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bien plus de reflexion fur la fûreté du Canal, que fur celle de la Mer du Nord. Auffi eft il à remarquer, que le Memoire de Mrs: les Commiffaires de l'Amirauté ne dit pas un mot des Vaifféaux employez en cette Mer là; ce qui eft en partie caufe, de ce qu'on y met fi bas le Contingent fourni par l'Etat. Le fentiment des Etats Généraux fur fe fujet a toûjours été, que le nombre des Vaiffeaux qu'on devoit équiper chaque année en commun, devoit être reglé fur ce qu'on pouvoit raifonnablement juger de la force de l'Ennemi, & des Vaiffeaux qu'il pouroit envoyer dans la Mediterranée, dans le Canal, ou dans la Mer du Nord; en telle forte que l'on eût toûjours une certitude morale, que les Flottes & les Efcadres de la Gr. Br. & de cet Etat, foit qu'elles agiffent conjointement ou féparément,' fe trouveroient fupérieures à celles de l'Ennemi. On dit conjointement ou féparément, parce que du côté de l'Etat, on étoit d'avis, que les Vaiffeaux de S. M. & des Etats Généraux, qui feroient envoyez en Portugal & dans la Mediterranée, devroient agir conjointement; que la fûreté du Canal devroit être laiffée aux

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foins particuliers de S. M.; & celle de la Mer du Nord à ceux des Etats Généraux. On en donnoit pour raison, que la GrandeBretagne avoit un plus grand interêt à l'égard de fon Commerce dans le Canal, & que par fa fituation, & par la commodité de fes Ports, elle pouvoit plus aifément que l'Etat, y envoyer & tenir fes Vaiffeaux; & qu'au contraire l'Etat pour les mêmes raisons par raport à la Mer du Nord, eft plus à portée que la GrandeBretagne, d'y envoyer & tenir les fiens. Au reste, on refervoit toûjours les cas de neceffité; en telle forte, que fi l'Ennemi, contre toute attente, faifoit quelque Ar mement extraordinaire, & qu'il envoiat quelque Flotte ou quelque Efcadre dans le Canal, ou dans la Mer du Nord, en ce cas là on joindroit les Escadres de part & d'autre, en tout ou en partie dans le Ca nal ou dans la Mer du Nord, felon le befoin. On n'a pas crû les dernieres années, qu'il fut néceflaire de tenir une Escadre devant Dunkerque, l'experience ayant montré plus d'une fois qu'on en retiroit fort peu de fruit & qu'il étoit prelque impoffible de fibian fermer ce Port, que les Vaiffeaux qui y feroient, n'en pûffent

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fortir; outre que l'an paffé, la plupart des Vaiffeaux de Dunkerque ayant fait voile ailleurs, il n'y en eft pas resté affez pour former une Escadre.

Comme ces fentimens là étoient bien fondez, on les ale plus fouvent fuivis, & on s'en eft fort bien trouvé. La preuve en eft claire, car depuis la parte que la France fit à Vigos en 1702., & celle qu'elle fouffrit à la Bataille près de Malaga en 1704, elle ne s'eft plus trouvée en état de mettre en Mer aucune Flotte confidérable. La feule qu'on y ait vue, fut dans Ja Méditerranée en 1709., pour foûtenir de fiége de Barcelone; mais elle étoit fi peu confiderable, qu'elle fe retira à la vûë de la Flotte combinée, fans ofer hazarder le Combat.

Après avoir montré, comme on vient de faire, fur quels fondemens l'Etat a fait & reglé chaque année fes Armemens de Mer, il eft à propos d'examiner s'il a fournir fa quote-part, proportionnément à celle de S. M. Brit.; ce qui fans doute ne feroit pas, fi l'on devoit s'en raporter au Memoire de Mrs. les Commiffaires de l'Amirauté de la Gr. Br. Mais en premier lieu, pofé le cas qu'il n'y ait rien a dire à

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·la Lifte qu'on y donne des Vaiffeaux fournis par S. M., & qu'on la reçoive aveu❤ glément, telle qu'elle fe trouve dans ledit Memoire; on pourroit encore demander, fi tous les Vaiffeaux que l'on y marque, comme ayant été employez dans la Mediterranée & dans le Canal, y étoient néceffaires ? Cette queftion ne feroit point deftituée de fondement. On y voit des années, ou le nombre des Vaiffeaux employez pour ce service-là, excede de beaucoup celui que S. M. même avoit fait propofer. Par exemple, on y compte 74. Vaiffeaux pour l'année 1704., 79. pour l'année 1705. Cependant, les

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Projets fournis par l'Amiral Mitchel pour ces années là, ne demandent que 24. Vaiffeaux de l'Etat, contre 60. Vaiffeaux de S. M., tant pour le fervice de la Mer Mediterranée, que pour celui du Canal & de la Mer du Nord. D'où vient donc que Mrs. les Commiffaires de l'Amirauté mettent préfentement en compte, de la part de S. M. 74. & 79: Vaiffeaux pour le feul fervice de la Mediterranée & du Canal, & que l'on y requiert de la part de P'Etat 44 Vaiffeaux pour une année & 47. pour l'autre ? On laiffe, au refte, au

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jugement d'un chacun, fi ce nombre de Vaiffeaux n'auroit pas été trop grand, en égard au fervice qu'on en pouvoit retirer, & aux forces que l'Ennemi pouvoit alors mettre en Mer. Le fentiment de l'Etat

fut, que 24. Vaiffeaux de fa part & > 40. -de la part de S. M. fuffiroient pour le fer-vice de ces années-la.

Il faut remarquer de plus, que de tous les Vaiffeaux que l'Etat a fournis, on ne tient compte en ce Memoire que de ceux qui ont fervi dans la Mediterranée ou dans le Canal, conjointement avec ceux de S. M., & que l'on n'y fait aucune mention de la Mer du Nord, dont le fein & la fûreté ont été laiffez prefque entiérement pendant quelques années à la charge de l'Etat. Il ne fait pas s'étonner après cela, de ce que le nombre des Vaiffeaux fournis par les Etats Généraux paroit fi peric dans le Memoire de Mrs. les Commiflaires de l'Amirauté, en comparaifon de ceux de la Reine de la G. B., puis qu'on en retranche tous ceux qui ont fervi dans la Mer du Nord, & qu'on n'y employe que ceux qui ont agi conjointement avec ceux de S. M. C'eft fans doute cette omiffion qui a donné lieu aux préjudiciables Refolu

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