Page images
PDF
EPUB

7

boffas au département des affaires étrangères"; M. Lajarre au département de la guerre , & M. Monteul président du département du Jura, au ministère de l'intérieur. Le ministre de la justice a , par interim , le département des contributions publiques.

M. Rougier la Bergerie a fait rendre le décret suivant :

« L'affemblée nationale, après avoir décrété l'urgence, en interprétant la loi du 29 avril dernier, décrète que les administrations de distriés ou des commissaires nommés par les administrations font autorisés à faire toutes les réquisitions nécessaires pour les transports des vivres & fourrages des armées, dans tous les cas où les commiflaires ordonnateurs des vivres ne pourroient fe tranfporter sur les lieux, pour faire eux-mêmes ces réquifitions »).

Quelques articles additionnels sur la suppression des droits féodaux ont été ensuite adoptés.

M. Mourgues a écrit à l'affemblée, pour annoncer que Sa démission a été acceptée. N'ayant rien figné pendant la courte durée de son administration, il pente qu'il doit bien être dispensé de rendre un compte d'adminiftration. Quant à celui qui résulte de fa responsabilité morale, il eft prêt à le rendre à tout moment,

& il sera toujours aux ordres de l'assemblée.

On a fait ensuite ledure d'une lettre de M. de Lafayette. L'impression en a été décrétée & la lettre a été renvoyée à la nouvelle commission. ( Voyez dans le numéro tous les détails concernant cette lettre.)

Une lettre du nouveau ministre de l'intérieur a .annoncé qu'il y a de nouveaux troubles à Avignon, parce que le fieur Duprat cadet y a été élu maire.

Séance du soir. Plusieurs pétitionnaires ont été entendus ; l'un d'entre eux étoit le fils de l'infortuné Calas, qui est venu implorer la générosité de l'assemblée nationale : d'autres ont demandé, comme mesure urgente, le licenciment de l'état-major de la garde nationale par risienne. L'assemblée a renvoyé toutes ces pétitions aux comités ; elle a entendu ensuite des. premières lectures de divers projets de décrets dont elle a ordonné l'impreslion & l'ajournement.

Le roi a écrit à l'assemblée qu'il a nommé pour ministre des contributions, M. Beaulieu, l'un des commisfaires de la comptabilité.

Séance du mardi ig. La séance s'est ouverte par la lecture de plusieurs adresses patriotiques qui apportoient des dons pour la contribution de la guerre.

MM. les officiers gardes nationaux du bataillon SaintAndré-des-Arcs, de garde aujourd'hui à l'assemblée nationale , ont demandé & obtenu , pour ce bataillon, la permission de défiler dans la salle & de planter à la porte de sa salle un arbre de la liberté. L'assemblée a voulu affifter, par députation , à la plantation de cet arbre & à la fête patriotique à laquelle il devoit donner lieu. Elle a nommé aufli-hôt quatre commissaires à cet effet ; le bataillon a' enfuite traversé la salle au bruit d'une musique guerrière & des applaudislemens des fpectateurs.

L'assemblée a renvoyé au comité une lettre de M. Lamorlière, commandanti l'armée du Rhin, qui envoie copie d'une lettre que lui avoit adreliée M. Servant, ministre de la guerre, dans laquelle il lui témoignoit fes craintes sur l'exactitude du service & de la discipline dans son armée. M. Lamorlière a joint à cette lettre copie de fa réponse, ainsi qu'une autre lettre de M. Victor Broglie , officier dans son armée, qui se plaint des soupçons de M. Servant.

M. Condorcet a annoncé qu'on devoit brûler dans la journée, aux pieds de la statue de Louis XIV, fix cents volumes in-folio de titres de noblefle, à la place Ven

il existe , a-t-il dit , d'autres dépôts dans les chapitres, dans les chambres des comptes, chez les généalom giftes en titres , & il a demandé que les départemens loient autorisés à brûler tous ces dépôts, distraction faite des titres de propriété. Adopté à l'unanimité.

M. Dumourier a obtenu un congé pour aller servir dans l'armée de Luckner, où il eit lieutenant général.

Les nouveaux ministres sont venus protester de leur dévoûment à la constitution.

Le ministre de la guerre a communiqué deux dépêches écrites par M. Luckner. Par la première , il mande qu'il a levé les cainps , qu'il s'avance sur Menin, que l'ennemi a levé ce poste. L'avant-garde l'occupe , le corps d'armée est à Warvick. Par la seconde lettre , le général écrit que fon armée s'avance dans le pays ennemi, que les huit mille hommes de Dunkerque ont joint son armée, qu'il va attaquer Courtray, que l'en

dôme ;

[ocr errors]

nemi occupe un retranchement où il a du canon , & qu'il dispose une grande maneuvre.

L'ordre du jour étoit la discussion du vaste projet présenté sur le mode de constater les naissances , mariages & sépultures, époques essentielles dans l'état social. Merfeurs Pastoret, Grannet de Toulon & Goyer, ont préfenté leurs vues sur cet intéressant objet. L'assemblée a or donné l'impression de leurs discours.

Le ministre de la justice a écrit que le roi a apposé, sur le décret concernant la déportation des prêtres, & sur celui des vingt mille hommes, la formule constitutionnelle le roi cxaminera. (Murmures.... ) Silence , dit M. Lacroix, le roi est libre ; mais que le ministre nous fasse passer cette formule fignée. La motion est décrétée.

Séance du soir. Des citoyens de Saint-Jean-Pied-dePorc ont dénoncé l'ambassadeur de France en Portugal, qui a pris, dans un passe-port qu'il a donné, le titre de comte. L'assemblée a renvoyé au pouvoir exécutif.

M. Cambon , secrétaire , a lu une lettre des citoyens actifs de Marseille , dont la mention honorable , l'impression, l'insertion au procès-verbal & l'envoi aux quatre-vingt-trois départemens ont été décrétés fucceflivement, malgré les plus vives réclamations.

Le ministre de l'intérieur a fait passer à l'assemblée un arrêté du directoire du département de Paris, tendant à empêcher le rassemblement en armes des citoyens des faubourgs Saint-Marceau & Saint-Antoine. La lecture en a été faite.

L'assemblée a passé ensuite à la discussion des articles additionnels à la loi sur l'école des ponts & chaussées ; quelques-uns ont été adoptés.

Séance du mercredi 20. Le ministre de l'intérieur a notifié des procès-verbaux qui lui sont venus du département des Basses-Alpes. Il en résulte que le 3 juin , des volontaires nationaux des frontières les ayant dépassées pour aller sur les terres de Savoie , ont eu , dans un cabaret du Bugey , une dispute avec des foldats piémontais. Il y a eu de part & d'autre des coups de sabre donnés; les habitans fe font joints à la garnison piéinon taise; les volontaires ont été poursuivis à coups de fue fil jusques sur les terres de France. Il y a eu lontaire tué, & trois ont été blessés. Le bataillon auquel ils appartiennent , inftruit de cette affaire, la regardoit comme une hostilité ; il vouloit fondre sur les Toldats piémontais : c'est à grand peine que les administrateurs ont arrêté cette première impétuofité. Ils s'adressent, dans cette conjoncture difficile, à l'assemblée nationale, qui a renvoyé l'examen à ses comités.

un VO

Il a été décrété une somme de 83,000 livres pour la réparation des prisons d'Orléans.

On a lu une lettre des grands-procurateurs de la nation ; ils annoncent que les princes français mis en état d'accusation ayant été déclarés contumaces , la procédure inftruite contre eux continue malgré leur contuinace.

M. Roederer, procureur-fyndic du département, a été admis à la barre ; il a parlé au nom du directoire, & a dénoncé le rassemblement des citoyens armés , malgré lä loi qui les défend , & malgré deux arrêtés de la com-, mune & du directoire; il a prié l'assemblée de faire que la loi restât intacte. L'assemblée s'est occupée sur le champ de cette demande. Quelques membres vouloient renvoyer au département & à la municipalité pour faire exécuter la loi. Une lettre de M. Santerre est arrivée , qui écrit que les habitans du faubourg Saint-Antoine , célébrant l'annia versaire du serment 'du jeu de paume , demandent à paroître à la barre & à défiler devant l'assemblée. M. Vergniaud & M. Guader appuient la demande d'admission. MM. Ramond & Calvet demandent, l'un que les pétitionnaires déposent leurs armes avant d'entrer & de défiler; l'autre, que la féance soit levée : enfin, après de grands débats, l'admislion, à la barre est décrétée , & par fuite la permission de défiler en armes devant l'affemblée. Les pétitionnaires sont entrés, précédés de fifres & de tambours; ils étoient armés de fufils, de fabres, de lances, de piques, de crocs, de fourches, de haches , de pieux, de faulx, de fcies, de pioches, de maffues. Des détacheinens en uniforme national étoient dans la file; la marche à duré plusieurs heures. Pour la clorre', M. Santerre a présenté un drapeau au nom des faubourgs Saint-Marcel & Saint-Antoine réunis. L'assemblée la accepté.

M. le président a terminé la séance', en annonçant la nouvelle de la prise d’Ypres & de Courtray , & avec elles de beaucoup de prisonniers autrichiens.

Ce 23 juin 1792. PRUDHOMME, membre de la société des indigens.

39'. DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE.

RÉVOLUTIONS

DE PARIS,

DÉDIÉ ES

A LA

NATION

BT AU DISTRICT DES PETITS-AUGUSTINS ; Avec

gravures et cartes des départemens de France, QUATRIÈME ANNER

DE LA LIBERTÉ FRANÇAISE. DOU ZI È ME TRIM ESTRE.

[merged small][merged small][ocr errors][merged small][ocr errors][ocr errors][merged small]

vive la nation

[ocr errors]

Suite de la journée du 20. Louis XVI avoit mis le bonnet rouge, il avois crić

il avoit bu à la santé des fans-culoue, il avoit affecté le plus grand calme , il avoit dit hautement qu'il ne craindroit jamais , que jamais il n'auroit à craindre au milieu du peuple enfin il avoit semble prendre une part personnelle à l'insurrection du 20 juin. Eh bien ! ce même Louis XVI a bravement attendu que No. 155. Tome 12.

A

« PreviousContinue »