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wls6 47. DE L'ASSEMBLÉE NATIONALE LÉGISLATIVE,

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RÉVOLUTIONS

DE PARIS,

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il 6. ALT AV DISTRICT DES PETITS-AUGUSTINS, 178 m, 5:15:'!

* Avec

gravures et cartes de départemens de France, QUATRIÈME ANNÉE

DE LA LIBERTÉ FRANÇAISE. TRE IZ"I ÈME TRI MESTRES

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TREIZIÈME TRIMESTRE

Les grands ne nous paroistent grands que parce que nous sommes à genoux.

Levons-nous

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PRUDHCMMD

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DU 18 AU 25 AOUT 179 2.

Des allembléeš primaires. Le voilà

E voilà doric enfin rendu ce décret, ou plutôt cette dé. claration nécessaire , urgente , indispensable , qui convoque les assemblées primaires, & les invite à former une prompte convention nationale. Le voilà rendu , & déjà l'avenir le plus consolant se présente à l'esprit de tous les amis de la liberté. Qu'il est beau le temps où nous vis vons ! qu'elles seront plus belles encore les destinées que N° 163. Tome !3.

nous préparons à nos neveux ! Heureuse, France ! tu vas devenir la mère-patrie de l'univers , le berceau du monde, l'école du genre-humain. Salut, ô- ma patrie !-falut; de puis le 10 mai tu mérites d'être faluée par des hommes. Avant cette époque, le mot patrie étoit un vain mot la liberté une chimère ; nous n'étions que les vils escla. ves du plus dissimulé des tyrans, & nous ne Tommes libres que parce que le monstre est enchaîné. C'est à nous d'user avec précaution de la liberté qui nous eft rendue ; que l'énergie nationale ne s'éteigne plus, que la servile confiance ne vienne plus remplacer un ardent civisme ; la France est debout, qu'elle y rette : l'auguste liberté veut qu'on soit levé devant elle.

Jusqu'à ce jour la masse des Français n'avoit eu que l'inftin& de la liberté, mais la France n'avoit pas d'esprit public. Les hommes vouloient bien être 'magistrats, administrateurs, représentans du peuple ; mais nul ne savoit être citoyen ; & c'est là ce qu'il faut savoir quand on veut conserver la liberté. Il n'est pas difficile de trouver des législateurs & des guerriers, l'amour de la gloire en prou duit autant que l'amour de la patrie ; mais des citoyens, des citoyens qui n'ont à exercer que des vertus obscures. .... l'amour de la patrie seule peut en former. C'est principalement de ces fortes de verius que nous allons parler ici, c'est-à-dire, des dispositions-intérieures, & de la conscience civique que chaque individu doit apporter dans les assemblées primaires. D'abord, il y faut être affidu; chaque citoyen doit avoir la conviction intime que son fuffrage , quel qu'il soit, peut influer sur le fort de la patrie. L'honorable indigence avoit été repoussée des allemblées par des législateurs corrompus , elle y eft appelée aujourd'hui ; mais cette réconciliation des citoyens passifs avec les citoyens a&ifs impose à ces derniers un devoir terrible, celui de réparer, par les avantages d'une considération méritée , tous les torts qu'ils ont fait essuyer à leurs frères en acceptant une loi atroce qui les diftinguoit d'eux, & qui avoit , pour ainsi dire , créé deux classes d'hommes en France.

Ces torts réparés, tous les citoyens confondus dans les étreintes de la fraternité , tous étant assidus à leurs postes, le premier soin doit être de discuter publiquement les qualités personnelles des candidats , de reprocher fans crainte les crimes ou les fautes, ou les incapacités les

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moins connues; de dire avec la même impartialité les vertus de ses amis, de ses parens, fût-ce même de son fils. Mais sur-tout que les citoyens prennent garde de donner leur voix pour la convention nationale à aucun des individus qui vivent des abus qu'il faut réformer quelle que soit leur intégrité, leur vertu, non que nous prétendions qu'il ne se trouve pas un honnête homme dans les emplois abusifs de l'ancien régime, mais parce qu'il s'en trouve peu", parce qu'il ne s'y en trouve que comme par exception , & qu'il seroit 'absurde de prendre des exceptions pour règle d'inconduite générale. Or, quels sont ceux qui vivoient des abus de l'ancien régime, c'est-à-dire, du régime de 1789, 90, 91 & 92 ? Tous les agens du pouvoir executif', tous les amis du roi, tous les hommes employés par le roi, tous les constitutionnels tous les feuillans, tous les prêtres, tous les juges, tous les administrateurs , enfin tous les fonctionnaires publics qui correspondoient d'une manière quelconque avec le chef du pouvoir exécutif, ou plutôt le chet de tous les contre - révolutionnaires : ainsi", point d'anciens miniftres, point d'anciens commis, point d'agens de la trésorerie nationale , point d'officiers nommés par le roi , point d'anciens commissaires du roi près les tribunaux, point de membres de ces mêmes tribunaux, point de tecrétaires-greffiers , enfin pas un seul individu qui se soit autrefois trouvé dans la dépendance de Louisle-Traitre. Les avocats & tous les gens de loi , tous les avoués près des tribunaux sont également suspects & indigens, ou incapables de figurer à la convention nationale; leur bavardage & leur intérêt personnel doit les exclure de toutes les places jusqu'à ce qu'ils soient devenus citoyens. Quant aux prêtres, même constitutionnels, en est-il un bon dans toute la France ? Il faut aussi que ceux-là deviennent citoyens avant qu'on pense à les ad. mettre aux emplois de la république. Pour ceux qui se font imperturbablement dits les amis de la constitution, de la conflitution toute entière, on sait assez qu'ils sont dans ce moment les ennemis les plus dangereux de l'état; c'est la constitution qui a causé tous les maux passés : ne seroit-ce donc pas une contradiction révolrante que d'appeler à la convention les amis de cette même conftitution ? Citoyens des assemblées primaires , depuis trois ans vous avez la mesure du patriot Ime de vos concitoyens; tappelez-vous ceux qui ont été le plus calomniés, le plus perfecutés; rappelez-vous ceux qui ont été désignés comme

factieux, républicains, agitateurs du peuple ; voilà, voilà sles : leuls hoinimes qui conviennent à la convention natio„nale. Non , la France ne doit aujourd'hui regarder comme

dignes de la confiance que ces hommes levères qui ont ·bravé tous les préjugés, méme celui de la constitution, pour conseryer dans leur cour & dans les assemblées du peuple ces sentimens brûlans, ce feu sacré du patriotisme que des traîtres avoient voulu éteindre sous le poids d'une conftitution informe & diametralement opposée à la liberté,' à l'égalité. S'il faut des preuves pour

être admis aux emplois publics , ceux-là n'en ont-ils pas donné d'assez éclatantes, qui ont constamment réfisté au -torrent des persécutions, presque légalisées par l'ignorance du vulgaire?

Si le inalheur de la France étoit tel que la convention nationale. ne fût pas entiérement composée de ces hommes prétendûment exagerés, de ces hommes qu'on avoit rendus odieux' en les qualifiant de faftieux & de républicains, c'en feroit fait de l'empire , les modérés, tous mercenaires par nature , fe vendroient aux puif. fances qui en offriroient le plus. Ne calculons pas le temps de la convention sur le temps actuel ; nous sommes en insurrection aujou d'hui, & quand un peuple eft infurgé, tout tremble devant lui; mais de jour en jour « nous verrons la fainte fureur du peuple se calmer, nous

verrons les hommes constitués en autorités se livrer de - nouveau à leurs penchans ; & si vous les chofitez tels que leurs penchans soient nécessairement vicieux, que

pouvez-vous attendre d'eux ? Rien : il faudra encore avoir e recours à l'insurrection ; mais contre qui cette insurrec

tion? Contre les représentans du peuple. Ah ! ce seroit - le dernier des malheurs. Une insurrection contre les re- : -présentans du peuple jette un état dans l'anarchie , ouvre la voie à toutes les factions, précipite la ruine de la patrie. Le moyen de l'éviter eit de choisir des hommes qui servent si bien le peuple , que le peuple ne puisse pas faire mieux qu'eux: & encore une fois ces hommes font tous indiqués par les calomnies & les listes de proscription de l'ancienne cour.

Cirovens, peier bien ces vérités , & la patrie est sau.vée , sauvés par vous tous, c'est-à-dire , par l'exercice fimul

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tané de ces vertus obseures qui ne font ni l'orateur , ni 1: héros , mais qui font le bon citoyen : voilà en peu de mots tout ce qui concerne le choix des membres qui doivent composer la convention nationale. Mais ce n'est pas tout : sans leur donner précisément des mandats genéraux, il faut cependant que les assemblées primaires leur imposent des loix qu'ils ne puissent pas franchir , & contre lesquelles ils ne puissent pas délibérer. Le moment eft arrivé de dire une grande vérité, c'est qu'aujourd'hui nous sommes tellement avancés dans la carrière de la liberté, qu'il n'est pas postible qu'il y ait délorinais de rois en France : leurs itàtues renversées , ce

noin devenu odieux, les crimes inouis 'du dernier d'entre eux, jettent, une telle horreur sur la royauté, qu'un magiftrat, portant l'infâine nom de roi ne sauroit plus jouir de la confiance publique ; les loix dans les mains ne seroient: plus que des objets de terreur ou d'averfion; & cet état de choses ne fadroit convenir à 'un peuple qui veut être libre par la loi. Il n'est pas dans le cæur de l'homme de respecter jamais l'idole qu'il a une fois brisée ; les Français ont brisé l'idole de la royalité, iis ne la respecteront jamais. Quand un peuple a détruit une institution, le législateur est un lot ou un sourbe s'il veut la reproduire ; il en faut créer une nouvelle : ainsi il faut au, peuple français quelque chose à la place de l'ancienne institution de la royauté ; il lui faut un chef du pouvoir exécutif qui ne porte plus ce nom , qui ne soit plus ni héréditaire ; ni à vie , qui n'ait plus aucune de ses anciennes prérogatives, enfin qui ne lui refiemble en rien dans tout ce qui concerne les formes extérieures qui parlent aux yeux : donc les assemblées primaires doivent, to recommander à leurs députés à la convention nationale de changer la forine du gouverneinent. Plus de roi, plus de roi doit être le premier mandat impératif des représentans du peuple.

2°. Les assemblées primaires doivent dire à leurs députés que tout article de la nouvelle conftitution , qui ne feroit pas conforme à la déclaration des droits, eft d'aVance censé nul & non-avenu.

Nous observerons, en troisième lieu, qu'à la première & à la seconde législature , beaucoup a intrigans ont abusé de la confiance de leurs commettans fans que ceuxct aient pu les révoqner"; & pour que ce même incon

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