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qu'il n'y avait de salut pour eux, qu'en revenant à la tige (dont ils s'étaient séparés. )

Ce mal ne se répare point: après cent générations, on trouve encore le commencement, c'est-à-dire, la fausseté de sa Religion. Ce qui rend ce commencement et la date du schisme manifestes dans toutes les sectes séparées, qui sont, ou qui furent jamais, c'est qu'il y a toujours un point où l'on demeure court, sans qu'on puisse remonter plus haut. Tous les schismes ont la même marque.» ( Liv. 7, art. 3, prop. 5, 6, 7 et 8.)

« La France est le seul royaume de la chrétienté qui n'a jamais vu sur le trône que des rois, enfants de l'Eglise. -Les rois de France ont une obligation particulière d'aimer l'Eglise, et de s'attacher au Saint-Siège-» La sainte Eglise romaine, la mère, la nourrice et la maîtresse de toutes les Eglises, doit être consultée dans tous les doutes qui regardent la foi et les mœurs, principalement par ceux qui, comme nous, ont été engendrés en Jésus-Christ par son ministère, et nourris par elle du lait de la doctrine catholique. Ce sont les paroles d'Hincmar, archevêque de Reims, (au neuvième siècle.) Saint Irenée, évêque de Lyon, dès le deuxième siècle, a célébré hautement la nécessité de s'unir à l'Eglise romaine, comme à la principale Eglise de l'univers. » (Id. prop. 14.)

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«Quand le temps fut arrivé, que l'empire romain devait tomber, Dieu qui livra aux Barbares Rome devenue le chef de la Religion,destina à la France des rois qui devaient être les défenseurs de l'Eglise. Saint Remi, homme

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apostolique, (archevêque de Reims 74 ans,) les sacra, en la personne de Clovis, pour être les défenseurs de l'Eglise et des pauvres. Le pape Pelage II se promet des descendants de Clovis la même protection pour le Saint-Siége qu'il avait reçue des empereurs. Jamais l'empire ne fut mieux uni au sacerdoce, ni plus respectueux envers les papes, que lorsqu'il fut entre les mains des rois de France. » (Id.)

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« Quelle erreur, (s'écrie le même Bossuet, vers la fin de son admirable sermon sur l'unité,) quelle erreur quand des rois ont cru se rendre plus indépendants, en se rendant maîtres de la Religion, au lieu que la Religion, dont l'autorité rend leur majesté inviolable, ne peut être, pour leur propre bien, trop indépendante. Sainte Eglise romaine, mère des Eglises et de tous les fidèles, Eglise choisie de Dieu pour unir ses enfants dans la même foi, et dans la même charité, nous tiendrons toujours à ton unité par le fond de nos entrailles. Si je t'oublie, Eglise romaine, puissé-je m'oublier moimême Que ma langue se sèche et demeure immobile dans ma bouche, si tu n'es pas toujours la première dans mon souvenir. Adhareat lingua mea faucibus meis si non meminero tuí, si non proposuero Jerusalem in principio lætitiæ meæ. » (Psal. 56.)

« Tremblez à l'ombre même de la division. Songez au malheur des peuples qui ayant rompu l'unité, se rompent en tant de morceaux, et ne voyent plus, dans leur Religion, que la confusion de l'enfer et l'horreur de la mort. Ah! prenons garde que ce mal ne gagne à ces esprits libertins qui, sans savoir ni la Religion,

ni ses fondements, ni ses origines, ni sa suite, blasphement ce qu'ils ignorent, et se corrompent dans ce qu'ils savent. Nuées sans eau, astres errants qui se glorifient dans leurs routes nouvelles, sans songer qu'il leur faudra bientôt disparaître. A ces esprits légers, et à ce charme trompeur de la nouveauté, opposons la pierre sur laquelle nous sommes fondés, et l'autorité de nos traditions où tous les siècles passés sont renfermés, et l'antiquité qui nous réunit à l'origine des choses. Marchons dans les sentiers de nos Pères, mais marchons dans les anciennes mœurs, comme nous voulons marcher dans l'ancienne foi. »

« Le Pape, saint Anastase II, crut voir dans le royaume de France nouvellement converti — une colonne de fer que Dieu élevait pour le soutien de la Sainte Eglise. (Anast. 11, épit. 2, à Clovis, tom. 4, des c. gen.) Sous la troisième race des rois de France, race, s'il se peut, plus pieuse que les deux autres, race aussi qui se voit (en 1680,) seule dans tout l'univers, toujours couronnée, et toujours régnante depuis 700 ans entiers sans interruption, et ce qui lui est encore plus glorieux, toujours catholique; sous cette troisième race, la France est déclarée par les papes <«< un royaume chéri et béni de Dieu. » — La plus grande gloire des rois de France leur vient de leur foi, et de la protection constante qu'ils ont donnée à l'Eglise : ils ne laisseront pas affaiblir cette gloire, et la race régnante la fera passer à la postérité jusqu'à la fin des siècles. » (Plus de 120 ans après les paroles de Bossuet, Dieu a fait voir la même conjuration de l'impiété,

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traînant Louis XVI à l'échafaud et Pie VII, à un martyre plus déguisé, proscrivant le successeur de Louis XVI, et persécutant à outrance celui de Pie VI; il a montré ensuite l'un et l'autre triomphant en même temps sur leurs trônes des fureurs de l'impiété, travaillant ensemble au rétablissement de l'Eglise, et à la paix publique, à la gloire de leurs règnes, et au bonheur des peuples.) (O altitudo!)

ART. 17.

Devoirs des Princes sur les fausses Religions.

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Le prince doit employer son autorité pour détruire, dans son État, les fausses religions. Dieu lui-même loue les rois de Juda Asa, Ezéchias et Josias, en disant de chacun d'eux dans ses divines Écritures: Il a fait le bien en présence du Seigneur: - Fecit rectum ante conspectum Domini. (3. Rois 15.) Or, — Asa, Ezéchias, Josias, mirent en poudre les idoles que leurs peuples adoraient. Il ne servit de rien à ces idoles, d'avoir été érigées par les rois ils en abattirent les temples et les autels; ils en brisèrent les vaisseaux qui servaient à l'idolatrie; ils en brûlèrent les bois sacrés ; ils en exterminèrent les sacrificateurs et les devins, et ils purgèrent la terre de toutes ces impuretés. Leur zèle n'épargna pas les personnes les plus augustes, ou qui leur étaient les plus proches, ni les choses les plus vénérables, dont le peuple abusait par un faux culte. Asa ôta à sa mère Maacha, fille d'Absalom,

la dignité qu'elle prétendait se donner en présidant au culte d'un Dieu infâme, et pour la punir de son impiété, il fut contraint de la dépouiller de la marque de la royauté. »

« On gardait religieusement le serpent d'airain, que Moïse avait érigé dans le désert par ordre de Dieu. Ce serpent qui était (par son élévation pour la guérison miraculeuse des Israëlites,) la figure de Jésus-Christ, et un monument des miracles que Dieu avait opérés par cette statue, était précieux à tout le peuple; mais Ezéchias ne laissa pas de le mettre en pièces, et lui donna un nom de mépris, parce que le peuple en fit une idôle, et lui brûla de l'encens.»

« Jehu est loué de Dieu, (au 4. 1. des rois ch. 10) pour avoir fait mourir les faux prophètes de Baal, qui séduisaient le peuple, — et en cela il ne faisait qu'imiter le zèle d'Elie. »

« Le prince (dit l'Esprit Saint dans S. Paul) est le ministre de Dieu. Ce n'est pas en vain qu'il porte l'épée : quiconque fait mal, le doit craindre comme le vengeur de son crime. (Rom. 13.) Il est le protecteur du repos public, qui est appuyé sur la religion; et il doit soutenir son trône, dont elle est le fondement.

Ceux qui ne veulent pas souffrir que le prince use de rigueur en matière de religion, sont dans une erreur impie. Autrement il faudrait souffrir dans tous les sujets et dans tout l'État, l'idolâtrie, le mahométisme, le judaïsme, toute fausse religion: Le blasphème, l'athéisme même, et les plus grands crimes seraient les plus impunis. Ce n'est pourtant qu'à l'extrémité qu'il en faut venir aux rigueurs; surtout

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