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LONDRES. On a publié l'arrangement du ministère Anglois avec le ministère Espagnol. Cette nouvelle a fait monter tout de suite la valeur des effets commerçables que la peur de la guerre avoit fait baisser. . Si les rois calculoient bien l'intérêt de leurs peuples , lorsqu'on propose une guerre , ils-répondroient ce que disoit la reine Elisabeth : la guerre est un procés qui ruine ceux même qui le gagnent:

BRUXELLES. Léopold menace les Brabançons , s'ils ne souscrivent pas aux conditions qu'il vient de leur offrir , de faire marcher contre eux une armée puissante, voisine , et déja victorieuse. Il faudroit plaindre , faudroit peut-être secourir ce peuple , si les conditions offertes étoient injustes, ou s'il écoutoit moins le fanatisme monacal qui a été porté à un tel excès, que l'on a vu des religieux , armés de fusils et de sabres , faire attacher devant eux leurs ennemis innocens à la lanterne. Un peuple , qui se fait le valet des moines et le substitut des bourreaux, est indigne, est incapable d'être libre.

CAMBRAI, en Flandre. Une populace soulevée, dit-on, par des chanoines séditieux, a voulu empêcher les officiers municipaux de procéder à la visite et à l'estimation des biens , usurpés jadis par les couvens et les chapitres.

L'assemblée nationale a ordonné la punition des coupables et l'exécution des loix. Les ennemis du bien font leurs derniers efforts pour exciter une guerre civile et religieuse. Ils vont remuant la boue des rues et prêchant la révolte dans les ténèbres : mais ces mauvais prédicateurs ont beau faire ; ils ont contre eux l'évangile et la constitution.

CAHORS. Les chanoines de cette ville , bons prêtres et bons patriotes, ont vu sans murmurer, exécuter dans leur cathédrale les nouveaux réglemens ecclésiastiques: Tous leurs concitoyens ont applaudi à cette conduite , et toutes les cathédrales doivent l'imiter.

QUIMPER. Les gens timorés qui avoient imaginé que le peuple n'avoit plus ce droit de choisir ses ésêques qu'il avoit eu dans les meilleurs temps de

ont reconnu leur erreur. On a donc procés

l'église ,

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dé à l'élection, et nommé pour évêque , M. d'Expilly, député à l'assemblée nationale , prêtre distingué par des vertus chrétiennes , autant que par des connoissances philosophiques.

BREST. Les matelots qui ont bataillé si long-temps contre la discipline, revenus de leurs fausses idées, sont à présent l'exemple de la subordination , et c'est une preuve nouvelle , que la classe des citoyens laborieux entend parfaitement raison quand elle n'est pas séduite ou échauffée par quelque mauvais esprit.

Uzès. Il n'étoit plus question des complots qui étoient la suite dn camp de Jalès. Les têtes commençoient à se remettre. Des insensés ou des furieux, dirigés par des monstres, essaientde nouveau d'armer les deux religions l'une contre l'autre, afin de tuer, s'il est possible , la liberté par le fanatisme. C'est aux bons, esprits

, et aux bons curés de calmer ces nouveaux accès de rage ou de délire.

2 wise STRASBOURG. Malgré les chanoines qui se disent princes du Saint-Empire , malgré lésp rinces Allemands qui se font apôtres des chapitres, on se prépare de tout côté à l'acquisition des domaines nationaux. La cabale s'efforçoit de rabaisser leur prix. Les' fermiers instruits se disputent à qui en donnera davantage, De riches étrangers s'en pressent de faire aussi des offres considérables. Plusieurs d'entre eux comptent venir s'établir au milieu de ces biens. Ainsi la France. en acquittant ses dettes ! va voir en même temps multiplier ses sujets et ses trésors.

SUMEVOIX PRÈS VASSY. ( Département de la haute Marne ) Quelques gardes nationales de ce petit village, ayant rencontré deux voiture's chargées de contrebande, loin de mettre à profit cette occasion de se procurer à bon compte du tabac ou telle: autre: denrée ,

fidèles au serment fédératif, ont artêté ces voitures , et les ont soigneusement gardées , jusqu'à l'arrivée des commis. Ces gardes fidèles connoissent mieux les devoirs du citoyen , que ceux qui en parlent si lon

guement

avares.

guement, Chez un peuple libre , la contrebande est le plus infâme des vols ; car l'impôt, payé par-tout, et. dépensé pour tous , appartient à tous. Un François qui fraude les droits, vole, d'un seul coup, vingt-cinq millions d'hommes.

Paris. Un vieil avare qui avoit amassé vingt-quatre mille livres en beaux louis d'or, étoit tenté de les faire vendre dans les marchés d'argent. On lui proposa vingt sols de gain, ce qui auroit fait cent pistoles de gain. Non, répondit-il enfin, je veux que mon épargne tourne une fois à l'avantage du public. J'achète un domaine national, et je le paye en louis d'or comptant. Que l'on juge si le patriotisme n'a pas fait de grands progrès , puisqu'il s'insinue jusques dans le cæur des

Le Corps électoral de la capitale devoit s'assembler en six arrondissemens séparés, pour nommer les nouveaux juges qui doivent succéder aux anciens magistrats. Cette séparation en six arrondissemens auroit nui au bon choix, si important aujourd'hui, afin d'écarter des tribunaux les mal - intentionnés et les gens incapables. Quel est le devoir d'un électeur? De faire le meilleur choix possible. Quel est le meilleur choix possible ? Celui qui réunit le plus de suffrages éclairés. Comment réunir le plus de suffrages éclairés ? En réu-, nissant les électeurs et les lumières en une seule assemblée , en une seule masse. En conséquence les électeurs des six' arrondissemens ont présenté de concert une pétition pleine de respect et de raison à l'assemblée nationale qui , ayant discuté les motifs a satisfait, à la demande. Ainsi le Corps électoral va élire en commun les juges, et fonder ainsi une nouvelle judicature digne de la capitale et de la constitution. Ainsi les parlemens seront remplacés , de manière à n'être jamais regrettés par ceux qui regrettent toujours ce qui n'est plus.

L'assemblée nationale a rendu plusieurs décrets nouveaux sur la contribution foncière. Les marais et les terres vagues seront assujettis à une taxe légère dont on ne pourra s'exempter qu'en abandonnant le terrein taxé à la commune de qui il dépend , et qui sera char

gée alors de payer cette contribution, si petite , qu'elle est réduite à trois deniers par arpent. On ne peut acheter à plus bas prix la protection des lois et la prospérité de l'état, les deux grands motifs de tout impôt. D'ailleurs la taxe des marais et des terreins vagues engagera leurs possesseurs à les cultiver et à les faire valoir ; c'est l'intérêt de chaque propriétaire, c'est l'intérêt de toute la nation. Aussi l'assemblée , par le même décret, a-t-elle décidé que tout homme qui défrichera un terrein inculte, ou qui desséchera un terrein marécageux, ne sera pas surtaxé, pour les terres mises en culture, pendant quinze années après leur défrichement ; pour les terres plantées en vignes et arbres fruitiers , pendant vingt années après leur plantation ; enfin pour les terres semées en bois, pendant trente années après leur semis. Nous nous hâtons d'en avertir nos lecteurs villageois. Nous les exhortons à entreprendre, à entamer tout de suite, ces terreins perdus autour d'eux et qui n'attendent que la bêche et la charrue. Graces à cette loi nouvelle, personne qui ne puisse désormais , avec un peu de travail , préparer un petit héritage à ses enfans.

Je passois à côté d'un paysan que je connoissois pour aimer beaucoup le vin. Il piochoit son sol pierreux et abandonné. Que faites-vous là, lui demandai-je ? - J'ai ruiné mes enfans au cabaret, me répondit-il, et je vais réparer leur fortune en plantant ici une vigne.

Vous auriez dân , lui dis-je , y penser plus tôt, afin de boire le vin de votre crâ : C'est vrai , me dit-il, en riant, mais les commis en auroient bu la moitié ; on leur a lié les mains : A PRESENT IL FAIT BON

TRAVAILLER.

On s'abonne, à Paris chez DE SENNE, Libraire au Palais-Royal , moyennant 7 liv. 4 sous par an.

Messieurs les souscripteurs qui auront des réclamadons à faire , sont priės d'indiquer avec précision le numéro qui se trouve sur leur adresse.

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Une foule d'Abonnés, soit parmi les habitans des villes, soit parmi ceux de la campagne, nous deinandeat, non pas le simple extrait des lois nouvelles, mais les décrets tels qu'ils font wrononcés par l'airemblée nationale, avec les délibérations qui les ont précédés , & un commentaire qui les explique.

Nous prions nos correspondans de réfléchir un seul moment là-dessus. Rien de plus juile allurément que leur desir d'être instruits, & du décrei, & de la délibération, & de la lettre , & de l'esprit de chaque loi, mais rien de moins praticable dans un espace aulli peu

étendu que notre Feuille ; elle suffiroit à peine pour contenir l'ouvrage d'une seule journée du corps legislatif. Foileau se plaignoit que Louis quatorze, dans ses conquêtes , avoit pris une feconde citadelle, & remporté une troisième victoire avant que les poètes eulient chanté la première. Les journalistes feroient bien plus embarrassés de décrire tout le détail & jour le proquit de la législation“, aussi rapidement qu'elle est faite.

Nous avons , il est vrai, annoncé dans notre prospectus l'exposé & l'explication des décrets. Mais nous avons expressément borné notre promesse aux lois qui concernent les campagnes. Car c'est aux campagnes que notre Feuille s'adre re. Nous imitons les abeilles qui ne rravaillent que pour le profit des villageois. Si quelquefois nous faisons des excursions au-delà des villages, c'est toujours dans l'espoir de recueillir quelque chose d'utile pour eux.

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