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car je n'entre point en conversation avec eux. Il fant faire scruter
ce propos par les moyens que vous pouvez avoir , & donner l'a-
larme de ce rallemblement, qui ne peut qu'être très-contraire aux
intérêts de Paris , qu'il pourroit contribuer à atiemer. Le prétexte,
pour faire envelopper la ville de cette petite armée, eit de donner
un coup de main à la garde nationale de Paris. Mais cette garde
fe fufht å elle-même, à la racaille qui est ici ne feroit que l'em-
barrafler ; mais , unie à la jacobinière, elle pourroit produire des
effets déiaftreux. Rappelez-vous que les coquins ont remis leur
grande expédition au 10.de inars. Ces 15,000 culotins sont peut-
Ctre le mümon du vastout du grand duc de Pique. Ceci est fort
sérieux, mon ami : il faut faire prendre l'air à des mouches adroites.
Le fait n'eft peut-être pas vrai; mais si on rencontre des tracés,
ne fût-ce que du plan quand on le couvriroit du pretexte de
mettre Paris à l'abri de l'attaque des princes, en turluginant cette
précaution, comme elle mérite de l'étre , il faut mettre à nu le vé-
iitable defiein , & bientôt encore; car les patriotes en garnison
ici, comme leurs camarades d'ailleurs, sont bien sots & bien pro-,
pres à être amalgamés dans une conjuration, sans mème s'en dou-
ier. Il y a d'ailleurs parmi cux beaucoup de fils & de cleres de
procureurs, vermine devenue fi dangereuse à l'état. Je nte prelle
de vous faire part de ma prétendue découverte ay - devant de
l'effet de laquelle il faut aller comme â celle du régiment sans-cu-,
lottes, que Saint-Huruge est allé lever à Lyon.
Je vous embralle de tout mon cæur.

22 février,
Lettre trouvée parmi les papiers de M, Delaporte.
J'ai reçu, mon ami, les cinq exemplaires de la pétition contre
les Jacobins.

Quand , après avoir ménacé, commencera-t-on à bâtonner réel. lement ces infames féditieux ?

On crie vive le roi ; & quand il veut aller se pramener, on l'en empêche, on double sa garde.

Paris et mécontent de l'allemblée. Il n'est occupé qu'à se rendre maitre d'elle å du rci. Les Pétion & les Crancé vont le seconder: il faut un coup de foudre, ou vous n'aurez qu'une apparence de révolution. En attendant, ce qui, le commet de crimes « fait de sottiics eit inconcevable.

Mon fils m'a écrit que vous lui avicz fait l'amitié de lui dire que vous pourriez lui procurer quelque occupation. Je vous en ferai très-obligé; car je crains pour lui le délceuvrement, & pour nous deux la dépense du pavé de Paris , fur lequel il faut qu'il reste , où il n'est bien difficile de le foutenir. Tâchez de l'employer comme vous pourrez le faire.

Je souhaite que vous puissiez entendre mon commentaire sur le grimoire de Cagliostro. Vous pouvez, du resto, me demander des éclaircisiemens : je les enverrai les moins obscurs qu'il me sera posible. J'ai besoin d'une de vos lettres ; mon coeur est à la presse. Je vous embranle de tout mon ccur.

19 novembre 1791..

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ASS E MBL É E

NATIONAL E.

Suite de la séance permanente du vendredi 10 coût 1792.

tenu.

Sur la demande de M. Thuriot, l'assemblée charge le comité de vérifier s'il est vrai que Louis XVI ait une rente viagère d'an million,

On a annoncé une lettre des commissaires envoyés à l'armée du Nord; ils annoncent que les généraux Dillon & Dumourier se sont rendus près d'eux, & le font empreflés de reconnoitre leur caractere & leur million. Les commissaires ont été au camp de Maulde, où ils ont été reçus avec des transports de joie inexprimable ; ils y étoient lorsque M. Dumourier a reçu la nouvelle de la promotion au commandement général de l'armée du Nord. Quelques membres demandoient que l'assemblée rapportât l'acte qui déclare qu'Arthur. Dillon a perdu la confiance de la nation ; il a été main.

M. Rulh , député de Strasbourg, dénonce de l'assemblée une trahison qui a été découverte à Strasbourg. Deux inspecteu's de l'ará tillerie de cette place avoient été chargés de disposer des pontons pour porter de l'autre côté du Rhin de l'artillerie , en cas d'invafion de notre part, Ils ont pris pour cela dles pontons pourris , & ils ont eu la perfidie de les revérir en-deflus de planches neuves afin de cacher le danger qu'il y auroit à s'en servir. Si le transport de l'artillerie se fût effectué, tous nos bagages étoient engouffrés. Le stratagème ayant été découvert, les deux inípecteurs le sont enfuis. M. Servant, ministre de la guerre , est venu prêter ferment.

Les secrétaires ont lu la notice d'une foule d'adrefies aux dé. crets du 10 août.

Le comité de législation a présenté, par l'organe de M. Muraire , la suite des articles sur les naiflances, mariages & fepultures. Los suivans ont été décrétés.

1°, « Les mariages entre ascendans & defcendans entre parans 33 & alliés en ligne directe & entre frères, sont probibés.

2'. » Ceux qui sont incapables de consentement , ne pourront » se marier. Les empechemens de mariage ne pourront étre levés ” par aucune dispense.

» Les mariages seront nuls, lorsque les contractaas se feront » mariés avant la publication de leurs promelies réciproques. Les ► mariages seront précédés de deux proclamations. Le mariage ne » pourra être contracté que huit jours après la deuxième publica» tion'».

Mardi 21, è fix heures du soir. La' pouvelle de la fuite de Lafayette avec son état major , dans la nuit du 19 au 20, a été annoncée par le ministre de la guerre, ainsi que celle de la niise en liberté des trois comunistaircs détenus à Sedan. Ogi a fait lecture ensuite de deux lettres écrites par Lafayette aux membres du directoire de Sedan ; l'une pour les engager à arrêter les commillaires de l'allemblée ; l'autre pour lcs prévenir de son émigration,

3o.

M. Montmorin, ex-miniftre, qui avoit été arrêté la veille, a Paru à la barre ; il a été interrogé par M. le prélident ; il a rém pondu peu près négativement à toutes les questions qui lui ont été faites, & a nié avoir aucune connoissance des complots de la cour. L'allemblée s'est réservé de prononcer sur son arrestation. Peu après, elle a prononcé la mise en liberté, vu que les lettres qu'on avoit cru adressées à lui, l'étoient au Montmorin , gouver. neur de Fontainebleau.

Mercredi 22, à dix heures du matin. On a fait lecture d'un grand nombre d'adhésions des départemens. L'assemblée a appris ensuite i que les scellés mis chez M. Amelot avoient été levés, qu'il ne s'é.

toit rien trouvé de suspect dans les papiers, & que la caife étoit! en bon état.

Il s'eft présenté beaucoup de pétitionnaires , qui tous ont été accueillis. Beaucoup de fonctionnaires publics ont prêté le ferment de la liberté & de l'égalité.

Sur la proposition du comité de législation, l'assemblée a décrété que le conseil exécutif provisoire nommera un commissaire national pour exercet, auprès du nouveau tribunal criminel de Paris, les fonctions des ci-devant commits aires du roi.

Un membre du comité de la marine a proposé un projet de décret sur la représentation que les colonies doivent avoir dans la Convention nationale; il a proposé que la colonie de Saint-Domingue foit invitée à nommer dix-huít députés ; celle de la Guadeloupe , trois ; celle de la Martinique, trois ; toutes les autres, un nombre de députés proportionné à leur population, à leur étendue. L'allemblée adopte ces difpofitions ; elle décrète en outre que chaque colonie nommera un certain nombre de suppléans. Des avisots vont être expédiés pour porter cette nouvelle aux colonies , & la vente des biens de Lafayette & des Lameth, dans ces contrées., sera inceffamment ordonnée.

On avoit décrété la démolition des portes Saint-Denis & SaintMartii, monumens de l'orgueil de Louis XIV. M. Dufaulx a réclamé en faveur de la porte Saint-Martin , qui est un chef-d'auvre. Il a été décrété que tous les bas-reliefs de ce monument seroient effacés, & que les droits de l'homme seroient gravés à la place.

M. Arthu: Dillon a écrit à l'assemblée pour se justifier des inculpations dirigées contre lui ; il prête le ferment de l'égalité , & jure de mourir pour la défendre. L'assemblée a renvoyé cette lettre ► au comité. M. Lecointre

4 fait décréter, au nom du comité militaire, que pendant la guerre les droits elé douane sur les armes & les munitions sont suspendus. Les négocians, qui en feront importer , font déclarés dès-à-présent bien méritans de la patrie; ceux qui feront sortir des armes pendant la durée de la guerre , sont déclarés ennemis de l'état.

Beaucoup de députés décorés de la croix de Saint-Louis , l'ont déposée sur le bureau. MM. Treille Pardaillan, de Seroft & Calon, sont de ce nombre.

Les membres de la commune de Paris, M. Robespierre à leur tête, sont venus annoncer à l'assemblée que les adminiftrateurs nommés en remplacement des membres du département, avoient rononcé à toutes fonctions adminiftratives , afin d'éviter le tiraillement des autorités dans la ville de Paris, & qu'ils se bornoient à

former une simple commiffion de contributions. Les représentano de la commune ont prié l'afferbléc de fanétionner cette mesure. Le comité de sûreté générale est chargé d'en faire le rapport.

Jeudi 23, d sept heures du matin. M. Marau, secrétaire, a lu la notice de plufieurs adresses d'adhésion & de plusieurs réclamations de particuliers. L'assemblée a renvoyé à ses comités.

M. Thuriot a annoncé que M. d'Aveyroult, ex-député, poursuivi, par des moissonneurs à l'inftant où il émigroit , s'étoit brûlé la cervelle. Une lettre annonçoit qne les Prufliens ravageoient no's frontières. M. Thuriot a fait décréter que le pouvoir exécutif rendroit compte des mefures prises pour les protéger.

L'effemblée a encore reçu l'offre de plusieurs croix de SaintLouis, & l'a conlignée honorablement dans son procès-verbal.

Sur la motion de M. Thuriot, il a été décrété que tous les procès intentés contre des soldats depuis le is feptembre 1791 , fous prétexte de désobéissance à leurs officiers , sont abolis. Les soldats détenus fous ce prétexte feront mis en liberté,

Le conseil exécutif provisoire a communiqué à l'affemblée la note du remplacement de tous les officiers deftitués pour cause d'incivisme : elle a applaudi. Elle a entendu enfuite la lecture d'une lettre des commiflaires de l'armée du Midi , qui rendent compte - de la manière honorable dont M. Montesquiou les a reçus , & de

l'enthousiasme avec lequel son armée a prêté le serment de la liberté & de l'égalité.

Un grand nombre de citoyens a apporté des offrandes pàtriotiques pour le soulagement des veuves & orphelins des Français tués le 10 août.

Le ministre de la guerre a annoncé que les trois gendarmes dé-' péchés pour mettre i 'exécution le décret rendu contre Alexandre Lameth, avoient été arrêtés à Mézières, par ordre de la municipalité. L'assemblée 'a décrété que la municipalité & le commandant de Mézières seront mis en état d'arrestation.

Le conseil exécutif tout entier est venu à la barre. Le ministre de la guerre a notifié que MM. Luckner & Dillon étoient destitués. Le général Kellermana remplacera Luckner , & M. Biron commandera rous Kellermann. Le ministre de la guerre prévient qu'une partie du camp de Soissons va renforcer l'armée du centre.

Le ministre des affaires étrangères a présenté le tableau de notre situation à l'égard des puiffances étrangères. La Suède demande à contracter avec nous des liaisons de commerce; la Russie manifeste des intentions hostiles , ainsi que les cours du Midi; la Hollande & l'Angleterre promettent toujours de garder la neutralité ; l'empire d'Allemagne témoigne de la répugance à armer contre nous, excepté quelques princes qui font des hostilités imminentes.

Le procureur-syndic du département de l'Isère a annoncé l'arsestation de M. Barhave à Grenoble. Le pouvoir exécutif est chargé de le faire conduire à Orléans.

Après avoir entendu un rapport fait par M. Lequinio, l'assemblée a décrété en principe la suppression des domaines. M. Brissot a ensuite obtenu la parole pour présenter un projet d'adreile aux puissances de l'Europe qui veulent garder la neutralité dans la guerre actuelle. L'assemblée a décrété l'impression de cette adresie.

Sur le rapport de M. Guitton, il a été décrété ensuite que les Dotaises & autres agens publics' seront tenus de déclarer les dém

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pôts qu'ils pourroient avoir chez eux , soas peine d'une amende égale au dixième de l'objet non déclaré.

Le comité des domaines a fait un rapport sur les droits des créanciers & penfionnaires de la liste civile ; leurs titres seront examinés, & l'allemblée a décrété qu'il seroit provisoirement payé aux créanciers pour domesticité la somme de 600 livres. A la suite de ce décret, M. Thuriot a informé l'affemblée qu'on avoit arrêté 700 mille livres que Lafayette appeloit à la suite.

M. Lacroix a demandé que l'allembée s'occupât à l'instant de la déportation des prêtres. Le principe étoit décrété ; il s'agiiloit de savoir où on les déporteroit. M. Cambon demandoit qu'ils fuflent envoyés à la Guyane française. Cette proposition a efluyé des difficultés. Sur la motion de M. Benaifton, elle adopte l'article lui

Tous les prêtres qui étoient assujettis à prêter le serment exigé par la loi du 26 décembre 1790, & ceux qui n'étoient point assujettis à ce serment de fonctionnaires publics, mais qui l'étoient zu ferment civique prescrit par la loi du 3 septembre 1791 , & qui n'ont point prêté ces", fermens, seront déportés hors du royaume. Les prêtres qui ont rétracté leur ferment, & les moines & chanoines font, ainsi que les autres prêtres , compris dans la loi de la déportation. Ceux qui sont expulsés du royaume auront un jcur par chaque dizaine de lieues pour se rendre aux frontières.

L'allemblée a interrompu la discusion pour entendre Mi. Montriorin, gouverneur de Fontainebleau , qui avoit été mandé à la Darre. Après différens interrogats, il a été envoyé à l'Abbaye. Le triburial criminel le jugera.

Une leetre des commillaires de l'armée du Nord a appris que l'armée & les généraux avoient prêté le serment.

Veædredi : 4 , à neuf heures dit parin. L'aliemblée a reçu l'offrarde de beaticoup de croix de Saint-Louis : elle a entendu enFuite la lecture d'un grand nombre d'adhétions.

Une lettre des administrateurs du département de la Meuse a anmoncé que Longưy étoit invefii, & que l'ennemi paroisfoit vouloir se porter sur Verdun & Montmédy : on demandoit que les administrateurs du district de Montmédy tinfient leurs séances aido leurs. L'allemblée décrète qu'ils reiteront à leur poste.

D'après la mesure de licenciment des régi.nens suisses & les en couragemens que l'alleinblée le proposoit de donner à ces régiEen pour les engager à s'incorporer dans les troupes françaises, le décret suivant à été adopté :

1°. Les quatorze bataillons d'infanterie légère, dont l'organisa. tion a été précédemment décrétée , recevront dans leur sein, les fuiries qui voudront prendre du service en France. 2°. Les batailfons d'infanterie légère qui seront formés des suilles

sera fait un tableau des fuiffes qui prendront du service en France ; ils y seront portés dans la colonne du grade qu'ils avoient dans les régimens fuisles. 4°. Les officiers supérieurs des régimens de troupes légères forinés des fuities incorporés, seront Français. 5°. Auftôt qu'il y aura des compagnies evimpiétes, elles seront employées Pof le rire, fans attendre le compiétement des régimens. 6. Les wes ni voudront s'engager dans les régimens français actuelle. ment formés, y feront reçus comme citoyens français. M. Mon

y incorporera, seront organisés en régimens. 3ile ministre

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