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Ne touchez point à mes oints, (dit le Seigneur par la bouche de David.) Nolite tangere christos meos. (Psaume. 104.) Hérodes fit couper la tête à S. Jacques, frère de S. Jean. - Il ajouta à son crime de mettre la main même sur S. Pierre, et il mourut rongé par les vers. -Et consumptus vermibus expiravit. (Actes. 12.) Saül qui fit massacrer Abimelech et les autres sacrificateurs pour avoir favorisé David, est en abomination devant Dieu et devant les hommes. (A Gelboë il perdit la bataille, la couronne, et la vie.) Ses officiers auxquels il commanda ce massacre eurent horreur d'étendre leurs mains contre les prêtres du Sei gneur. - Noluerunt servi regis extendere manus suas in sacerdotes Domini. (1 Rois 29.) Il n'y eut que Doëg Iduméen, un étranger, qui osa souiller ses mains de leur sang. (L. 7. art. 4. prop. 9.) David, pour avoir été l'occasion innocente de ce meurtre sacrilege, en frémit : je suis coupable, dit-il, de ce sang injustement répandu. Il prit en sa protection Abiathar, fils (du grand prêtre) Abimelec. Demeurez avec moi, lui dit-il, ne craigniez rien, qui en veut à votre vie attaque la mienne ; et mon salut est inséparable du votre. Ego sum reus omnium animarum patris tui. Mane mecum ne timeas. Si quis quæsierit animam meam, quæret et tuam, mecumque servaberis. » (1.Rois. 22.)

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ART. 21.

Indépendance et union de la puissance spirituelle et temporelle.

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«Les rois ne doivent point entreprendre sur les droits et l'autorité du sacerdoce, le sacerdoce et l'empire sont deux puissances indépendantes, mais unies. Le sacerdoce dans le spirituel, et l'empire dans le temporel ne relèvent que de Dieu; mais l'ordre ecclésiastique. reconnait l'empire dans le temporel, comme les rois dans le spirituel se reconnaissent humbles enfans de l'église. Tout l'état du monde roule sur ces deux puissances; c'est pourquoi elles se doivent l'une à l'autre un secours mutuel. (L'Esprit saint nous dit :) Zorobabel ( qui représentait la puissance temporelle), sera revêtu de gloire, et il sera assis et dominera sur son trône et le pontife ou le sacrificateur sera sur le sien, et il y aura un conseil de paix (c'està-dire un parfait concours) entre ces deux.Zorobabel- portabit gloriam, et sedebit et dominabitur super solio suo et erit sacerdos super solio suo, et consilium pacis erit inter illos duos.» (Zacharie. 6.)

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Lorsqu'Ozias voulut entreprendre sur les droits sacrés du sacerdoce, et porter sa main à l'encensoir, les prêtres étaient obligés par la loi de Dieu, à s'y opposer, autant pour le bien de ce prince, que pour la conservation de leur droit qui était celui de Dieu. Ils le firent avec vigueur et se mettant devant le roi avec leur pontife à leur tête, ils lui dirent : ce n'est point

votre office, Ozias, de brûler de l'encens de vant le Seigneur; mais c'est celui des sacrificateurs et des enfants d'Aaron, que Dieu a députés à ce ministère : sortez du sanctuaire, ne' méprisez pas notre parole: car cette entreprise par laquelle vous prétendez vous honorer, ne vous sera pas imputée à gloire par le Seigneur notre Dieu. Cum roboratus esset ( in solio suo rex Ozias,) elevatum est cor ejus in interitum suuт; adolere voluit incensum super altare Thymiamatis. Statimque ingressus post eum Azarias sacerdos (magnus) et cum eo sacerdotes. Domini 80, viri fortissimi, restiterunt regi, atque dixerunt : non est tui officii, Ozia, ut adoleas incensum Domino, sed sacerdotum, hoc est filiorum Aaron, qui consecrati sunt ad hujuscemodi ministerium. Egredere de sanctuario, ne contempseris: quia non reputabitur tibi in gloriam hoc à Domino Deo. (2. Paral. 26.) Au lieu de céder à ce discours et à l'autorité du pontife et de ses prêtres, Ozias se mit en colère, menaçant les prêtres, persistant à tenir en main l'encensoir pour offrir l'encens. La terre trembla, la lèpre parut sur le front de ce prince, en présence des prêtres qui, avertis par ce miracle,) furent contraints de le chasser du sanctuaire. Lui-même, effrayé d'un coup si soudain, sentit qu'il venait de la main de Dieu, et prit la fuite. La lèpre ne le quitta plus il le fallut séparer selon la loi. Son fils Joathan prit l'administration du royaume et le gouverna sous l'autorité du roi minabatur sacerson père. — Iratus Ozias dotibus, statimque orta est lepra in fronte ejus. Cùmque respexisset eum Azarias pontifex,

et omnes reliqui sacerdotes — festinatò expulerunt eum. Sed et ipse perterritus acceleravit egredi, eò quòd sensisset illicò plagam Domini, Fuit igitur Ozias rex leprosus usque ad diem mortis suæ, et habitavit in domo separatâ plenus leprâ. - Porrò Joathan, filius ejus rexit domum regis, et judicabat populum terræ. » (Idem.)

« Au contraire, le pieux roi Josaphat, loin de rien attenter sur les droits sacrés du sacerdoce, distingua exactement les deux fonctions, la sacerdotale et la royale; en donnant cette instruction aux-lévites, aux sacrificateurs et aux chefs des familles d'Israël qu'il envoya dans toutes les villes pour y régler les affaires, (il leur dit): Amarias sacrificateur, votre pontife, conduira ce qui regarde le service de Dieu, et Zabadias, fils d'Ismahël qui est chef de la maison de Juda, conduira celles qui appartiennent à la charge du roi. -Amarias-Sacerdos et Pontifex vester in his quæ ad Deum pertinent præsidebit: porrò Zabadias, filius Ismahel, qui est dux in domo Juda, super ea opera erit quæ ad regis officium pertinent.» (2. Paral. 19.)

« Les choses saintes réservées à l'ordre sacerdotal, sont encore plus clairement distinguées dans le Nouveau Testament d'avec les choses civiles et temporelles réservées aux princes; c'est pourquoi les rois chrétiens, dans les affaires de la religion, se sont soumis les premiers aux décisions ecclésiastiques.--Les sectateurs d'Elipandus, archevêque de Tolède, et de Felix, évêque d'Urgel, qui renouvelaient en Espagne l'hérésie de Nestorius, prièrent Charlemagne de prendre connaissance de ce

différend, avec promesse de s'en rapporter à sa décision. Ce prince accepta l'offre dans le dessein de les ramener à l'unité de la foi par l'engagement où ils étaient entrés. Mais il savait comme un prince peut être arbitre en ces matières : il consulta le saint Siége, et en même temps les autres évêques qu'il trouva conformes à leur chef; et, sans discuter davantage la matière, dans sa lettre qu'il écrit aux nouveaux docteurs, il leur envoie les lettres, les décisions et les décrets formés par l'autorité ecclésiastique, les exhortant à s'y soumettre avec lui, et à ne se croire pas plus savants que l'église universelle; leur déclarant en même temps qu'après le concours de l'autorité du saint Siége apostolique, et l'unanimité synodale; ni les novateurs ne pouvaient plus éviter d'être tenus pour hérétiques, ni lui-même et les autres fidèles n'osaient plus avoir de communion avec eux. Voilà comme ce prince décida, et sa décision ne fut autre chose qu'une soumission absolue aux décisions de l'église.» ( Epit. de Charl, à Elip. t. 2. desc. des Gaules. )

« Voilà pour ce qui regarde la foi; et pour la discipline ecclésiastique, il me suffit de rapporter ici l'ordonnance d'un empereur, roi de France, (il y dit aux évêques :) je veux qu'ap-puyés de notre secours, et secondés de notre puissance, comme le bon ordre le prescrit, vous puissiez exécuter ce que votre autorité demande. Partout ailleurs la puissance royale donne la loi et marche la première en souveraine; dans les affaires ecclésiastiques elle ne fait que seconder et servir: -famulante, ut decet, potestate nostrâ : ce sont les propres termes de ce

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