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Par arrêté du 2 mai 1913, le Ministre de l'Instruction publique, sur la proposition de la Commission chargée de rechercher et de publier les documents d'archives relatifs à la vie économique de la Révolution, a chargé M. Armand REBILLON, professeur au Lycée de Rennes, de publier l'ouvrage intitulé: La situation économique du clergé à la veille de la Révolution, dans les districts de Rennes, de Fougères et de Vitré.

M. Henri SEE, professeur à l'Université de Rennes, membre de la Commission, a suivi l'impression de cette publication en qualité de commissaire responsable.

SE TROUVE A PARIS

A LA LIBRAIRIE ERNEST LEROUX

RUE BONAPARTF, 28.

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543130 INTRODUCTION

On pourra s'étonner que nous ayons pris, pour cadre de celte publication, une circonscription administrative révolutionnaire, le district, alors qu'il s'agit de décrire un état de choses antérieur à la Révolution. N'eût-il pas été plus naturel de choisir une circonscription ancienne, de caractère proprement ecclésiastique, et d'étendre notre étude à tout l'ancien diocèse de Rennes ?

Mais nous avions à nous préoccuper, avant tout, de l'état de la documentation conservée pour les différentes régions qui s'offraient à notre choix. Cette documentation devait être suffisamment abondante et sûre pour nous fournir les éléments de tableaux détaillés et complets et d'évaluations générales qui fussent acceptables.

Or cette documentation n'existait, aussi satisfaisante, que pour certains districts. Nos sources principales, nous les devons, on le verra, aux enquêtes faites, de 1790 à 1793, par les administrations locales, sur l'état de la fortune ecclésiastique, et ce sont les administrations de district qui ont principalement dirigé le travail et rassemblé ses résultats. C'est par district que sont réunis nos meilleurs ensembles de documents; suivant les districts, ils different de valeur et même de nature.

Vous avons donc choisi trois circonscriptions dotées de bonnes sources. Elles forment un territoire compact, couvrant, d'un seul tenant, 232.417 hectares, soit plus du tiers du département (superficie totale de l'I.-et-V., 611.439 hectares), et comprenant trois villes, dont Rennes, chef-lieu de l'Ille-etVilaine, ancienne capitale politique et administrative de la Bretagne, et siège de son plus important évêché.

Pour atteindre, au delà des trois districts de Rennes, de Fougères et de Vitré, les limites de l'ancien diocèse de Rennes, il nous eût fallu comprendre dans notre étude les districts de La Guerche et de Bain et une notable partie de ceux de Redon, de Montfort et de Dol. Or, pour aucun d'eux, les résultats des enquêtes de l'époque révolutionnaire n'ont été complètement conservés; il n'en reste, le plus souvent; que des fragments insignifiants, et les fonds de l'ancien régime ne permettaient pas d'en combler les lacunes.

D'ailleurs, les anciennes circonscriptions ecclésiastiques ne présentaient, en ce qui concerne la situation économique du clergé, aucun intérêt particulier. Souvent, un même établissement percevait des revenus et acquittait des charges en différents diocèses. Chaque établissement, chaque bénéficiaire, administrait séparément son temporel, et il n'y avait pas de budget diocésain.

Nos trois districts possédaient un évêché, le chapitre et les dignitaires d'une église cathédrale, ceux de 2 collégiales, 2 séminaires, 2 abbayes d'hommes avec un prieuré conventuel, 2 abbayes de femmes, 12 communautés d'hommes et 20 de femmes, sans compter les écoles et les établissements d'assistance occupés par des congréganistes, 20 prieurés indépendants ou rattachés à des établissements étrangers à la région (1), 14 paroisses urbaines (2), 130 paroisses rurales et 5 trèves desservies séparément. Aux établissements proprement ecclésiastiques, il faudrait ajouter 4 collèges ou importantes maisons d'éducation, et 7 grands hôpitaux (3),

Les villes groupaient à peu près tous les établissements importants. Avec son évêché et son chapitre, ses abbayes de Saint-Melaine et de Saint-Georges, 7 communautés d'hommes et 13 de femmes, et 2 séminaires, Rennes apparaissait tout d'abord comme une ville d'Eglise. La ville parlementaire et bourgeoise, réduite à peu près aux quartiers neufs du centre, reconstruits après l'incendie de 1720, était étroitement enserrée

(1) Nous ne comptons ici ni les prieurés-cures, ni les prieurés dépendant des établissements situés dans les trois districts.

(2) Nous comptons Saint-Laurent de Rennes parmi les paroisses rurales.

(3) Nous ne tenons pas compte ici des petits hôpitaux de Chantepie, de Hédé et de Vezin, qui ne dépassaient pas en importance les autres fondations charitables des paroisses rurales.

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