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plupart, soit dans leurs principes, soit dans leurs conséquences, se lioient intimement avec le dogme.

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Nous sera-t-il permis de le dire? Ah! du moins ces aveux libres et hardis soulageront la douleur qui nous presse. On fut consterné de voir les plus chers intérêts de l'église abandonnés à des hommes dont plusieurs se faisoient un jeu de les mépriser, une gloire de les enfreindre.

La constitution appellée civile du clergé fut le pénible et monstrueux enfantement de ce tribunal. On accusoit des prêtres d'en être les auteurs: ce qu'il y a de certain, c'est que bien loin de repousser ce soupçon, comme un outrage fait à leur foi, des prêtres en sont devenus les avocats et les propagateurs. Ainsi, notre réforme a eu ses Cranmer, comme ses Cromwell; voilà donc un rapport de plus avec les hérésies qui ont affligé l'église dans les derniers siècles. La postérité saura que parmi nous le promoteur le plus ardent de ces décrets oppressifs qui nous tiennent sous le joug, a été l'élève des bienfaits du clergé.

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Le sanctuaire ne fut plus surpris, il ne fut qu'indigné d'une prétendue régé

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1.

nération, attaquant à la fois le ministère et les ministres, l'un par la spoliation de tous ses droits, les autres par les jeux cruels de la satyre, ou par le fer des assassins; appellant dans nos temples le désordre et l'anarchie qu'elle avoit portés dans le cœur de l'état; masquant sous le voile de la tolérance l'indifférence de toute religion; mais réservant toutes ses prédilections à l'hérésie; enchaînant aux caprices populaires le sacerdoce et ses fonctions, le choix des ministres et le nombre des pasteurs, déposant ceux-ci, attribuant à ceuxlà des droits que nos canons abrogent dans leurs mains, anéantissant l'épiscopat qu'il laisse écrasé sous les ruines de la hiérarchie, proscrivant les engagemens les plus saints et les plus respectés dans la religion. Delà, une discipline inɔonnue jusqu'ici, ailleurs dans les temples de Luther et de Calvin, séparant par le fait l'église gallicane d'avec l'église mère et maîtresse de toutes les autres, comme parle toute l'antiquité catholique, et ne laissant à l'unité qu'un vain nom. Delà ces allégations artificieuses, ces textes falsifiés sans pudeur, ces mensonges faits à l'histoire et à la conscience de leurs

que

propres écrivains, des calomnies de toutes sortes, étalées au milieu d'un sénat auguste où la bonne foi, si elle étoit bannie du reste de la terre, eût dû trouver son dernier asyle, s'appropriant ce concert de témoignages réservés, ce semble, aux vérités les mieux établies, filtrant jusques dans ces décrets, dont une rigoureuse impartialité devroit faire l'unique caractère; delà enfin cette prétendue constitution, contre laquelle n'a point cessé de réclamer la très-grande majorité du clergé de France, que l'hérésie seule favorise, parce qu'elle est son ou-' vrage; que le faux patriotisme du jour adopte avec délire, parce qu'il y voit un esprit républicain propre à justifier ses révoltes, que l'impiété philosophique propagera, parce qu'elle est à ses yeux, en quelque sorte, une pomme de discorde jettée dans le sanctuaire. Or, n'y a-t-il pas la plus insultante dérision à nous donner toujours pour ecclésiastique un comité où l'église et ses loix ne se montrent que pour être violées sans pudeur. N'est-ce point là ressembler à ces usurpateurs qui ne pouvant s'assurer par eux-mêmes aucun droit à 'obéissance, commandent despotiquement

sous le nom du prince qui n'est plus? Et de
quel nom veut-elle donc qu'on l'appelle cette
constitution qui n'est ni ecclésiastique de
son aveu, ni civile
ni civile; comme les faits le
prouvent invinciblement ?

Et cependant c'étoit au nom de la discipline primitive que ces hardis novateurs bouleversoient le sanctuaire; comme c'étoit au nom d'un Dieu de paix qu'ils nous avoient invités à tendre la gorge au couteau apprêté contre nous. C'étoit au nom de Jésus Christ qu'ils avoient déclaré la guerre à Jésus-Christ. perfide paix ! perfide amitié! elle est pire que la haine, si ce n'est qu'elle n'en a pas le courage. Nous n'en sommes pas étonnés. « Dans tous les tems il s'est trouvé des Constance, des Valens, des Anastase, qui ont affligé l'église sous l'apparence d'un christianisme trompeur; et nous attendons à la fin des siècles quelque chose de plus séduisant encore (1).>>

Le démon, à force d'être vaincu par l'église, s'est appris à s'avancer au combat avec plus de conseil et d'artifice. Et voilà

(1) Bossuet, instr. past. sur les promesses.

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bien le caractère propre à tous les novateurs : on essaie, on réussira même à ôter aux peuples l'idée de son innovation odieuse, en masquant ses dogmes sous l'expression et la figure de dogmes anciens. Hélas! c'étoit pour ces jours de deuil où nous sommes tombés, qu'avoient été proférées ces paroles d'un illustre évêque confesseur, martyr de cette même foi, le dernier, mais aussi le plus riche bien qui nous reste. « Ce que nous avons à redouter, disoit saint Cyprien aux fidèles de son tems, ce n'est pas seulement la persécution, ce ne sont plus les entreprises que l'on fait à découvert pour abattre et pour perdre les serviteurs de Dieu. La défiance est naturelle quand le danger est manifeste. On se tient prêt pour le combat quand l'ennemi se déclare; mais lorsqu'il se glisse en rempant, lorsqu'il déguise sa marche tortueuse, qu'il s'avance sur la foi de la paix, c'est alors qu'il faut craindre et se tenir sur ses gardes. Et voilà comme il a su tromper nos pères dès l'origine du monde; voilà comme par ses hypocrites douceurs il a surpris des ames simples et crédules.... Vaincu, écrasé sous les ruines du paganisme, il se

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