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refuseront d'alaiter leurs enians, et à leurs maris, alors ce crime contre nature, si familier, si commun, et presque nécessité par la corruption des moeurs, deviendra plus rare; et les pères et mètes, les enfans et la société v gagneront une multitude d'avantages politiques et moraux,

Si l'oisiveté, le célibat volontaire, l'égoïsme, l'ivrognerie, le libertinage, et tous les vices anti-sociaux sont suivis du mépris marqué par les privations de la confiance publique:

Si la peine de mort est supprimée; si les crimes sont punis sans distinction de rang ni d'état; si les peines sont proportionnées aux délits par le degré d'opprobre, de fatigue et de durée; si les délits des ministres et de tous hommes publics, toujours plus désastreux qu'aucun autre crime, sont rigoureusement punis:

Si l'on établit, dans les fonctions des différentes par ties du gouvernement, une échelle d'émulation à parcourir pour arriver certainement aux premiers emplois, selon son degré de mérite et de capacité :

Si l'instruction publique a pour objet essentiel de former de bons citoyens par une morale vraiment sociale: Si l'esprit et l'intérêt public sont alimentés par des fêtes civiques:

Si les honneurs et les dignités ne sont plus la cause, mais l'effet de l'estime publique;.si, sans cette première récompense, on ne peut en obtenir d'autre; si les routes à la fortune, aux distinctions civiles par le vice, sont fermées pour toujours; si les marques de décoration extérieure, exclusivement résesvées à la famille royale, ne sont plus pour tous autres que des livrées, que des signes de subordination servile, que des jouissances de l'orgucil: enfin, si l'hérédité de la noblesse est supprimée, alors les mœurs se réformeront; les crimes deviendront très rares; les vices seront réduits à se cacher; les vertus deviendront plus communes, ou seront plus connues; les erreurs et les préjugés nuisibles s'anéantiront; les sciences et les arts les plus utiles se perfectionneront; et la nation française, devenue la plus riche et la plus éclairée, produira les plus grands hommes dans tous les genres, et perfectionnera sa constitution, qui deviendra celle de tous les peuples de la terre.

Enfin, enfin, que pourroient dorénavant les délires de quelques nobles, et de quelques ecclésiastiques contra notre constitution, appuyée de la force physique et tporale de 24 millions d'hommes intimement unis ace

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le meilleur des rois, avec un monarque, qui, dès les premiers instans de son regne, se plaignoit si sincèrement de ce qu'il n'y avoit que Turgot et lui qui aimassent le peuple, et qui vient de lui donner une preuve si authentique de son amour?

Lors du siége de la Bastille, le sieur Pertrand, musicien au Théâtre Français, sauva de la cohue et du pillage un paquet et des effets précieux, méme des billets de la caisse-d'escompte, qui, depuis, se sont trouvés appartenir à M. de Bussy, caissier de la régie des poudres à l'Arsenal, et qui lui ont été rendus avec la plus grande fidélité, ainsi qu'il en convient lui-même, en annonçant, de la part du musicien, le plus grand désintéressement; depuis cette époque, époque à distinguer, qui est le 2 janvier dernier, le garcon de caisse du sieur de Bussy a perdu un porte-feuille contenant des billets de caisse qu a êté remis à son maître par un religieux à l'abri de tout soupçon, mais dégarni de 14,400 livres. Il ne seroit donc pas juste de confondre ces deux remises.

Chacun fait son don patriotique en raison de ses faeultés. Le sieur Battard, peintre, à Lyon, offre celui-ci : Que chaque artiste patriote, dit-il, par une lettre à nous adressée, fasse dès ce moment sa soumission d'envoyer au mois de juillet prochain, pour le mois de juillet 1791, sa contribution en peinture, sculpture, à l'assemblée nationale, qui en pourroit faire Texposition le jour de Tanniversaire de notre liberté, et ensuite la vente qui changeroit le don en sa nature.

Qui croiroit que l'ingratitude soit le principe adopté par les représentans de la commune de Paris? Les vainqucurs de la Bastille, ceux qui nous ont ouvert le chemin de la liberté, sont non sculement oubliés; mais encore les veuves de ceux qui ont péri au siége, les orphelins, sont privés de secours, et, de plus, ceux qui existent out la douleur de voir que la motion d'un des commissaires de leur comité à l'hôtel-de-ville, qui vote un Te Deum en mémoire de cette fameuse victoire, est adoptée, et qu'eux-mêmes sont exclus de cette solemnité.

Un de nos abonnés, M. Amat, du château de la Tour Savary, près Châtellerault, en Poitou, nous écris qu'une des demandes des bailliages la plus intéressante est colle qui a rapport à l'établissement de chirurgiens et de sagesfemines, sous les auspices des administrations provin Fa

ciales, pour avoir le plus grand soin des pauvres malades habitans des campagnes, qui, dans des hameaux ou petits villages, meurent sans secours dans l'âge souvent le plus utile aux travaux; et nous croyons qu'il seroit juste d'y faire attention.

La maladie des scrofules est une de ces maladies qui tient autant de l'humidité des lieux que l'on habite, que du vie du sang; la campagne en est autant remplie que les villes. Le sieur Cazaubiel, ancien chirurgien des ardiers, et ancien médecin du roi, rue Mazarine, à Paris, a travé une méthode pour le traitement de cette maladie, qui, depuis quinze ans qu'il s'en est occupé, lui a mérité la plus grande confiance, et lequel est d'autant plus commode, que les enfans n'y répugnent même pas.

On nous mande que, dans les environs du Soissonnois, un seigneur, qui ne date pas de ses ancêtres, est un peu faché de ce que l'assemblée nationale le prive, par son décret du 4 août, d'avoir le plaisir de la chasse, et de ce qu'il n'a plus la faculté de dominer sur ses bestioles il a, dit-on, attaqué juridiquement, par la voie de Thuissier, à sa nomination, son cure, qui s'est émancipé en tuant un lièvre qui mangeoit les choux de son jardin.

Sept brigands, tous soldats en semestre, et des environs de Ribemont en Picardie, se sont avisés, nous dit-on, dans une lettre datée du premier de ce mois, d'aller piller T'abbaye de Saint-N colas, en ont fait fuir les religieux, qui se sont sauvés partie à la nage, partie chez le curé de la paroisse Saint-Pierre: on a sonné le tocsin; tous les bourgeois ont été sur le champ sous les armes, et ont arrêté seulement deux de ces brigands.

Un artiste présente une idée qu'il a pour l'érection de la statue de J. J. Rousseau. Il annonce qu'on pourroit la placer dans la demi-lune qui forme l'entrée du jardin du roi, du côté de la rivière, et la tourner vers le levant, afin que le soleil venant à éclairer notre horizon, ses premiers rayons reposassent sur un des plus grands hommes dont nous avons à nous glorifier; il ajoute qu'on pourroit Ja draper à la française, et non à l'antique, comme nous en avons l'habitude dans notre manière de couvrir nos statues, et observe que, si le hasard vouloit que Paris fut englout de même que Palmire ou Herculanum, lorsqu'on le découvriroit, on ne prendroit pas cette statue pour celle de Socrate, de Pythagore ou de Junius Brutus, mais pour un Français.

«L'assemblée nationale a applaudi généralement à l'acte d'adhésion de la ville de Coulommiers, à ses décrets, et à celui d'abandon de l'imposition des ci-devant privilégiés pour les six derniers moi de 1789, ainsi qu'aux expressions de son patriotisme qu'elle a distinguées et applaudies par deux fois pour l'érection d'une tribune patriotique, dans laquelle on lit les décrets, actes de patriotisme, d'adhésion, nouvelles publiques, etc. ».

ASSEMBLÉE NATIONAL E.

Séance du mardi

9 mars,

M. de la Jacqueminière a fait un rapport sur les droits de péage et autres de cette nature. "On a décrété les articles suivans. Plusieurs autres ont été ajournés.

ART I. « Les droits de péage, de long et de travers, passage, hallage, pontonage, banage, chénage, grande et petite coutume, leude, tonlieu, et tous autres droits de ce genre, ou qui en seroient représentatifs, de queique nature qu'ils soient, et sous quelque déncimination qu'ils puissent être perçus, par terre ou par eau, soir en nature, soit en argent, sont supprimés sans indemnité; et, quant à l'entretien des ouvrages dont quelques-uns de ces péages pourroient être grevés, et dont les possesseurs demeurent déchargés, il y será pourvu par les assemblées administratives des lieux où ils sont situés, et les propriétaires desdits droits demeureront aussi déchargés des prestations pécuniaires auxquelles ils sont sujets, à raison desdits droits supprimés. L'amendement de M. Target, décrété avant le premier article, a été destiné à commencer le second qui a été adopté en la forme suivante ».

ART II. « N'entend néanmoins l'assemblée nationale rien innover, quant à présent, en ce qui concerne les octrois autorisés, qui se perçoivent soit au profit du trésor public, soit au profit des provinces, villes, communautés d'habitans et hôpitaux, sous quelque dénomination que ce puisse étre; elle excepte également, quant à présent, de la suppression des droits de bac, Voiture d'eau, et ceux des droirs énoncés dans l'article précédent, qui ont été concédés en dédommagement

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des frais de construction, de ponts, canaux et autres travaux et ouvrages d'art, lorsque ces ouvrages n'ont été construits qu'à cette condition, ou enfin les péages accordés en indemnité à des propriétaires légitimes de moulins, usines ou bâtimens et établissemens quelcanques, supprimés pour raison de l'utilité publique. Tous lesdits droits continuerent provisoirement à être percus suivant les titres et tarifs de leur création primitive, reconnus et vérifiés par les départemens des lieux où its se perçoivent, jusqu'à ce que, sur l'avis des départemens, il soit définitivement statué à cet égard, à l'effet de quoi les propriétaires de ces droits seront tenus dans l'année, à compter de la publication du présent décret, de représenter leurs titres auxdits départemens; et, faute de satisfaire à cette disposition, les perceptions demeureront suspendues en vertu du présent

décret ».

ART. III. «Les droits d'étallonnage, ménage, muyage, leydes, kude, pugnière, bichonnage, leuvage, petite coutume, sextorage, capponage, coppel, coupe, castellage, stellage, sciage, palette, aunage, étal, éialage quintillages, poids et mesures, et autres droits qui en tiennent licu, et généralement tous droits, soit en nature, soit en argent, perçus sous le prétexte de poids, mesure, marque, fourniture, inspection de mesure, ou mesurage de grains. grenailles. et toutes autres denrées ou marchandises, ainsi que sur leur étalage, vente ou transport à l'intérieur, de quelque espèce qu'ils soient, sont supprimés sans indemnité, sans préjudice néanmoins des droits qui, quoique perçus sous les memes dénominations, seroient justifiés avoir pour cause des concessions de fonds, sur lesquelles il a été statue par les articles décrétés les jours précédens. Les étalons, matrices et poinçons, qui servoient à l'étalonnage des poids et mesures, seront remis aux municipalités des lieux qui tiendront compte de leur valeur, et pourvoicront dorénavant gratuitement à l'étalonnage et vérifica tion des poids et mesures".

ART. IV. « Les droits connus sous le nom de coutume, hallage, havage, cohue, &c., et généralement tous ceux qui étoient perçus en nature ou en argent, à raison de l'apport ou dépôt des grains, bestiaux, viandes, poissons, ct de toutes autres denrées et marchandises. dans les foires et marchés, places et halles, de quelque

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