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gloire? Une voix partit du Ciel et lui dit :Ton royaume te sera ôlé à cet instant; on te chassera du milieu des hommes; tu vivras parmi les bêtes, jusqu'à ce que tu apprennes que le Très-Haut tient en sa main les empires, et les donne à qui il lui plaît. — Nonne hæc est Babylon magna quam ego ædificavi— in robore fortitudinis mea? Vox de Colo ruit:regnum tuum transibit à te, et ab hominibus ejicient te, donec scias quod dominetur excelsus in regno hominum, et cuicumque voluerit det illud.» (Dan. 4.) (Liv. 7, art. 6, prop. 4.)

tout

Dieu a tout fait avec mesure, avec nombre et avec poids. Omnia in mensurâ, et numero et pondere disposuisti. (Sag. 10.) Rien n'excède, rien ne manque à regarder le total, rien n'est plus grand ni plus petit qu'il ne faut : ce qui semble défectueux d'un côté, sert à un autre ordre supérieur, et plus caché que Dieu sait: - jusqu'aux cheveux de notre tête, est compté. - Vestri- capilli capitis omnes numerati sunt, (nous dit Jésus lui-même.) (Matt. 10.) — Où la sagesse est infinie, il ne reste plus de place pour le hasard. — L'homme dispose ses voies, mais Dieu conduit ses pas. -Cor hominis disponit viam suam: sed Domini est dirigere gressus ejus. (Prov. 16.) II n'y a point de sagesse, il n'y a point de prudence, il n'y a point de conseil contre le Seigneur. (Prov. 21.)- Les finesses sont inutiles: le filet qu'on a tendu, nous prend nousCaptio quam abscondit apprehendat eum. (Psaume 34.) Il n'y a donc recours que de s'abandonner à Dieu avec une pleine

mêmes.

confiance. » ( Liv. 7, art. 6, prop. 6, 7, 8 et 9.) « C'est Dieu qui tient du plus haut des Cieux les rênes de tous les royaumes. Il a tous les cœurs en sa main : tantôt il retient les passions, tantôt il leur lâche la bride, et par-là il remue tout le genre humain. - C'est lui qui prépare les effets dans les causes les plus éloignées, et qui frappe ces grands coups, dont le contrecoup porte si loin; quand il veut lâcher le dernier, et renverser les empires, tout est faible et irrégulier dans les conseils. L'Egypte, autrefois si sage, marche enivrée, étourdie et chancelante, parce que le Seigneur a répandu l'esprit de vertige dans ses conseils : elle ne sait plus ce qu'elle fait, elle est perdue. Mais que les hommes ne s'y trompent pas : Dieu redresse, quand il lui plaît, le sens égaré, et celui qui insultait à l'aveuglement des autres tombe lui-même dans des ténèbres plus épaisses, sans qu'il faille souvent autre chose pour lui renverser le sens que ses longues prospérités. C'est ainsi que Dieu règne sur tous les peuples. Ne parlons plus de hasard ni de fortune, ou parlons-en comme d'un nom dont nous couvrons notre ignorance; ce qui est hasard, à l'égard de nos conseils incertains, est un dessein concerté dans un conseil plus haut, c'est-à-dire dans ce conseil éternel qui renferme toutes les causes, et tous les effets dans un même ordre. De cette sorte, tout concourt à la même fin, et c'est faute d'entendre le tout, que nous trouvons du hasard ou de l'irrégularité dans les rencontres particulières. (Hist. univ. de Bos., trois. part.)

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ART. 26.

Devoirs et règles de la justice.

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en est le fondement.

La Religion

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« La justice est établie sur la Religion; (car elle vient de Dieu) qui est le juge des juges. Il les appelle des Dieux, (dans ses divines Ecritures:)-Ego dixi Dii estis;-(Psau. 81.) à cause que le nom de Dieu, dans la langue sainte, est un nom de juge, et qu'aussi l'autorité de juger est une participation de la justice souveraine de Dieu, dont il a revêtu les rois de la terre. Ce qui leur mérite principalement le nom de Dieux, c'est l'indépendance avec laquelle ils doivent juger, sans distinction de personnes, et sans craindre le grand, non plus que le petit Nulla erit distantia personarum, ità parvum audietis ut maguum; — parce que c'est le jugement du Seigneur. Quia Dei judicium est. (Deuter. 1.) Jugement où l'on doit prononcer avec une indépendance semblable à celle de Dieu, sans craindre ni ménager personne. Ce que la justice demande, c'est l'égalité entre les citoyens, et que celui qui opprime demeure toujours le plus faible devant la justice. Il n'y a rien d'assuré parmi les hommes, si la justice ne se fait pas. C'est pourquoi Dieu regarde en colère les juges injustes, et les fait souvenir qu'ils sont mortels. Je l'ai dit, vous êtes des Dieux; vous êtes tous les enfants du Très-Haut (par ce divin écoulement de la justice de Dieu sur vos personnes;) mais vous mourrez comme des hommes. - Ego

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dixi: Dii estis, et filii excelsi omnes; vos autem sicut homines moriemini. (Psau. 81.) Il est dit que Dieu juge ces dieux de la terre, parce qu'il se fait devant lui une perpétuelle revision de leurs jugements. Dieu dit des juges qui n'écoutent point sa voix : ils n'ont pas su (ce qui leur est réservé,) ils n'ont pas compris, ils marchent dans les ténèbres tous les fondemens de la terre seront ébranlés. Nescierunt neque intellexerunt, in tenebris ambulant: movebuntur omnia fundamenta terræ (Id.) C'est ainsi que le Saint-Esprit nous montre la justice établie sur la Religion, (puisqu'elle vient de Dieu, et est jugée par Dieu.) Dieu dit quand le temps en sera venu, je jugerai les justices. Cùm accepero tempus, ego justitias judicabo. (Psau. 64.) Les juges de la terre sont peu attentifs à cette révision de leurs jugements, parce qu'elle ne produit point d'effets sensibles, et qu'elle est réservée à une autre vie; mais elle n'en est que plus terrible, puisqu'elle est inévitable. Quand le temps de ces jugements divins sera venu, dit le Seigneur, vous n'aurez de secours ni de l'orient ni de l'occident, - parce qu'alors c'est Dieu qui juge. Neque ab oriente neque ab occidente, quoniam Deus judex est. (Id.) Il n'y aura plus pour les juges injustes de miséricorde, en sorte que cette vengeance sera éternelle. (Liv. 8, art. 1. prop. 1, 2, 3, 4.) (Cherchez Dieu dans la simplicité de votre cœur,et aimez la justice, vous qui jugez la terre:) la justice est perpétuelle et immortelle.

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In simplicitate cordis quærite Dominum, diligite justitiam quijudicatis terram : — jus

titia

perpetua est et immortalis. (Sag. 1.) Si vous ne vous sentez point la force d'enfoncer les cabales de l'iniquité (comme un bataillon réuni.) Gardez-vous bien de chercher à devenir juge. Noli quærere fieri judex, nisi valeas virtute irrumpere iniquitates. (Eccl. 7.) ( Liv. 8, art. 4, prop. 3.) Celui qui absout l'impie et celui qui condamne le juste, l'un et l'autre est abominable devant Dieu. - Abominabilis est uterque apud Deum. (Eccl. 17.) (Id. 5, 4.) Trois principales vertus doivent accompagner la justice, dit le docte et pieux Gerson: la constance, la prudence et la clémence. La constance la soutient; la prudence l'applique, et la clémence la tempère. » (Id. art. 4, prop. 1.) (La justice, nous dit l'Esprit Saint, élève les nations, soutient les trônes, et est plus agréa ble à Dieu que les sacrifices. Justitia elevat gentem;-justitiâ firmatur solium; — aecepta est autem apud Deum, magis quàm immolare hostias. (Prov. 14 et 16.) C'est moi qui l'annonce aux hommes, et qui leur fais connaître ce qui est équitable. Ego Dominus loquens justitiam, annuntians recta.. (Isa. 45.) Par conséquent, point de véritable justice sans Religion. )

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