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Cet ouvrage se trouve aussi :

A Paris, chez Pelicier, place du Palais-Royal, no 243.

A LONDRES, chez Martin Bossange et Cie.
A AMSTERDAM , chez S. Delachaux.
A BRUXELLES , chez Le-Charlier et chez Demat.
A LEIPSICK, chez Léop. Voss.
A HAMBOURG , chez Perthes et Besser.
A FRANCFORT-SUR-LE-MEIN, chez Brönner.
A GENÈVE, chez Paschoud.

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POUR SERVIR A LA VIE

DU

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GÉNÉRAL LA FAYETTE,

ET A L'HISTOIRE

DE L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE,

.

RÉDIGÉS
e Barbie

de
PAR M. REGNAULT-WARIN.

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CHEZ HESSE ET C'E, LIBRAIRES,

RUE DE BOURBON F.-S.-G., No 43.

1824. w

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SUR

LE GÉNÉRAL LA FAYETTE,

ET SUR

L'ASSEMBLÉE CONSTITUANTE.

BIOGRAPHIE DE LA FAYETTE.

PREMIÈRE ÉPOQUE.

AFFAIRES D'AMÉRIQUE.

MontesQUIEU assigne la vertu pour principe au gouvernement des peuples libres, et il ne dit

pas ce qu'il entend par vertu. J'entreprends d'écrire la vie d'un homme qui en a trouvé la définition dans son coeur. Mirabeau régna par l'éloquence, Robes-pierre par la peur, Napoléon par le génie : placé par ses principes, autant que par son caractère, comme au centre de la modération politique, La Fayette ne pouvait obtenir leur ascendant, et eût dédaigné leur pouvoir. Il y a tant de grandeur dans

a âme

que la verti" élève, que tout ce qui n'est pas elle lui semble jetit. La Fayette cependant

une

c'est que

aima la gloire, mais il l'aima comme Caton, c'està-dire, lorsqu'elle fut pour lui le prix de la justice. La haine du despotisme, l'amour de la liberté, n'ont été que

les sentimens de sa vie : c'est l'ordre qui en fut la passion ; l'ordre, sans lequel une révolution n'est qu'un grand spectacle, et la fondation d'un gouvernement qu'un grand malheur. Voilà ce qui concilie dans La Fayette cette doctrine de la souveraineté nationale, qu'il professa sur les ruines de la Bastille et dans les cachots d’Olmutz, et cette vénération pour la loi, dont l'Amérique lui avait montré tant d'exemples, et qu'il rapporta parmi nous. Si ce respect, noble esclavage des hommes libres, s'éteint peu à peu dans nos âmes,

celles-ci sont flétries par l'égoïsme des spéculateurs qui, depuis trente ans, se disputent le pouvoir. Tel n'était point le caractère du patriotisme désintéressé qui se déploya aux beaux jours de 1789. En se présentant au milieu de ceux qu’embrasait sa sainte flamme, La Fayette retrouva ses pairs, et ils saluèrent dans lui leur chef naturel. Ce qu'ils firent ensemble, ce qu'il fit par eux et pour eux, intéressera ceux de ses contemporains que les révolutions n'ont pas tués, et instruira la postérité qui commence à vivre. Si les premiers y rencontrent des motifs de regrets, l'autre у

découvrira des sujets d'espérance : elle y trøụvera surtout les sages leçons d'une expérience anticipée. Elle se convaincra que sans modération il n'y a ni force pour renverser les abus, ni prévoyance pour les

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