l'Espagne , dont on accuse continue!, lement la négligence et la paresse , est néanmoins le pays qui possède les plus beaux et les plus nombreux troupeaux. Cet avartage tient à plusieurs causes. 1°. Les Espagnols font venir tous les ans des beliers de Barbarie , côte d'Afrique, dont ils sont voisins. Ces étalons africains, dont la laine çst d'une finesse prodigicuse , et dont la force et la fécondité ne sont pas moins admirables renouvellent chaque année les moutons de l'Espagne. 2o. La bonté du climat favorise leur propagation. Les pluies y sont rares. Le terroin sec ; et les nuits tempérées de l'Espagne, permettent de tenir les troupeaux à l'air, jour et nuit. Ils ne sont donc jamais attaqués de maladies qui proviennent uniquement de l'air renfermé et corrompu des étables , et en même-temps ils servent à fertiliser, par leurs engrais , les terreins où ils parquent. 3. Les Espagnols donnent à leurs troupeaux du sel en abondance , ce qui aiguise l'appétit des moutons , et contribue à leur santé , et même à rafiner leurs laines en épurant leurs humeurs. 4°. On a soin de les écarter de toutes marres infectes ,. et de leur procurer une boisson saine et salubre. 5°. Pour les fortifier et les mieux nourrir , on les fait voyager de montagne en montagne. Un berger, secondé par plusieurs autres bergers qui lui obéissent comme les moutons, para court ainsi avec eux des provinces entières, et ramène ensuite sa pacifique armée , engraissée aux dépens de ces provinces. Cet avantage coûte un peu cher à la culture , parce qu'elle est obligée d'abandonner au pâturage et aux courses des troupeaux une étendue immense de terre

: aussi un Anglois disoit-il , que l'Espagne n'étoit bonne à habiter qu'aux moutons et aux moines.

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Questions proposées aux médecins sur les fièvres

d'automne.

que

Première question. Pourquoi les fièvres d'automne sont-elles fi comar munes parmi les villageois ? Seconde question. Quel est le meilleur préservatif de ces fièvres ?

Réponse. L'épuisement des forces , occasionné par les travaux et les chaleurs de l'été , lc serein, l'humidité , les fraîcheurs subites , les exhalaisons des marais, des étangs, des fosses à chenevière ou à fumier établies près des maisons , les cadavres des animaux l'on néglige d'enterrer, et dont la vapeur est plus dangereuse en cette saison, les boissons d'cau croupissantes où se trouvent les insectes et des plantes pétrifiées ; enfin la débauche des fruits trop peu mûrs ou trop relâchans dans un temps où l'on a besoin de force : voilà les principales causes des fièvres d'automné auxquelles sont sujets les habitans de la

campagne. S'ils veulent s'en préserver, ils doivent donc ne pas forcer nature en travaillant ; ne pas rester en chemise vers le soir, lorsque l'air commence à se refroidir ; ne pas se coucher et s'endormir dans un endroit humide ; ne pas boire à une source trop fraîche, lorsqu'ils sont trempés de sueur : encore moins boire des eaux corrompues ; ne pas laisser les cadavres des animaux pourrir' sur pas creuser les fosses à chenevière trop près de leur maison ; éloigner aussi , ou placer , s'il est possible, du côté du nord , les fosses à fumier ; éviter de manger à l'excès des fruits peu mûrs ou gâtés ; user, après tout grand travail, d'un peu de vin, ou de bière, ou de cidre, et au défaut de ces liqueurs, si elles manquent dans le pays, boire de l'eau mêlée d'une cuillerée de miel, ou de quelques gouttes d'eau-de-vie , ou de vinaigre.

Quant au traitement de la maladie, les villageois doivent s'en rapporter aux gens de l'art, et non à leur propre fantaisie ou à des remèdes mal connus, qui, mal appliqués , aggraveroient encore la maladie.

terre,

ne

On s'abonne à Paris , chez DESENNE, Libraire, au Palais-Royal ; et en Province , chez les principaux Libraires et chez les directeurs de la Poste. On prévient los Souscripteurs qu'il faut affrancliir les lettres et le port de l'argent ; et on les prie de vouloir bien cir- constancier l'adresse de chaque village , pour éviter la ressemblance de nomas.

Les 83 Départemens. Nom du Département. Lieu d'assemblée du Dé

partement. 34. De l'Indre et Loire, Tours. 35. Du Loir et du Cher, Blois. 36. Du Cher,

Bourges. 37. Des Sources d'Yonne , Nevers. 38. La Côte d'Or, Dijon. 39. La Saone,

Vezoul. 40. Haut-Rhin,

Colmar. 41. La Vendée,

Fontenay-le-Comte. 42. Des deux Sèvres, Niort. 43. La Vienne,

Poitiers. 44. L'Indre,

Château-Roux. 45. L'Allier,

Moulins. 46. La Saone inférieure, Mâcon. 47. Du Jura,

Lons-le-Saunier. 48. Doux,

Besançon. 49. La Charente infér. Saintes. 50. La Charente', Angoulême. 51. La Haute-Vienne, Limoges. 52. La Creuse ,

Gueret. 53. Puy-de-Dôme.

Clermont. 54. L'Ain,

Lyon. 55. Rhône et Saone , Bourg. 56. La Gironde ,

Bordeaux. 57. La Dordogne , Périgueux. 58. La Correze,

Tulle. 59. Du Cantal ,

Saint-Flour. 60. Du Haut-Allier Puy. 61. L'Ardéche,

Privas. 62. La Drôme,

Chabeuil. 63. L'Isére,

Moirans. 64. Hautes-Alpes

Chorges. 65. Des Landes,

Mont-de-Marsan. 66. Du Lot et Garonne

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, Agen.

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