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EMPLOYÉ SECONDAIRE DE PREMIÈRE CLASSE AU SERVICE ORDINAIRE DES

PONTS ET CHAUSSÉES DANS LE DÉPARTEMENT DU DOUBS.

Præfectis per omnes provincias imperavit, ne
agriculturam impedirent unquam alio laborum
genere, vexando agricolas, ut largam ubique
annonam procurarent.

(Loi de XuN, 8° empereur de la Chine, qui
vivait 240 ans avant Moïse.)

BESANÇON,

J. JACQUIN, IMPRIMEUR-LIBRAIRE,

Grande-Rue, 14, à la Vieille-Intendance.

1862.

Fre 4036.1

Harvard College Library

FE 15 1913
Gift of
Prof. A. C. Coolidge

Un employé des ponts et chaussées, connu par son esprit judicieux et par son goût pour les recherches historiques, M. E. Hyenne, nous a communiqué une étude qu'il se propose de publier, sur l'établissement des voies de communication au moyen de la corvée.

Voici, sous le titre d'introduction, le premier fragment de ce travail, qui est loin d'être sans intérêt pour la province, et qui par cette raison trouve naturellement sa place dans l'Annuaire.

(Extrait de l'Annuaire départemental du Doubs, publié par

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DE LA CORVÉE EN FRANCE

ET EN PARTICULIER

DANS L'ANCIENNE PROVINCE DE FRANCHE-COMTÉ.

INTRODUCTION.

Dans le mouvement rapide qui entraîne le siècle vers les idées nouvelles, et qui répudie si hautement les institutions existant avant 1789, il nous a paru utile d'esquisser l'histoire de l'établissement de nos voies de communications modernes, particulièrement de celles de notre ancienne province de Franche-Comté.

Le système des routes de France a été longtemps célèbre à l'étranger; il a même été une de nos gloires. Les ressources immenses que la corvée mettait à la disposition du gouvernement, les sacrifices que s'imposaient les pays d'état, les subventions qu'accordait le trésor public pour les ouvrages d'art, et les encouragements de nos anciens rois, tels étaient les moyens que l'Etat avait à sa disposition pour entreprendre et multiplier les routes sur le territoire.

C'est d'ailleurs une lacune à combler dans l'histoire de la Franche-Comté; car si on a vanté mille fois les avantages que cette ancienne province tient de la nature; si le géologue en a

sondé avec succès les entrailles; si le botaniste s'est senti attiré par ses plantes et par ses fleurs; si l'artiste a emprunté à ses sites les tableaux les plus pittoresques; si son antique église a glorifié ses saints, et le biographe vanté les exploits de ses héros et de ses grands hommes, l'historien ne nous a encore rien dit de ses communications modernes, ni des moyens qu'employaient ses habitants pour entretenir entre eux les nombreuses relations si nécessaires à l'existence et à la vitalité d'un peuple qui marchait avec ardeur vers tout ce qui pouvait contribuer à son bonheur, à sa prospérité et à sa civilisation.

Sans parler du savant archéologue M. Ed. Clerc, qui a décrit les voies romaines de la Franche-Comté (1), M. Rougebief est le seul des historiens de la province qui ait dit quelque chose de ses communications modernes (2), trop peu cependant pour nous mettre à même de juger ce qui existait avant la révolution, et des moyens dont on pouvait disposer, tant pour les créations nouvelles que pour le perfectionnement et l'entretien de celles qui subsistaient; beaucoup trop pour nous tromper et nous abuser sur la somme de labeurs et de sacrifices que l'Etat réclamait pour cet objet de nos aïeux, sous forme de contribution.

C'est donc à ce triple point de vue que nous publions aujourd'hui le résultat des nombreuses recherches que nous avons faites sur les corvées de la province de Franche-Comté.

Les documents et renseignements que nous livrons aujourd'hui au public sont de la plus rigoureuse exactitude; ils émanent tant des archives de l'ancienne intendance, de celles du service des ponts et chaussées de la province, que de celles du parlement; dès lors ils doivent être considérés comme officiels.

Mais, bien que nous ayons intitulé notre travail: De la corvée en France et en particulier dans l'ancienne province de FrancheComté, il n'est jamais venu à notre pensée de discuter à nouveau les avantages et les inconvénients de la méthode qui fut suivie en France, principalement pendant le xvIIIe siècle, pour la construction, l'amélioration et l'entretien des routes, et conséquemment de répéter ce qui en a été dit dans les innombrables bro

(1) La Franche-Comté à l'époque romaine, représentée par ses ruines, livre 11. (2) Histoire de la Franche-Comté ancienne et moderne, par Eug. Rougebief, liv. IV, chap. 2, pages 589 et 590.

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