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Kurakin, chacun une tabatiere d'or, garnie de diamans; les deux pages, chacun une montre ornée de brillans. Les domeftiques de S. A. I. n'ont point été oubliés; le roi a fait donner au valet de chambre & au cocher, chacun une tabatiere d'or & 100 ducats; aux quatre laquais de la chambre, chacun une tabatiere femblable & 40 fréderics d'or, & à chacun des autres domeftiques 40 de ces pieces.

RATISBONNE (le 6 Août.) Le décret aulique-impérial, relativement à la rupture du congrès de vifitation de la chambre de Wetzlar, que T'on attendoit ici depuis deux mois, fut porté, le 31 du mois dernier, à la dictature par le directoire de Mayence, & eft actuellement fous preffe, avec le rapport de la commiffion impériale, & le protocole de la vifitation fur ce fujet. Ce décret aulique eft conçu en termes fort modérés, & porte en fubftance,que S. M. Imp. regrestoit beaucoup que toutes les peines qu'elle s'étoit données pour le rétabliffement d'une bonne adminiftration de juftice dans la chambre de Wetzlar, qui n'avoit pas eu lieu depuis près de deux fiecles, n'avoient eu aucun fuccès, quelques états députés à la vifitation s'étant émancipés de la rompre, quoiqu'elle eut été convoquée par le chef de l'empire du confentement des états, & qu'elle eut occafionné des frais immenfes pendant près de in ans qu'elle a duré.

Le prétexte de ce que les colleges des comtes en Franconie & en Weftphalie n'avoient point été convoqués pour la quatrieme claffe de vifitation, & dont on s'eft prévalu pour juftifier cette démarche, étoit fi peu fondé, que le différend entre les membres catholiques & les membres proteftans de ces deux colleges étoit inconnu, ૐ que l'électeur, de Mayence auroit fait injuftice aux ans au aux Septembre. re. quinz. 1776.

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autres, s'il avoit convoqué lefdits colleges des comtes avant que ce différend eût été accommodé; au lieu qu'il n'avoit fait tort à perfonne, en convoquant à leur place les colleges des comtes en Souabe & en Wetteravie, fauf les droits des autres; ce qui fut le feul expédient pour la continuation de la vifitation, & qui avoit été généralement approuvé par la troisieme claffe, les proteftans n'étant pas feuls en droit de décider cette queftion, qui, felon leurs propres principes reftoit indécife jufqu'à un accommodement à l'amiable.

L'autre motif allégué pour rompre le congrès de vifitation, étoit que l'un des fubdélégués, en abandonnant les intérêts des proteftans, & en opinant conformément aux fuffrages des fubdélégués catholiques, s'étoit rendu coupable d'une démarche contraire à la liberté des fuffrages des états de l'empire. Si aujourd'hui les catholiques ufoient d'une pareille contrainte, la conftitution de l'empire en feroit entierement détruite. Auffi étoit-ce pour cette raifon que S. M. Imp. fouhaitoit que les états du corps germanique priffent à cœur cette fácheufe fituation; qu'ils fongeaffent aux moyens de confer ver en leur entier les conftitutions de l'empire, & à prévenir tous les défordres. On eft perfuadé que ce refcrit ne reftera pas fans réponse,

VIENNE (le 1 Août. ) Le 20 & le 31 du mois dernier, l'empereur, affis fur fon trône, & revêtu de toutes les marques de la royauté, donna l'inveftiture de la principauté de Bafle au nouveau prince évêque & celle du territoire, des droits régaliens & de tout le tempo

rel relevant de l'empire, au nouveau prince abbé de Marie-Einficdel au canton de Schwitz. Ces prélats furent repréfentés dans ces cérémo

nies par le baron Jofeph - Antoine de Baroldin gen, chanoine de Spire & de Hildesheim, muni de pleins-pouvoirs à cet effet.

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L'empereur vient de donner deux nouveaux traits de bienfaifance & de popularité. Ce monarque s'eft rendu dans tous les hôpitaux de cette capitale au moment où il y étoit le moins attendu; il en a parcouru toutes les falles interrogé les malades, & a donné les ordres les plus précis pour la fuppreffion de quelques abus dont ils fe plaignoient. S. M. Imp. leur a fair enfuite diftribuer d'abondantes aumônes, dont elle a preferit l'emploi & la diftribution, d'après les informations qu'elle avoit prifes ellenême fur la fituation particuliere & les infirmi-tés des malades.

Quelques jours après, l'empereur, accompa gné du grand-duc de Tofcane & de l'archiduc Maximilien, fe rendit à pied au prater (jardin public) pour y voir tirer un feu d'artifice; il fe mêla dans la foule, ainfi que L. A. R., & paya le prix fixé, comme le moindre de fes fujets. 'empereur, après le camp de Minkendorff, près de Laxembourg, ferendra à Pefth, à Iglau, & en Bohême, où il y aura trois différens camps & dont le dernier fera formé par des détachemens du corps d'artillerie; on croit que S. M. I. fera abfente jufqu'à la fin de Septembre.

L'e

Le feu prit, le 17 du mois dernier, à Eisenstadt, petite ville de Hongrie, peu diftante des frontieres d'Autriche, & fit des progrès fi rapi

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, qu'indépendamment du couvent des récol lets & de celui des religieufes, il y eut, 18 maifons ou récuites en cendres ou confidérable ment endommagées par les flammes. On attribue cet accident à une de ces femmes appellées vulgairement Folémiernes, qui a mis le feu à une étable d'où on l'avoit chaffée, parce qu'on

s'étoit apperçu qu'elle trayoit jufqu'au fang les vaches qu'on avoit déjà traites. Outre les fecours que l'empereur a fait donner à cette ville, S. M. I. y à fait ajouter l'argent provenant de la recette des redoutes de cette capitale pendant 15 jours. Il feroit à defirer que l'on fcût partout ailleurs faire tourner ainfi les divertif femens des riches au profit des malheureux.

Il y a quelque tems que le nommé JofephJoachim Glafs, convaincu d'avoir diffipé les deniers du péage du pont près du Tabor, s'étoit évadé, fans qu'on fcût ce qu'il étoit devenu. Du fond de la retraite qu'il s'étoit choifie, & qui n'étoit pas éloignée d'ici, il fut inftruit qu'il avoit été condamné à être pendu en effigie. Loin de chercher à fe fouftraire à cette fentence, il l'a exécutée lui-même en fe pendant à un arbre près du château de Schonbrunn, où il a été trouvé mort. Cette action d'un genre tout nouveau, & qu'on qualifiera comme on voudra, a inté reffé plufieurs perfonnes de diftinction en faveur de la famille de ce malheureux.

Il eft arrivé ici des chevaux anglois d'une beauté & d'un prix extraordinaires; on les dig deftinés à une perfonne du premier rang dont le nom eft encore un myftere.

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On voit dans la gazette de cette ville, l'avis fuivant.

« Les mathématiciens auront enfin la fatisfac tion de voir un de leurs vœux accompli; & c'eft à la libéralité de Jofeph II qu'ils devront l'édi tion d'un ouvrage d'un genre abfolument nouveau. Il contiendra une table de facteurs depuis un jufqu'à deux millions. L'admirable plan qui lui a fervi de bate, démontre fans, nuage la íupériorité de la nature fur l'art. Une feule main dirigée par ce plan a pu exécuter dans l'efpace de quelques mois, ce qu'en fuivant la méthode

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ordinaire, plufieurs enfemble ne pouvoient effectuer en quelques années fans beaucoup de peine. Outre les réductions les plus aifées qui, jointes à d'autres avantages, confiftent furtout dans le retranchement des nombres divifibles par 2, 3, 5, ce plan préfenté l'ordre naturel des autres nombres dont les différentes qualités se montrent évidemment. On eft redevable de l'exécution fi prompte d'une table de facteurs à une machine fort fimple dont l'ignorance privoit jufqu'ici les mathématiciens d'un moyen auffi facile que néceffaire à plufieurs égards. La certitude de ce nouveau calcul, & la jufteile de la table qui en a réfulté, ont été examinées, à la rigueur par les mathématiciens les plus célebres des états de L.L. MM. Imp., & ont été unanimement approuvées de la maniere la plus flatteufe. L'ouvrage fe ra imprimé fur de beau papier in-fol., & formera environ 336 pages. On espere d'achever ce calcul dans le mois d'Avril prochain. L'impression en est déjà commencée, & ne fera plus difcontinuée.

ITALIE.

ROME (le Août.) La mode eft un tyran qui perce dans tous les pays, & fubjugue tôt ou tard la plus belle portion des peuples policés; elle vient d'étendre fon pouvoir jufques fur la triple couronne du chef de l'églife. Les diamans & autres pierres précieufes dont elle eft ornée, étant montés à l'antique, & ne faifant pas tout l'effet qu'on pourroit en attendre, le majordô me l'a fait tranfporter du château St. Ange, où elle eft gardée, dans le petit appartement du Quirinal au-deffous de l'horloge, pour y être mife en œuvre, & remontée dans un nouveau goût. Quelle que foit l'habileté de l'artiste chargé de ce travail, la tiare ne recevra jamais d'éclat plus

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