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flement, qui va quelquefois jusqu'à 4 et 5 mètres, et même au delà. Ces renflements donnent constamment des minerais riches et de très-bonne qualité.

S III.

MODE D'EXPLOITATION

DES MINERAIS ASPHALTIQUES, BITUME ET LIGNITES DE LOBSANN.

57. L'exploitation des roches asphaltiques, lignites et bitume, se fait au moyen de puits, galeries et tailles ou chambres, en avançant ou en revenant et battant en retraite, suivant la disposition des lieux; cependant la pente ou la déclivité générale du sol permettra de faire des travaux à ciel ouvert dans beaucoup d'endroits, où de nombreux affleurements se rencontrent à la surface de la terre.

58. Les galeries d'aérage et de pendage ne sont pas boisées. Le roc est assez dur pour résister à la pression des terres. Dans les tailles ou chambres d'extraction, on fait des piliers avec le roc asphaltique le moins riche, et l'on place, en

outre, de temps à autre, quelques étançons de chêne.

par

59. L'exploitation du sable bitumineux se fait

la méthode des tailles en échelbans, par remblai, l'extraction par galeries boisées, au moyen de cadres de mines en chêne, séparés entre eux à une distance d'un mètre environ, pour le soutenement des palplanches de boisage qui forment le revêtement sur les parois et le toit des galeries.

60. Une grande galerie d'écoulement soutire toutes les eaux de la mine, et, suivant l'extension des travaux, il en sera percé successivement d'autres sur les différents points où sera portée l'extraction.

SIV.

ÉTABLISSEMENT ET FABRIQUE DE LOBSANN.

61. L'établissement ou la fabrique de Lobsann se compose de plusieurs grands corps de bâtiments, contenant 1° les logements; 2° les ateliers de la fabrication des produits asphaltiques et bitumineux; 3° un moulin dont la roue met en mou

vement les meules qui broient et pulvérisent le calcaire bitumineux. D'après la chute et le volume d'eau du ruisseau de Lobsann, il sera facile d'établir à peu de frais, les uns au-dessous des autres, plusieurs moulins broyeurs ou bocards pulvérisateurs, et même d'en placer au-dessous des galeries d'écoulement, ces galeries ayant la hauteur convenable et pouvant servir à la fois à l'extraction des minerais asphaltiques ou des lignites, et à l'écoulement des eaux.

S V.

DE LA FABRICATION DES PRODUITS ASPHALTIQUES ET BITUMINEUX.

BITUME MALTHE.

(Pétrole.)

62. Le sable bitumineux extrait est conduit

aux ateliers de fabrication; on en jette 75 à 80 kilogrammes dans des chaudières de fonte de la contenance de cent soixante litres environ, à moitié remplies d'eau portée à l'ébullition, que l'on soutient assez longtemps pour dégager entière

ment et par une seule opération, le sable de tout le bitume qu'il contenait. Plus léger naturellement que l'eau (son poids spécifique est de o, 854), et devenu liquide par la chaleur, le bitume s'en sépare. Il vient nager à la surface de l'eau, en entraînant le malthe avec lui. On le brasse, on l'agite presque continuellement, afin de faciliter la séparation et l'entier dégagement du bitume qui passe à l'état de malthe, et s'épaissit assez pour qu'on puisse facilement l'enlever en écume à l'aide d'écumoires en fer. Après trois heures d'ébullition, le sable ne dégageant plus sensiblement de matières bitumineuses, on le retire de la chaudière pour le remplacer par une égale quantité de nouveau sable que l'on traite de la même manière.

63. Chaque fourneau occupe deux ouvriers qui peuvent conduire à la fois les opérations de six chaudières. Ils emploient trois mille six cents à quatre mille kilogrammes de minerai bitumineux par vingt-quatre heures, et ils extraient, suivant la richesse du minerai, de 200 à 220 kilogrammes de malthe bitumineux, et quelquefois davantage.

64. Le bitume obtenu retient encore une assez grande quantité d'eau, de sable et de matières terreuses. Pour le purifier, on le porte dans une

grande chaudière de fonte d'une capacité de quatre mille litres, qu'on chauffe assez fortement pour vaporiser l'eau que contient encore le bitume. Les matières terreuses se déposent au fond, et l'on décante le bitume malthe épuré. Six cents kilogrammes de bitume brut, chargés à la fois et traités de cette manière, produisent trois cent cinquante à quatre cents kilogrammes de malthe raffiné, en général plus de la moitié, et souvent les deux tiers de la quantité mise dans la chaudière. L'opération du raffinage occupe un ouvrier pendant trente-six heures.

État et caractères du malthe, goudron minéral.

65. Le malthe est opaque, de couleur noire ou brune très-foncée; à la température ordinaire il est très-consistant; au-dessous, il est dur : il est susceptible de s'amollir aux rayons du soleil; en le chauffant, il devient mou, flexible, et assez fluide pour pouvoir s'étendre à volonté.

Fabrication du mastic ou bitume commun
asphaltique.

66. Le mastic ou bitume asphaltique est composé de bitume malthe épuré dans la proportion

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