Le mérite des femmes

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L. Janet, 1830 - French poetry - 294 pages
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Page 104 - Quelques jours avant le 2 septembre, mademoiselle Cazotte, mise à l'Abbaye avec son père, fut reconnue innocente ; mais elle ne voulut pas l'y laisser seul et sans secours : elle obtint la faveur de rester auprès de lui. Arrivèrent ces journées effroyables qui furent les dernières de tant de Français. La veille, mademoiselle Cazotte, par le charme de sa figure, la pureté de son ame, et la chaleur de ses discours, avait su intéresser des Marseillais qui étaient entrés dans l'intérieur...
Page 31 - O femmes! c'est à tort qu'on vous nomme timides; A la voix de vos cœurs vous êtes intrépides. Pourquoi de vils bourreaux, dans l'empire thébain, Dévouant Antigone aux horreurs de la faim , La plongent-ils vivante en une grotte obscure? C'est qu'à son frère mort donnant la sépulture, Sa main religieuse à la tombe a remis Ces restes, qu'aux vautours la haine avait promis. Elle...
Page 32 - Eponinc à l'échafaud conduite? Dans un obscur réduit, où, dérobant sa fuite, Sabinus d'un vainqueur trompa dix ans les coups . Elle vint partager les périls d'un époux : De l'amour conjugal ô mémorable exemple! Par elle un souterrain du bonheur fut le temple. Aux yeux de Sabinus elle sut chaque jour Embellir par ses soins le plus affreux séjour; Des plus sombres échos lui charma la tristesse, En les adoucissant des sons...
Page 105 - Un cri de grâce se fait entendre ; cent voix le répètent ; les Marseillais ouvrent le passage à mademoiselle Cazotte, qui emmène son père, et vient le déposer dans le sein de sa famille. Cependant sa joie ne fut pas de longue durée.
Page 17 - L'insecte dont le vol ou le bruit le menace : Elle semble défendre au réveil d'approcher. La nuit même d'un fils ne peut la détacher; Son oreille de l'ombre écoute le silence; Ou, si Morphée endort sa tendre vigilance, Au moindre bruit rouvrant ses yeux appesantis, Elle vole, inquiète, au berceau de son fils, Dans le sommeil long-temps le contemple immobile, Et rentre dans sa couche , à peine encor tranquille. S'éveille-t-il; son sein, à l'instant présenté, Dans les flots d'un lait pur...
Page 18 - ... extrême? Elle vit dans son fils, et non plus dans soi-même; Et se montre, aux regards d'un époux éperdu, Belle de son enfant à son sein suspendu. Oui, ce fruit de l'hymen , ce trésor d'une mère, Même à ses propres yeux, est sa beauté première. Voyez la jeune Isaure, éclatante d'attraits: Sur un enfant chéri, l'image de ses traits, Fond soudain ce fléau qui, prolongeant sa rage, Grave au front des humains un éternel outrage.
Page 145 - Pourquoi, me direz-vous, des honneurs funéraires? « Cette loi, que jadis établit chez nos pères « Un culte fanatique, et sans force aujourd'hui, « Sur nos bords éclairés doit tomber avec lui. » Ah ! laissez ce langage au profane athéisme; La sensibilité n'est pas le fanatisme : De la religion gardons l'humanité. Barbares, qui des morts bravez la majesté, Éloignez, s'il le faut, ces...
Page 193 - Il était déja loin : Lucrèce consternée Ouvre enfin sa paupière en craignant de l'ouvrir, Entrevoit en tremblant sa couche profanée, Détourne ses regards, et ne veut que mourir. A son époux , à son vieux père Elle envoie aussitôt sous les murs ennemis Un courrier qui les mande avec tous leurs amis Pour un malheur affreux qu'elle ne peut leur taire. Tous deux accourent étonnés. De mortels généreux ils sont accompagnés, Sur-tout de ce Brutus qui, dès l'adolescence, Cacha sous une fausse...
Page 164 - Gomme un peuple nombreux dans le cirque est pressé? Chacun chérit les traits dont il se sent blessé; Chacun aime à verser sur de feintes alarmes, Sur des désastres faux, de véritables larmes; Et loin du cirque même, en son cœur, en ses yeux, Garde et nourrit long-temps ses pleurs délicieux. » Quel est, en le lisant, l'ouvrage qu'on admire? L'ouvrage où l'écrivain s'attendrit et soupire...
Page 142 - Là se sont retranchés vos débris immortels; Là se sont relevés vos tombeaux, vos autels; Et contre les pervers soulevant tous les âges, Vous immortalisez jusqu'à leurs vils outrages. Mais de quel crime encor mon œil est révolté! Par des bras soudoyés un cadavre porté, Sans cortège, sans deuil, s'avance solitaire; C'est ainsi parmi nous qu'on rend l'homme à la terre ! Autrefois l'amitié, la nature, et l'amour, Accompagnant sa cendre à ce dernier séjour, Lui portaient en tribut leur...

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