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ses complices sont déclarés innocens. Augeard dont le crime est le même que celui de Faveras, et contre lequel les preuves sont évidentes, obtient sa liberté. au moment fixé par lui-même pour l'exécution de son complot..... Cù les faits parlent, il ne faut point de réflexions.

Quel est celui qui négocie entre la cour et le chatelet pour faire punir les foibles quoique innocens, et absoudre les puissans quoique coupables? Si vous ne le voyez pas, citoyens, il est inutile de vous le nommer.

Eh! que l'on ose dire encore que les Français, et sur-tout les Parisiens, ne sont pas le plus doux des peuples, le plus ami de l'ordre et de la paix, le plus soumis aux loix et à toute espèce d'autorité publique !

Encore un mot. Quel citoyen isolé ne doit pas craindre les grifies du châtelet qui étrangle maintenant en dernier ressort? Quels conspirateurs puissans ne se joueront pas d'un pareil tribunal?

FAITS

IMPORTANT S.

Le district de Saint Jacques-de-l'Hôpital a fait imprimer, et a communiqué aux autres sections de la comune divers procès-verbaux, relatifs à la manière dont s'est condait le commissaire Desmarets, dans une circonstance importante dont nous avons deji parlé.

Il resulte de ces verbaux que, dans la nuit du 15 au 14 Novembre, le sieur Cauchat de Bonneville, payeur de rentes, fit faire des perquisitions relativement à des billets de caisse qu'il disoit avoir été volés à son domestique, tant chez la demoiselle de Galie, autrefois dame Sallé, demeurant rue Saint-Honoré, au café des volontaires nationaux, que chez la dame Houdan, demeuraat rue aux Ours; que l'officier de poste, qui posta chez celle-ci trois factionnaires, fit atrêter un particulier qui, s'étant présenté pour entrer chez

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la dame Houdan, et ayant apperçula garde, rebroussa chemin et prit la fuite par la rue Bourg-l'Abbé. Ce particulier, le sieur la Chaume, voyant qu'il alloit être arrêté, déposa sur une boutique un paquet d'argenterie dont il étoit chargé. Arrêté, il fut conduit an district, et transféré de là par le sieur Tassin de Letang, capitaine de bataillon des Filles Saint-Thomas, chez la dame Sallé, pour subir une confrontation devant le commissaire Desmarets.

Il résulte encore de ces verbaux, qu'il se trouva chez cette dame, tantôt Sallé, tantôt de Galle, qui tenoit autrefois le café de la Souricière, cinquante-huit nille livres en espèces ou billets de caisse, et une grande quantité de bijoux ; que le commissaire Desmarets, ent des conférences particuliè res avec les prévenus de recélement et de vol; qu'il sortit et rentra plusieurs fois, et qu'il profita du moment où l'officier de planton alla prendre des ordres au district , pour remettre en liberté le sieur la Chaume.

Le district des Cordeliers a envisagé cette affaire comme un abus de confiance de la part du commissaire Desmarets ; il a arrêté, qu'il engageroit le district de Saint-Jacques de l'Hôpital à faire toutes les démarches nécessaires pour en avoir une justice éclatante; vingt districts ont pris des arrêtés semblables,. et il ne reste plus au commissaire Desmarets de prétexte pour garder le silence. Qu'est devenu le sieur la Chaume? Avoit-il, ou n'avoit-il pas volé le paquet d'argenterie dont il étoit chargé? La dame de Galle étoitelle recélense des effets volés à M. Cauchat? Le sieur la Chaume transféroit - il des effets recélés par la dame de Galle chez la dame Houdan? Le Commissaire Desmarets a-t-il ou n'a-t-il pas partagé ces billets de caisse, ces bijoux? Voilà les questions que l'on se fait, et auxquelles il est de Thonneur du commissaire Desmarets de donner des solutions plausibles, en expliquant les faits. Ce journal, ouvert aux accusés comme aux dénon

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ciateurs, lui donne un moyen facile d'éclairer Popinion publique, qui commence déjà à se fornr de la manière la plus défavorable pour lui.

Mais pourquoi le district ne demande-t-il pas la remise du sieur la Chaume au sieur Tassin de Letang, qui a requis qu'il lui fût remis, et à qui il a été remis.

Meaux, le 12 Mars. « Pendant que vos papiersnouvelles aristocrates calomnient le peuple de cette ville, en lui imputant des émeutes et des assassinats, nos fermiers aristocrates, qui s'accommodoient mieux de l'ancien régime, parce qu'il faisoit hausser le prix du bled, d'accord avec eux nous font mourir de faim. Le 22 Février, ils avoient mis le bled à 22 livres; les murmures les décidèrent à le livrer à 20 livres. Le marché suivant point de bled. Les alarmes furent vives. Un bateau chargé de cette denrée descendoit à Paris, par la Marne; quelques femmes l'arrêtent, et le peuple demande à acheter, à payer ce bled. Les municipaux, qui ne veulent rien prendre sur eux, n'acceptent point l'offre que fait le commandant du détachement de royal Bourgogne, de faire partir le bateau sans qu'il y ait de troubles, et avec 20 hommes seulement; ils préfèrent d'écrire

Paris; ils y marquent..... On n'en sait rien; mais 400 gardes Parisiennes nous tombent sur les bras. Ce n'est point au peuple qui n'a voulu gar der, qu'en le payant, du bled qui n'est pas néces saire à Paris dans ce moment, qu'il faut imputer cette fausse démarche, c'est à la correspondance plus qu'indiscrète de nos municipaux, et à l'irritabilité des vôtres. Le peuple n'a fait ici ancus dégât, aucunes menaces. Voilà la vérité, la vérité

toute pure....”.

Paris, lundi 8. « Vous n'allez donc point chez Audinot? Ah! vous y verriez l'aristocratie abreuvant le pauvre peuple de ses poisons; vous y verriez Paris sauvé, où la journée du 14 juillet est indigaement parodiće, et où tous ceux qui ont pris

les armes ce jour-là sont peints comme des traltres; vous y verriez, dans une pastorale d'Annette et, Lubin, le portrait du roi, exposé hors de propos en tous les sens aux regards de ceux qui fréquentent ces sortes de spectacles; vous y verricz enfin une jeune fille qui donne une cocarde blanche à un soldat qui l'a délivrée de deux bigands. Les trois pièces d'hier disoient aux Parisiens: Vous êtes des traîtres; mais voilà votre roi qui vous pardonne; arborez la cocarde blanche. Remerciez donc Audinot de la part des patriotes, ou apprenez lui cette maxime: Autre temps, autre cocarde.

EXTRAIT DES REGISTRES DU CHATELET. Interrogatoire du sicur de Launay, du 11 Mars 1790.

Le sieur Paul Delaunay, originaire de la ville de Rennes, en Bretagne, a lui demandé son age et ses qualités, a fait la réponse suivante. J'ai trente-deux ans. Je déclare ne point être le frère de M. Delaunay, le dernier gouverneur de la Bastille, comme plusieurs l'ont prétendu; mais cette circonstance n'étant pas utile au fond de

a cause, je dois vous mettre à portée de juger de la pureté de mes intentions, en vous lisant. quelques passages d'un poëme sur le patriotisme. L'accusé a lu, en effet, quelques morceaux qui oat été applaudis. On reprend l'interrogatoire.

N'avez vous pas stimulé les habitans de Ronnes à faire une adresse à l'assemblée nationale, qui inculpe les magistrats de cette ville?

Réponse. J'ai envoyé, il est vrai, cette adresse au nom des habitans de Rennes ; mais je n'ai fait que la rédiger, pressé par les instances de plusieurs infortunés: j'ajoute que, loin d'avoir excité les habitans faire cette doléance, j'ai reçu a différentes fois la visite du sieur Richard. Ayant demandé ensuite qu'on procédât à la lecture de

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cette adresse, on y a remarqué les expression sui vantes, que l'on mettoit dans la bouche des habitans de Rennes :

« Nous avons recours à vous, (c'est-à-dire, l'assemblée nationale), pour mettre un terme à tant de maux: Les portes du temple auguste de la justice sont fermées, dit-on, pour jamais. Nous implorons un prompt secours, etc. ».

Sommé de reconnoftre ladite adresse, l'a reconnue et paraphée au recto et au verso de chaque page, en ajoutant que, si la liberté n'étoit pas une chimère, il étoit dans la plus grande sécurité.

Suite des souscripteurs qui se sont présentés

thez M. Ménard de Marsainvilliers, notaire, rue de Seine, faubourg Saint-Ger main, no. 29, chez lequel l'acte pour la souscription de l'érection d'une statue à J. J. Rousseau a été passé, et dont est mention dans notre n. 52, page 46. M. le Blond de Mantes, horloger à Paris. 3 liv. M. Giroud, Dauphinois.

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M. Laurent, grenadier volontaire du district de Saint-André-des-Arcs. .

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M. Bouthoux, huissier.

M. Soulard, trésorier de France.

M. Cœuilhe, négociant.
Madame Pithoin.

M. Bouber, notaire royal à Etinay, près
de Noyon en Bourgogne.
Madame Houdouard...

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Les officiers du régiment Royal Comtois, condamnés au mois de Juillet 1773, par un conseil de guerre tenu à Lille, ont été présentés judi à la barre de l'assemblée nationale, qui a accueilli leur demande en révision; nous rendrons compte de cette affaire incessamment.

PAPIERS

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