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est fort curieux, je le lui vendrois; j'en ai 17, tant grosses que petites, y joint la mère perle.

J'ai l'honneur d'être, avec reconnoissance, Monsieur, votre très-humble et très-cbéissant serviteur.

Ce 28 Juillet 1789.

Le jeu fut de tout temps une passion cruelle. L'abolition des maisons de jeux aura-t-elle leu? Le trait que nous allons citer, l'accélérera peut-être :

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Le 27 février dernier, un ami de l'humanité se promenant aux champs-élysées, sur les six heures et demie du soir, apperçoit un homme que sa présence subite inquiette. Cela n'est point surprenant, il vouloit attenter à ses propres jours. Le premier s étant éloigné, apperçoit, à l'aide du crépuscule, aux mouvemens du second, qu'il tient un pistolet, qu'il se l'ajuste; le hasard, ou la Providence, font rater le coup; l'ami des hommes fond sur le suicide, lui crie d'arrêter: en approchant, ce malheureux se plaint d'avoir manqué son coup, remet cependant son arme à celui qui la lui demande; et, dans l'ivresse du malheur, confesse, en plaignant sa famille et son épouse, qu'il avoit, il y a quelques jours, retiré par méfiance, des mains d'un ami, 60,000 liv. ; qu'un traître, sous la même dénomination, l'avoit conduit dans un de ces tripôts qui avoisinent le Palais-Royal, où, leurré d'un faux calcul de gain, il avoit en trois jours réduit sa fortune à zéro.

Anecdote.

Un suisse, entre chez un bonnetier. marchande une paire de bas; le prix fait, il dit qu'il n'avoit qu'un billet de 200 liv.; le bonnetier le lui change, et retient 10 liv. pour l'escompte; le suisse, après avoir calculé, s'apperçoit qu'il lui manquoit 10 liv.; il demande deux autres paires de bas, et s'en va ; le bonnetier va à sa caserne, fait sa plainte an commandant, qui les fait tous assembler; il reconnoît son homme et le désigne au commandant; le suisse dit que le bonnetier lui ayant retenu 10 liv. sur son billet sans le prévenir, il avoit demandé deux autres paires de bas, et s'en étoit allé; plusieurs de ses camarades ont escompté, à leur tour, au bonnetier, quelques coups de plat de sabre.

J'apprends, Monsieur, du commis conducteur de la

diligence de Metz, du 24, que le 12, le valet-de-cham bre du prince de Lambesc avoit passé à Metz une malle du poids de 350, sous le titre de vieilles hardes, plombée frauduleusement à Paris, et qu'il lui a donné en sus 24 liv. pour le port de son sac de nuit. Ce fait répond à la lettre de madame de Montmorency, insérée au Journal quotidien de Paris, et au mercure de cette année, n. 6.

Parmi les effets volés au greffe criminel du Châtelet, il y a une montre très-facile à reconnoître : elle est détaillée au Mercure de France du 12 avril 1788; elle marque les années, les mois, les jours de la semaine, les quantièmes du mois et de la lune, ses phases, et l'heure à laquelle la mer est haute et basse chaque jour dans vingt-deux ports de mer différens; comme Londres, Bordeaux, Cadix, Lisbonne, Amsterdam, Dunkerque, Cherbourg, le Havre, etc. etc. Cette montre a été volée; elle étoit passée dans les mains de cinq brocanteurs; on l'avoit fait reprendre par la police; elle a été ensuite reléguée au greffe criminel, d'où on prétend que rien ne sort, sur-tout lorsque ce sont des bijoux; le propriétaire s'est présenté plusieurs fois au greffe criminel et au tribunal du Châtelet, et son avocat lui a dit qu'il n'y avoit pas moyen de la ravoir. Comme personne ne pourroit la raccommoder que le propriétaire, s'il y avoit quelque chose de dérangé, on prieroit les personnes dans les mains desquelles cette montre pourroit passer, d'en donner avis au sicur Pellier, autcur des cadrans horizontaux, rue du Four-Saint-Germain, et soldat de la garde nationale de la troisième division, troisième bataillon, compagnie CHARDIN.

L'épouse de M. de Mougeat, Me. Ciseleur, rue SaintDenis, n°. 92, est accouchée de trois filles, qui ont toutes été baptisées; la première a cu pour parrain, M. Bailly; maire de Paris; et pour marraine, madame de la Fayette; la seconde, M. Bourgeois, garde national de la cinquième division, avec Melle. Folain; la troisième, M. Pienot, garde national de la compagnie du père, avec madame Chardin, parente de l'accouchée, et éponse du capitaine.

M. de Morhain, de Phalsbourg, actuellement à Paris, et ci-devant employé dans les bureaux de S. A. S. Mgr. le duc de Penthièvre, est prié de donner son adresse à M. Mercier, avocat, conseiller du roi, ancien maire royal

de Phalsbourg, qui a des objets importans à lui com muniquer.

Une infinité de personnes, qui sont on ne peut plus inquiètes de ce qu'est devenn M. de LA VILLE-LE-ROUX, député de l'Orient à l'assemblée nationale, désireroit en avoir des nouvelles, soit par la voie de votre journal, ou autrement.

Des journaux se sont plû à parler à contre-sens du zèle de M. Regnier de Rohault, qui s'est toujours distingué dans tous les corps où il a servi; le mémoire signé Girard, licencié en droit, est démenti par les certificats authentiques dont ce premier est muni, malgré les factions.

CHATELE T.

Le procès du baron de Bezenval, dans lequel étoient impliqués MM. de Broglie, de Barentin et d'Autichamp, a été jugé dans la séance du matin; et, sur les conclusions du ministère public, ces accusés ont été déchargés de toutes les accusations contre eux intentées. L'instruction du procès par contumace contre le prince de Lambesc est réservée. La sentence sera imprimée et affi chée.

Le chevalier de Lezer, ancien officier aux gardesfrançaises, a été arrêté mardi 3, et constitué prisonnier au Châtelet.

Le sieur Perré, ancien trésorier du district des Mathurins, sera jugé jeudi prochain: il se propose de plai

der sa cause.

ASSEMBLÉE NATIONALE.

Décret relatif à la division générale du royaume, rendu dans la séance du mardi 16 fevrier. L'assemblée nationale a décrété et décrète ce qui suit :

TITRE PREMIER. Articles généraux.

ART. I. « La liberté réservée aux électeurs de plusieurs départemens ou districts, par différens décrets de l'assemblée nationale, pour le choix des chefs-lieux, et Femplacement de divers établissemens, est celle d'en délibérer, et de proposer à l'assemblée nationale, ou aux législatures qui suivront, ce qui paroîtra le plus con

forme à l'intérêt général des administrés et des justi ciables ».

ART. II. « Dans toutes les démarcations fixées entre les départemens et les districts, il est entendu que les villes emportent le territoire soumis à Fadministration directe de leurs munic palités, et que les communautés de campagne comprennent de même tout le territoire tous les hameaux, toutes les maisons isolées dont les habitans sont cotisés sur les rôles d'imposition du cheflieu ».

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ARY. III. « Lorsqu'une rivière est indiquée comme limite entre deux départemens ou deux districts, il est entendu que les deux départemens ou les deux districts ne sont bornés que par le milieu du lit de la rivière, et que les deux directoires doivent concourir à l'administration de la rivière ».

ART. IV. « La division du royaume en départemens et en districts n'est décrétée, quant à présent, que pour l'exercice du pouvoir administratif; et les anciennes divisions, relatives au pouvoir judiciaire, subsisteront jusqu'à la nouvelle et prochaine organisation de ce pouvoir. Les anciennes divisions, relatives à la perception des impôts, subsisteront aussi provisoirement pour 1799. Les dispositions relatives aux villes qui ont été désignées comme pouvant être siéges des tribunaux, sont subordonnées à ce qui sera décrété sur l'ordre jud ciaire >>.

Séance du mercredi 24 février. Le rapport du comité féodal, qui étoit à l'ordre du jour, a été fait par M. Merlin. L'assemblée a décrété les articles suivans:

ART. I. « Toutes distinctions honorifiques, supériorité et puissance résultantes du régime féodal, sont abolies; quant à ceux des droits utiles qui subsisteront jusqu'au rachat, ils sont entièrement assimilés aux simples rentes et charges foncières >>.

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ART. II. « La foi, hommage, et tout autre service purement personnel, auquel les vassaux censitaires et tenanciers ont été assujettis jusqu'à présent, sont abolis». ART. III. « Les fiefs qui ne devoient que li bouche et les mains, ne sont plus soumis à aucun ayeu ni reconnois

sance ».

ART. IV. « Quant aux fiefs qui sont grévés de devoirs utiles, et de profits rachetables et aux censives, il en sera fourni par les redevables de simples reconnoissances, passées à leurs frais pardevant tels notaires qu'ils vou

dront choisir, avec déclaration expresse des confins et de la contenance; et ce, aux mêmes époques, en la même forme et de la même manière que sont reconnus, dans les différentes provinces et lieux du royaume, les autres droits fonciers par les personnes qui en sont chargécs; et ne sera perçu, sur lesdites reconnoissances de plus forts droits de contrôle que celui qui a coutume d'être payé pour les déclarations et autres actes qui en tenoient ci-devant lieu, jusqu'à ce que l'assemblée ait prononcé sur les droits du contrôle ».

ART. V. « En conséquence, les formes ci-devant usitées des reconnoissances par aveux et dénombremens, déclarations à terriers, gages, pleiges, plaids et assises, sont abolies, et il est défendu à tous propriétaires de fiefs de continuer aucuns terriers, gages, pleiges, ou plaids et assises commencés avant la publication du présent décret ».

ART. VI. « Toutes saisies féodales et censuelles et tous droits de commise sont abolis; mais les propriétaires des droits féodaux et censuels non abolis sans indemnités, pourront exercer les actions, contraintes, exécutions, priviléges et préférences qui, par le droit commun, les différentes coutumes et statuts des lieux, appartiennent à tous premiers bailleurs de fonds ».

ART. VII. « Tous les droits féodaux et censuels ensemble, toutes les rentes, redevances et autres droits qui sont rachetables par leur nature ou par l'effet des décrets du 4 août 1789 et jours suivans, seront à l'avenir et jusqu'à leur rachat, soumis, pour le principal, à la prescription que les diverses loix et coutumes du royaume ont établie relativement aux immeubles réels, sans rien innover, quant à présent, en ce qui concerne la perception des arrérages»..

ART. VIII. « Les lettres de ratification établies par l'édit du mois de juin 1771, continueront de n'avoir d'autre effet sur lesdits droits que d'en purger les arrérages, jusqu'à ce qu'il ait été pourvu par une nouvelle loi à un régime uniforme et commun à toutes les rentes et charges foncières, pour la conservation des pr viléges et hypothèques ».

ART. IX. Le retrait féodal, le retrait censuel, le droit de prestation féodale ou censuelle, et le droit de retenue seigneuriale, sont abolis».

Séance du jeudi matin. On a lu une lettre de M. de la

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