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Le XAout 17,92 les parisiens reprennent une mesure qu'ils avoient cu tort de ne par mettre a execution le so Juin 1791. Ils abbatirent sur le Pont neuf la Statue d'Henry W. et celle de Louis XIII à la place ci devant royale.

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de Puzy; par la réponse de Lafayette, par celle de Luckner? Če feroit un autre abus de tous les principes. Nous obferverons d'abord qu'il ne s'agit point ici de prononcer la peine de mort, ni sucun jugement défini tif; il ne s'agit que d'un jugement d'accufation; les ju gemens d'accufation font plus que fuffifamment motivés par deux dépofitions; ici nous en comptons fept abfolu ment conformes, abfolument identiques. La comparution.' de Bureaux de Puzy, les réponfes de Lafayette. & Luckner ne peuvent être envisagées que comme des confrontations; mais les juges d'accufation ne confrontent. pas c'étoit à la haute cour nationale qu'on devoit réserver cette mesure.'

D'ailleurs, M. Bureaux de Puzy, étant accusé par Luckner d'avoir été le porteur des propofitions horribles de Lafayette, étoit par cela même accufé de complicité avec Lafayette. Or, nous le demandons, le complice. d'un accufé peut-il être appelé à fa décharge? Sa dépo fition mérite-t-elle la moindre croyance ? Et M. Bureaux de Puzy, paroiffant à la barre de l'affemblée, pouvoit'il ne pas démentir l'inculpation dirigée contre fon complice, lui qui eût été fur le champ décrété & capturé S'il eût avoué le crime de Lafayette, qui eft auffi le fien La dépofition doit donc être rejetée de la procédure, & regardée comme nulle & non avenue,

Il en eft de même de la réponse de Lafayette: c'eft fui qui eft accufé; le décret qui ordonne. qu'il lui fera eccit, & fa réponse à la lettre du président de l'affemblée nationale ne peuvent être envisagés que comme un interrogatoire: or, on n'a jamais entendu dire que l'interrogatoire d'un accufé produisit l'effet d'annuller les dépofitions des témoins. La réponse de Lafayette ne peut donc être confidérée comme un moyen de décharge.

Si j'étois, dit-il, interpellé fur mes principes, je répondrois par ma conduite. J'attefterois ma coopération à » la déclaration des droits de l'homme; mais ce n'est ≫ pas ce dont il eft queflion, on demande que je réponde fur un fait.

» On me demande, fi j'ai pensé, fi j'ai tenté d'aller faire le fiége de Paris, de quitter les frontières pour marcher fur Paris; je réponds en quatre mots: cela, » n'eft pas vrai. Signé Lafayette ». Or, une affemblée nationale qui fouffre qu'un jeune féditieux lui tienne ce N°. 161. Tome 13. с

langage, qui ne le châtie pas, qui tremble d'être juste; cherche à perdre la confiance de la nation.

Mais revenons à l'examen de notre grande procédure; & bien qu'il foit vrai que les difcours, de Bureaux de. Puzy, que la réponse de Lafayette ne méritent aucune attention, voyons avec impartialité s'il en eft de même de la lettre de Luckner. Cet homme a dit que Lafayette lui avoit fait des propofitions horribles, notamment celle de venir affiéger Paris. Le, certificat des députés à l'affemblée nationale attefte que ce dire eft forti de la bouche de Luckner. Or, voici comme Luckner donne un démenti formel aux députés à l'affemblée nationale: « Je » sens bien vivement, dit-il, combien il eft affligeant » pour moi de ne favoir pas parler la langue du pays. » où je fers, & à la liberté duquel j'ai dévoué le reste, » de ma vie. Ceste difficulté de me faire entendre a » fans doute été la caufe de la différence qu'il y a » entre la conversation que j'ai eue chez M. l'évêque de Paris, & celle que je trouve dans le procès-verbal » de l'assemblée nationale, & le décret qui m'ont été en» voyés.

» Jamais propofition de marcher fur Paris ne m'a été faite; & je vous affure, meffieurs, que fi elle m'avoit » été adreffée par un agent quelconque de la force pu»blique, je ne me ferois pas contenté de la rejeter avec » horreur, mais j'aurois cru de non devoir de dévoiler » auffi-tôt aux autorités conftituées un auffi criminel >> projet.

Il m'eft bien douloureux, en facrifiant entiérement > mon repos & ma tranquillité, de voir donner une in»terprétation auffi affreule à une converfation mal en»tendue. J'avoue qu'ayant fouvent à répondre fur des » objets qui me font auffi étrangers, & auxquels je fuis

fi peu accoutumé, mes forces ne pourroient long> temps fuffire, & je me verrois dans la néceffité de » quitter un pofte qu'elles ne me permettraient pas de » garder.

» Permettez, meffieurs, à un vieillard étranger, mais » qui a le cœur français, à un foldat qui s'eft aflocié à » vos dangers, & qui place fon bonheur dans la durée » de la liberté publique, dans le maintien de la confti»tution, & dans votre gloire: permettez-lui de vous répéter fans ceffe que les dangers extérieurs qui me

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