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so le meurtre fe commettoit dans les » champs ou sur un grand chemin ,

il étoit enjoint de courir à la paos roisle la plus voisine, de fonner le » toclin , afin que tout le monde se • mît à la pourluite des criminels.» Toutes les paroilles de proche en proche devoient en faire autant dans teure l'étendue de la province, & former une enceinte qui ne laiflât aucune issue aux coupables.

L'usage de l'arquebuse & f'invention récente du pistolet avoient beaucoup contribué à remplir le royaume de brigands ; on rencontrois fur prefque toutes les grandes routes des hommes, tantôt attroupés & tantôt seuls avecune arquebuse sur l'épaule, « trois ou quatre pistolets attachés à » leur ceinture , qui , paroissant res venir de l'armée ou le rendre dans - une garnison, voloient les passans *& pilloient les campagnes. • L'in

. fanterie n'ayant point encore d'habits uniformes, il n'y avoit aucune marque certaine à laquelle on pôr

distinguer les soldats d'avec ceux qui prétendoient l'être. « D'autres bri» gands d'un ordre plus élevé, sous » prétexte qu'ils avoient à fe précau» tionner contre un ennemi puissant, » obrenoient du Roi des permissions » de se faire accompagner d'un cer»tain nombre d'hommes armés, » qu'ils grofliffoient enfuite à vo» lonté, & dont ils se fervoient beau» coup plus pour attaquer que pour » se défendre. Enfin les laboureurs » les artisans, les mendians mêmes,

que

le défaut de sûreté publi» que les forçât de veiller à leur pro• »pre conservation , soit qu'ils cou. s vrissent d'une crainte apparente, de » pernicieux desseins, ne labouroient

plus leurs champs, ne traversoient plus , même en plein jour, leur » propre village sans une épée ou » quelque autre arme offenfive.. Le Roi, pour arrêter ces pernicieux abus , révoqua toute permission de se faire accompagner

de & défendit de porc d'armes à feu, à

w foit

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gens armés

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tout ce qui n'étoit point officier ou soldat; mais ceux-ci pouvoient abuser de l'avantage de le trouver seuls armés, on pourvut encore à cet inconvénient, en enjoignant à tous ceux qui tenoient des hôtelleries ou auberges, d'inscrire sur un registre le nom de tous les gens

de

guerre qui logeoient chez eux, & de fe faire remettre toutes leurs armes à feu

pour ne les leur rendre qu'au moment de leur départ. D'un autre côté on donna de l'extension à la Juftice Prévôtale. Bornée auparavant aux mendians & aux gens fans aveu, elle fut étendue à tous les malfaiteurs pris en flagrant-délit ; le Prevôt ou fon Lieutenant put les juger à mort, & sans appel, en se faisant afifter de sepe Juges du fiége le plus prochain, ou à leur défaut de parei) nombre d'Avocats. Les Braconniers furent compris dans cette ordonnance. Ce dernier article étoit ris goureux ; le Parlement parut s'en allarmer & prévoir que le préteacę

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des chasses donneroic lieu aux plus horribles vexations ; il paruč voir aussi avec inquiétude que la vie des citoyens alloit être à la discrétion de sept Juges pris au hazard , qui pourroient n'avoir ni les lumières ni les vertus qu’exige une li importance fonction. Ses remontrances ne fuTent point écoutées. Il enregistra l'ordonnance avec cette clause: altendu la malice du tems. En mêmetems il donna encore plus d'étendue à la défense du port d'armes, & il y compris toute espèce d'arme of fen Give.

On voulut aulli, moyennant une taxe modique, imposée sur les bourgeois aisés, en faveur des pauvres, excirper la mendicité; mais on alla fans doure trop loin, lorsqu'on défendic de faire l'aumône aux nien. dians , fous peine d'une aniende de dix livres. C'étoic punir la pitié & l'humanité.

... On renouvella les loix somptuaises, loix impuissantes dans tous les

tous les

tems

tems, parce que

dans elles ont été directement contre leur bur. On réservoit pour les Princes &

pour les Grands, (c'est-à-dire , pour ceux que tant d'avantages ou réels ou d'opinion distinguoient déjà des autres citoyens ) la pecite & frivole distinction de briller aux yeux par la magnificence des babits ; dèslors on donnoit ua grand prix dans l'opinion publique à cette distinction puérile; on bumilioit ceux qui en étoient privés ; il devoit y avoir un effort général pour le souftraire à une loi qui génoit la liberté & blelsoit la vanité : aulli les nouvelles loix resterent elles fans exécution comme les anciennes. Il n'y a qu'un moyen d'attaquer le luxe avec fuccès ; c'est

que

les Rois & les Grands donnent l'exemple de la fimplicité qui convient seule à des hommes, & laissent les pompons aux enfans: qu'ils rendent la magnificence ridicule & la proscrivent, non par des loix, mais par les maurs.

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