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charge par elle de se défaire dans l'an du Bénéfice incompatible; condamne la partie de Duperray aux dépens. FAIT en Parlement le premier Septembre mil fix cens quatre-vingt-dix-neuf. Collationné. Signé DutILLET,

CHAPITRE XVI.

De l'origine de l'union de fait des Bene

fices aux Communautés. N.I. E Sacerdoce le donnant avec :L

le Benefice, & les Particuliers ne pouvant avoir qu'une place, & par conféquént qu'un seul Benefice ; la multiplicité leur en'a été interdite ; & tant que le Benefice a été conferé avec l'Ordre, les Particuliers n'ont poffedé qu'un seul Benefice, les operations d'un homme ne peuvent s'étendre qu'au lieu de la résidence personnelle ; ce n'est que dans le douziéme fiécle que l'Ordre étant separé du Benefice, plusieurs abus se font glissés dans l'Eglise depuis ce tems-là ; c'est à Alexandre Ill. ou à Adrien IV. son prédecesseur ausquels on doit ces change mens, ce qui a formé differens titres de Benefices ; ce n'étoient que des places qui de pouvoient être remplies que par le choix

des Evêques qui les conferoient avec l'Ordre, ils élevoient dans cette sainte milice ceux dontils avoient confié le foin à des Ecclefiaftiques qui rendoient de bons témoignages de leur capacité & de leurs moeurs; c'est ce qui a produit la difference des titres sous lesquels l'Ordre a été conferé., ou bien c'est à cicre de Bénéfice ou à titre de patrimoine ; & à l'égard des Religieux qui ont fait profession, c'est à titre de pauvrecé qu'ils font promus aux Ordres.

2. Les Communautés plus habiles que les Parciculiers , ont trouvé des facilités 2 pour s'enrichir aux dépens des Benefices

par des upions qu'ils ont faites sans aucune formalité de Justice. Je ne prétens pas les taxer par les suppressions des titres des Bepehces, nį par l'incorporacion des fruits à leurs manses ; elles ne pouvoient pas ac querir ces revenus & garder les titres, ils font personnels & de droit positif, des Communautés en font incapables ; il a donc été nécessaire d'en supprimer les titres; & à l'égard des Cures qui étoient nées avec liberté, elles ont été réduites en Vicariats perpecuels par la suppression du titre de la Cure & érection en Vicairerie perpetuelle , dont le Titulaire représente le Curé; elles ont souvent multiplié les titres , ayant fait des Prieurés en quelques-unes , qui étoient assez considerables pour y faire un Vicaire perpetuel & un Prieur.

A l'égard des moindres Cures qui rie pouvoient pas produire deux titres, ils se sont contentés de prendre partie des offrandes & des dixmes , & laifler le reste des revenus aux Curés.

3. Comme c'est notre coutume d'aller à la source & de montrer les choses par principes, pour marcher sûrement ; les Princes dela seconde race, comme Charles Martel, Pepin, Charlemagne & leurs successeurs , ayant soutenu des guerres contre les Infideles, donnerent en fief les offrandes, les Benefices & les dixmes à leurs Cavaliers' par la connivence & la tolerance des Prélats de ce tems-là, comme des Conciles l'ont remarqué, aussi-bien que des Papes & des Docteurs. M. de Marca en a fait des Notes sur le Canon 7. du Concile de Clermonë tenu en 1095. du tems d'Urbain II. Cecce calamité produifit l'ignorance, encore que Charlemagne eût établi des Ecoles dans les Eglises Cathedrales & Monafteres. L'ignorance des Curés à qui l'on avoit ôté les moyens de vivre, par les donations de ces biens sacrés à la Noblesse , engendra la cupidité des Communautés Seculieres & Regulieres, & l'on tomba dans ces déreglemens affreux, disent quelqués Evêques, qui suivirear ce

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Conciles col. 78 Clermont, tom. to des

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ters-là , qu'on sépara lame du corps,

qulon laiffa ià de pauvres Ecclefiastiques te foin des ames, & que les Communautés prirent le patrimoine des Cures ; quelquesunes, comme Saint Victor, en ont été dorées ; mais ils oncconcinué de les servir. -1.4. M. de Marca explique sur le Canon - 7 Concile

, & il rapporte l'autorité d'Aimonius, Moi- . ne de Fleuri; ch, 8. dela Vie de S. Abbon Abbé da même monastere , que j'ai verifiée. Cet Auteur vivoit du tems de Hugues & de Robert, Rois de France; comme ce font des monumens de ce temslà , nous les placerons ici à la tête de cere te Differtation ; c'eft fur la fin du chap. 8. de la Vie de cet Abbé: Cerde charissimi Prin. cipes , mec catholicè vivimus , nec catholicè toqaimur , quando illam Ecclefiam dico effe prtam ; ille alteram dicit effe fuam , ac velu ti quædam jumenta comparati jumentis in fipientibus ; utrafque aliquando venales proponimus , propofitafque ab aliis emere non formidamus. Ej ctiam alius error graviffimus , quo fertur Altare effe Epifcopi , & Ecclefiam alterius cujuslibet Domini , cum ex domo consecrata & Altari unum quoddam fiat quod dicitur Ecclefia , ficut unus homo conftat ex corpore & anima : videte , æquiffimi Principes , que nos ducit cupiditas , dum

refrigefcit charitas. pag. 320. Bibliothecæ Floriacenfis. Il me semble qu'il devroit y avoir comparata à cause de jumenta ; mais .-nous l'avons mis comme il est dans l'original & dans M. de Marca.

s. Nous avons fait voir dans nos Traités de portions congrues & droits honorifiques, que non-seulement les Papes & plusieurs Conciles particuliers & un general, avoient entrepris les usurpateurs des offrandes & des Benefices : cela étoit hofrible à voir , qu'il y eût un parcage d'un Benefice dont le titre doit être indivifible, & dont on ne doit point faire de section, que l'un appartenoit aux Ecclesiastiques & l'autre aux Laïques.

Mais à l'égard des dixmes inféodées, il en est resté une bonne partie aux Laiques. La restitution de ces Benefices & de ces biens ne s'en est pas, faite aux vrais proprietaires ou usufruitiers: ces injures d'avoir fpolié les Eglises de voient être regardées avec cet oil de ju. stice & de desinteressement, qu'ayant souffert le mal & écé fcandalisés par la féparation des Eglises, c'étoit à ces Eglises que la reparacion de l'injure devoit être faite.

Cependant comme l'on regardoit cette reftitution faite à l'Eglise en general comme un bien, on en laida la disposition à ceux

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