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le coup qu'il a donné, assez fort pour lui faire sentir que quand on fait du mal aux autres, on court risque 'en éprouver soi-même.

I I I.

Quand il crie ou injurie pour avoir une chose qu'on ne peut lui donner, il faut l'éloigner de lui, si cela est possible, sans qu'il s'en aperçoive, sinon la lui refuser une fois. S'il la redemande une seconde, on ne doit pas faire attention à sa demande, et il se soumettra à la nécessité. Mais si, à force de crier, il obtient ce que d'abord on vouloit lui refuser, alors il sentira qu'il n'a qu'à impatienter ceux qui sont autour de lui, pour être leur maître.

I V.

Dès qu'un enfant sait ce que c'est que de demander avec douceur, il ne faut pas que les domestiques l'écoutent quand il parle avec dureté; car autrement il prend l'habitude de croire qu'il est né pour commander, et c'est cette habitude qui fait les aristocrates. V.

On ne doit promettre une chose à un enfant, que quand on veut la lui donner; car lui manquer de parole, c'est lui apprendre à en manquer en manquer lui-même.

V I.

Quand on veut qu'il fasse une chose dont il n'a pas envie, et qu'il ne peut pas comprendre la raison pour laquelle il faut la faire, on ne doit pas, pour le déterminer, flatter sa vanité en lui disant, ce que vous ferez sera beau; il vaut mieux lui parler du plaisir qu'il causera en la faisant aux personnes qu'il aime,

V I I.

On doit éviter de faire des contes à un enfant, comme de lui parler de fées, de diables, etc., ou de lui faire peur des animaux qui ne peuvent lui faire de mal; il faut plutôt lui expliquer tout ce que l'on fait devant lui, parce qu'il vaut mieux lui apprendre ce

qui est vrai, et ce qui peut lui être utile, que ce qu n'est bon qu'à oublier.

VIII.

Toutes les fois qu'un enfant, en s'amusant, ne fait de mal, ni de gêne à personne, laissez-lui faire tout ce qu'il veut.

Il est bon de retirer d'auprès de lui tout ce qu'il peut casser et gâter, parce que c'est autant de refus qu'on a de moins à lui faire.

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I X.

Quand, à cause de la foiblesse d'un enfant, on se gêne pour lui, comme quand on le porte, ou qu'on joue avec lui, il faut quelquefois s'interrompre de jouer, ou de le porter, afin qu'il s'aperçoive qu'on lui rend volontairement un service, et que la personne qui lui rend ce service, n'est pas soumise à ses caprices.

a

a

X.

Il est nécessaire, lorsqu'il prononce mal, de ne pas répéter la mauvaise prononciation qu'il a prise, parce que c'est le moyen de la lui faire garder.

X I.

Quand un enfant tombe, se coupe, se fait un peu de mal, il faut éviter d'avoir l'air alarmé, et de le plaindre, afin qu'il ne devienne pas délicat et pol

tron.

X I I.

Il est très-important de ne point louer continuellement devant un enfant tout ce qu'il dit, et tout ce qu'il fait, parce que rien n'est plus capable de lui faire croire qu'il vaut mieux que tout le monde.

No. 11. Seconde année.

L 3

DU

Qui va être exigé de tous les ecclésiastiques qui n'ont pas preté le serment prescrit par le décret du 27 novembre 1790.

SERMENT

CIVIQUE

Vingt-quatre curés du département de la Somme, qui, sur le refus de prêter le serment ecclésiastique, avoient été déplacés, viennent de prendre unanimement la résolution de prêter le serment civique. Voici la consultation qu'ils ont rédigée sur ce sujet le 20 de ce

mois.

Après avoir mûrement et scrupuleusement examiné et discuté, tout préjugé à part, chacune et toutes les parties de l'acte constitutionnel, nous ne pouvons nous dissimuler qu'il ne renferme rien, absolument rien qui puisse alarmer une conscience droite, fût-elle la plus timorée du monde. En conséquence nous estimons, que tout ecclésiastique pourra et devra préter le serment prescrit par l'article V du titre II de la constitution, et nous sommes déterminément résolus à le préter, aussi-tôt que nous saurons la loi publiée.

Fait et délibéré par vingt-quatre curés remplacés, à Amiens, le 20 novembre 1791.

Cette consultation, dictée par la bonne foi et la probité, et qui ne peut point être suspecte de la part de curés déplacés, a été envoyée aux procureurssyndics des cinq districts du département, en les suppliant de la faire connoître aux municipalités de chaque district respectif, afin, disent ces vingt-quatre curés, que ceux de nos confrères qui ne seroient pas " ou des ignorans ou des malveillans, suivent notre " exemple, et concourent avec nous au rétablissement de l'ordre et de l'harmonie .

Les mots, maintenir la constitution, qui se trouvent dans le serment civique, sont les seuls qui semblent effaroucher les consciences ecclésiastiques. Que veulent dire ces mots ? Qu'on renonce aveuglément à sa raison, à son sentiment? ce seroit le serment d'un esclave ou d'un imbécille. Qu'on s'engage à aimer des lois qui vous contrarient? ce seroit la promesse

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d'un menteur, que des tyrans seuls pourroient exiger, à laquelle nul homme sensé ne pourroit croire. Que veulent donc dire ces mots, maintenir la constitution? Qu'on lui obéira de fait, qu'on défendra les lois contre toute puissance qui ne seroit pas celle de la volonté nationale; qu'on repoussera les transgresseurs ; qu'on aidera la résistance commune des citoyens aux ennemis et aux rebelles qui voudroient renverser la constitution par la violence ou par le désordre. Enfin ces mots et le serment peuvent se traduire littéralement en ceux-ci : La constitution est devenue la "loi fondamentale des Français. Je ne dois pas lui "soumettre ma pensée; mais je déclare que je lui "soumettrai mes actions ".

Peut-on, sans se mettre en état de révolte, refuser une telle soumission ? L'obéissance de fait peut-elle jamais déplaire à Dieu ? La religion ordonne-t-elle la rebellion? La fidélité du citoyen seroit-elle une hé

résie?

Il est parmi les prêtres non conformistes une foule de gens de bien, qui ne sont arrêtés que par une délicatesse sincère amis lecteurs, hâtez-vous de leur communiquer ces réflexions simples; qu'elles dissipent leurs scrupules timorés, et qu'ils imitent l'exemple des vingt-quatre curés picards. Cesse enfin, et s'éteigne à jamais la dissidence des gens de bien ! Quant aux autres, honorons-nous d'être appelés hérétiques par eux; car, qui voudroit être de la religion des hypocrites et des factieux ?

LETTRE DE M. DUPI ÉRIS
Aux Rédacteurs de la Feuille Villageoise.

AGRICULTURE.

Observations sur les différentes recettes pour la destruction des charansons.

Je suis, Messieurs, ce vicux ex-curé, ancien maire de sa commune, dont vous avez inséré une lettre dans

votre dix-huitième Feuille. Je ne suis pas moins aujourd'hui que je n'étois alors votre féal disciple. Si, comme le disoit Bossuet des cinq propositions de Jansenius, on mettoit la constitution française à l'alambic, on n'en pourroit obtenir une quintessence plus parfaite que celle que vous nous en avez donnée.

Mais vos recettes contre les charansons ont moins de vertu que vos spécifiques contre la tyrannie et la superstition. Quoi qu'on vous en dise, l'hyèble, la rhue, l'absynthe, l'hyssope. ni par leur voisinage, ni par leurs émanations, ni par leur mélange avec la chaux, ne procureront jamais un méphitisme assez fort pour tuer tous les insectes dans un vaste grenier. Il y a bien quarante ans que, sur la foi de Pluche, et de je ne sais quel autre fatras, tel que la maison rustique, je fis toutes ces expériences avec le plus grand soin. Je vous jure que MM. les charansons ne s'en portèrent que mieux.

Ces jours-ci, j'ai essayé celle du charbon allumé, rapportée dans votre numéro 1 ; j'ai mis le réchaud et les charansons dans une caisse fermée seulement au point de ne pas laisser éteindre le charbon. Les insectes n'ont paru que plus animés par la chaleur.

J'ai réussi à tuer des charansons avec la vapeur du soufre, mais c'étoit dans une bouteille que j'essayois ce moyen. Mon expérience a manqué quand je l'ai tentée, même dans un très-petit cabinet très-bien clos; pas une puce, pas une punaise n'en fut malade; il restoit une trop grande masse d'air, et il se renouveloit trop; le peu qu'en respiroit chaque animal étoit à peine imprégné de la vapeur meurtrière. Que seroit-ce dans un grenier, sur-tout le tas de blé avec le charanson étant toujours sur le bas du plancher, et la vapeur montant toujours en haut ?

J'ai tué aussi des charansons en les laissant dans un bocal, exposés aux ardeurs du soleil. La chaleur étoit au cinquantième degré du thermomètre de Réaumur. Aucun n'y a résisté plus d'un quart-d'heure. Mais comment communiquer une telle chaleur à tout un tas de blé? M. Duhamel a donné le moyen de le faire en

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