Page images
PDF
EPUB
[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

Louis V et dernier, est condat au temple à vec sa femme et ses enfans, à travers les huees et les imprecations d'un peuple immense

de la famille des Bourbons transférée au Temple, prodio guer" les reproches les plus humilians à deux êtres que Forgueil & la férocité ont rendus infenfibles à tout, ex? cepté au plaisir de faire le mal. Tout le long de la route, qui fut longue, a-t-on seulement pu faire baiser les yeux Médicis-Antoinette ? L'impudence de cette femme sit-elle dementie un seul inftant? M. Pétion, qui avoit la bonhoinmie de compatię i la peine qu'il 'luppołoit l'autrichienne, devoit fouffrir , lui at: Madame , ne craignez pas, le Puple es bon, il ne vous fera rient; elle répondit : Il ne Fera que son devoir, monsieur, & vous aufii.

Louis-Nérón n'a pas plus d'áme que fa Médicis-Antoi. nette. Le matiņ du grand jour 10 août , un peu avant qu'il entrải à l'ade blée nationale, un' citoyen simplement vêtu fort un peu de la foule qui bordoit le passage des deux côtés, & dit avec force ? Sáčre-dieu! je n'entends pas que ce b... de roi aille souiller la salle de l'assemblée; Pofficier de gárde après avoir péroré cet homme fort' inutilement, le prend par la main & le présente au roi, en disant : Sire! voilà un galant homme qui ne vous fera pas de mal. Je n'en ai pas peur, répondit le traître coutonné. Le citoyen à ces mots lui tendit la main :'Touchéz là, f.... vous aurez pris la main d’un brave homme... mais je n'entends' pas que votre g.... de femme aille avec vous à l'assemblée , nous n'avons pas beloind cette p....

Louis XVI continua lon chéinin sans être frappé du beau mouvement de cet homme.

Dans cette même journée, qu'un grand nombre de paBiotes paslèrent sans manger , tant ils étoient pénétrés đe ce qui venoit d'arriver , Louis quatre de dent.

heures, & n'en perdit pa se mit à table vers les çûr mangé sans doute d'un appétit plus vorace' encore , li on Tui eût servi les mers dans les crânes“ tour saignans des citoyens fusillés par la garde prétorienne.

Le lendemain de la translation au Temple, on le vit jouer au trictrac avec sa complice; ils avoient oublié déjà combien le peuple les avoit conspués la veille ; car la commission municipale ne put jamais venir à bout de Persuader aux pères , aux mères, aux frères , aux leurs, aux enfans aux amis des 2000 patriotes immolés à la journée de Saint-Laurent, de traiter notre nouveau Charles IX & fa Médicis avec les égards que l'on doi au malheur, Nouveaux magistrats, eh ! quoi , vous nous parlez des

[ocr errors]
[ocr errors]
[ocr errors]

malheurs de Louis XVI au milieu d'une ville toute pleine de ses forfaits , & dont les murailles sont teintes du sang le plus pur versé par l'exprès commandement de ce couple atroce. Ah! loin de nous parler de leurs in fortunes félicitez-les plutôt de ce qu'ils respirerit encore, de ce que nous leur laissons le loisir de jouer paisiblement pendant que nous sommes occupés à rendre les derniers devoirs à nos parens, à nos amis qu'ils ont fug lés par toutes les fenêtres de leur château. Vous les recommandez à la loyauté française ; il est beau d'être loyal envers un ennemi généreux , mais non à l'égard de läches conspirmeurs.

Peuple, défends-toi au contraire d'une fausse pitié, d'une indulgence criminelle , & qui jusqu'à présent n'a fait qu'enhardir les scéiérats. Les âmes cadavéreuses des Bourbons & di tous les vils inftrumens dont ils le font Tervis tont fermées à tout remords. Tout ce qui hantoit le chaicau des Tuileries, tout ce qui correspondoit avec cette cayerne à brogards, eft incapable de tout retour à la vertu. Ce chiáteau, plus fatal encore que le palais de Circé, métamorphosoit les hommes en bêtes féroces; du moment qu'on en respiroit l'air, on le sentoit atteint de la fcif du sang & de la rage du crime. La liile civile, comme une autre tête de Méduse, mettoit un caillou á à la place du coeur. Tous ceux qui consentoient à se fouiller les mains en touchant à cette liste , devenoient des monstres furieux qu'il faut étouffer, tous jusqu'au der

Peuple ! quelques heures de justice ne fuffisent pas pour punir quatre arnées de crines journaliers; tu t'es leve, reite debout jusyu'à ce qu'il n'exitte plus un scul des conspirateurs ; ils ne se lafroient point, ne te ļaffe pas plus vite qu'eux, il est de ton humanité de te montrer inexorable une fois ; frappe les méchars de terreur. Les profçriptions dont nous te faisons un devoir, ne ressemblent en rien à celies de Scylla & de Marius : ce n'eft point une guerre civile, coinme du temps de Célar & de Pumée; c'est la sainte colère de la patrie. La patrie &

le despotisme ont Iuté ensemble un moment corps à corps : le despotisme avoit été l'agresseur, il succombe; point de grace! quil meure ; mais pour ne plus avoir à recuinmencer avec cèr hyare, il faut abattre toutes ses

nier.

têtes d'un coup

Citoyens ! pensez donc à ces échaffauds dressés pendant plufieurs semaines dans les principales viles de la Holo lande, & sur lesquels ruiffela le lang des patriotes, fans

interruption que la laffitude des bourreaux. Pense donc aux arrestations, aux exécutions publiques & fecrètes dans le Brabant. - Pense donc que notre journée de Saint-Laurent eût été plus effroyable er.core que la Saint Barthélemi", où cent milie protestans périrent d'un soleil à l'autre. Peuple! transporte-toi å Stoko.in; vois les tourmens-inôuis qu'on fit loufirir à Ankaftrem, pour avoir donne la mort à un tyran. Rappe'le-toi seulement les listes de profcription qui fuivirent le massacre du 17 juillet 1791 au champ de inars , & les, procédures entamées pour l'affaire du 20 juin dernier. Repréienre-toi ce qu'eût été Paris & les autres villes patrictes de France , si la conjuration de la cour contre la nation, du roi contre le peuple avoit eu le temps de mûrir. Songe qu'il y avoit peut-être déjà 40 milie ficaires raffemblés au château dans la nuit du 9 au to Peiris-toi ton premier magiftrat errant dans les ténébreux' detours de ce palais inferna!, & n'échappant que par une espèce de miracle aux poignards levés tur lui à chaque pas. Peins-toi Néron & Médicis allant & venant dans ce repaire sombre, careflant leurs satellites, les enivrant, leur prodigant l'or & les liqueurs fortes, promettre aux uns des places, menacer les autres de leurs courroux, tenir le couteau sous la

gorge des canonniers patriotes vifiter les meurtrières, distribuer des cartouches, interdire

aux volontaires, de garde toute relation avec ce qui se passoit au dehors; entin , combiner avec les officiers la trahison la plus noire dont on se soit avisé. « Vous » ouvrirez la porte de la cour des Princes ; vous laisserez ► entrer les

les fédérés, les baïonnettes parisiennes & » les piques jusqu'à la portée de vos fusils ; pour leur »ộrer tout sujet de déhance , vous crierez avec eux vive » la nation ; vous agiterez vos chapeaux au bout de vos » fusils; yous leur jeterez des fausses cartouches ; quel

ques-uns même d'entre vous auront l'air de se rendre: » quand toute la cour , quand tout le vestibule , quand » tout le grand escalier feront bien pleins de patriotes, » amis de votre roi, c'est alors qu'à leurs embrassemens » fraternels vous riposterez par une décharge à feu rou» lant de toute votre moviqueterie: que la mort vole

[ocr errors]
« PreviousContinue »