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liance affure fi bien ces eftimables Privileges à la Grande-Bretagne, qu'il laiffe chaque Nation à la fin de la Guerre fur le même pied ou elle étoit à cet égard au commencement. Mais le Traité, dont nous nous plaignons, au lieu de confir mer les Droits de vos Sujets, les abandonne & les renverfe: Car, quoique les XVI. & XVII. Articles du Traité de Munfter, fait entre Sa Majesté Catholique & les Etats Généraux accordent aux Hollandois tout les avantages du Commerce, dont les Anglois jouiffoient; la Couronne d'Angleterre n'aiant pas été une des Parties intereffées dans ce Traité, les Anglois ne fe font jamais foumis à ces deux Articles, & les Espagnols eux mêmes de les ont jamais obfervez: Mais ce dernier Traité le renouvelle au prêjudice de la Grande-Bretagne, y fait entrer votre Majefté comme Partie, & la rend même garante envers les Etats Généraux pour des Privileges qui tournent à la ruïne de vôtre Peuple.

La promtitude extraordinaire avec la quelle vôtre Ambaffadeur confentit à dépouiller vos Sujets de leurs anciens Droits, & vôtre Majefté du pouvoir de leur pro

curer

curer quelque nouvel avantage, paroit évidemment de fes lettres, que vous avez fait donner à vos Communes : Car lorfqu'on offrit certains Articles avantageux à vôtre Majefté & à vos Peuples, pour les inferer dans ce Traité, les Etats Généraux ne voulurent pas les admettre, fous prétexte qu'il n'y falloit rien mêler de ce qui ne touchoit point à la Garantie de la Succeffion & de la Barriere; quoi qu'ils n'eurent pas plûtôt avis d'un Traité de Commerce conclu entre vôtre Majetté & le préfent Empereur, qu'ils renoncerent à ce prétexte, pour infifter fur l'Article, dont vos Communes fe plaignent aujourd'hui, & que l'Ambaffadeur de vôtre Majefté accorda, quoi qu'il n'eût aucun raport à la Succeffion, où à la Barriere, & que ce Miniftre lui-même se fût départi pour cette raifon de quelques Articles qui auroient été avantageux à fa Patrie.

Nous nous fommes abftenus de fatiguer vôtre Majefté, par des Remarques générales fur ce Traité, en ce qui concerne l'Empire, & les autres Etats de l'Europe. Nous avons feulement pris la liberté de vous expofer les maux qui en

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refultent à la Grande-Bretagne. Comme ils font de la derniere évidence & très confiderables & que le Vi-Comte de Townshend n'avoit aucun ordre ni autorité pour conclure divers de ces Articles, qui font le plus de tout aux Sujets de vôtre Majefté, nous avons cru que le moins que nous puiffions faire, étoit de déclarer vôtre dit Ambassadeur, qui a négocié & figné cc Traité, de même que tous les autres qui en ont confeillé la Ratification, Ennemis de vôtre Majesté & de ce Royau

me.

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Sur ces fidelles Avis & Informations de vos Communes nous nous promettons que vôtre Majefté, par la tendreffe qu'elle a pour fon Peuple, le garantira de ces malheurs, auxquels les Confeils de Gens mal-intentionnez l'ont exposé, & qu'en vôtre grande Sagelle Vous trouverez quelques moiens d'expliquer & de corriger divers Articles de ce Traité, & for te qu'ils puiffent compatir avec l'Interêt de la Grande-Bretagne, & avec une Ami tié fincere & durable entre vôtre Majefté & les Etats Généraux.

EX

EXTRAIT

Du Regiftre des Réfolutions de Leurs
Hautes Puiffances les Seigneurs
Etats Généraux des Provin-
ces-Unies des Païs-Bas.

Le Vendredi 1. Avril 1712.

Meffieurs de Brockhuyfen, & les au

Deputez de L. H. P. pour les affaires Etrangeres, en conféquence de la Refolution Commifforiale du 12. du mois paffé, ayant examiné conjointement avec quelques Sieurs Deputez du Confeil d'Etat, la Lettre du Sr. van Borffele Envoyé Extraordinaire de Leurs Hautes Puiffance à la Cour de Sa Majefté la Reine de la Grande-Bretagne, écrite le 8. du même mois, donnant avis des Refolutions prifes par la Chambre des Communes du Parlement de la Grande-Bretagne, pour continuer aux Pais-Bas, dans cette année 1712. premièrement les quarante mille hommes y envoyez par Sa Majefté, au commencement de la Guerre, fecondement les dix mille hommes d'augmentation dont on eft convenu en 1703.

&

& en troifiéme lieu les quinze mille cent feptante huit hommes, qui ont été engagez dans le fervice de Sa Majefté, depuis l'an 1703. mais ces derniers fous condition que l'Etat contribueroit de fa part autant de Troupes contre lesdits 15178. hommes que porte la proportion de trois contre deux; ont fait raport à l'Affemblée, que dans le temps qu'ils examinoient ladite Lettre, ils ont apris, que le Sr. Comte de Straffort, Ambaffadeur Extraordinaire & Plénipotentiaire de Sadité Majefté, avoit infinué à quelquesuns le jour avant fon départ pour Utrecht, qui fût lundi dernier, qu'il avoit reçû ordre par le Sieur de St. Jean, Secretaire d'Etat, de déclarer à Leurs Hautes Puiffances qu'elles devroient remplir leur quote-part de trois cinquiémes contre lefdits 15178. hommes; ou qu'autres ment Sa Majefté en licençieroit autant qu'il faudroit, pour faire juftement deux cinquiémes contre trois cinquièmes, par proportion au nombre de Troupes que Ï'Etat fournit aux Païs-Bas contre lesdits 15178. hommes; Que cette infinuation étoit fondée fur la fuppofition que l'Etat, au commencement de la Guerre, auroit

con

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