Page images
PDF
EPUB
[ocr errors][ocr errors]

que cette somme serve annuellement à l'établis fement d'un bureau fur chaque place de fiacre pour faire partir les cochers, & recevoir le prix des courses, comme cela se pratique au paffage de l'eau. Un pareil établissement empêcherbit ces mêmes cochers de voler l'argent de leurs mai-) tres, de s'enivrer , & de se disputer avec les para ticuliers qui les emploient.

D'après l'ordonnance de l'impératrice-reine qui autorise ses sujets de Hongrie dont l'émission des • vxux a été faite avant 24 ans à fortir de leursi

couvens fans même payer aucune contribution: en forme de dédommagement, on s'attend ici à: une disposition à-peu-près pareille. Le clergé ce. pendant a représenté à S. M. que l'édit de 1768, qui promet une nouvelle Joi'à ce sujet au bout: de 6 ans,a déjà diminué considérablement le noma bre des professions religieuses, en fixant pour celles des hommes l'âge de 21 ans, aulieu de 18, & pour les filles celui de 18 aulieu de 16, de forte qu'il y a lieu de craindre que les couvens ne deviennent enrierement déserts si ce terme est en-. core augmenté de 3 ans pour les deux sexes. La nouvelle loi nous apprendra fi le législateur at eu égard à ces représentations.

Un mariage proposé vient d'être rompu pari une circonstance affez extraordinaire. Un seigneur ayoit donné la parole d'épouser une demoiselle de pareille condition , & que l'on croyoit d'au-i tant plus fille unique, que, depuis la naifiance, sa mere vit dans un couvent, très-séparée de son ‘mari. Mais au moment qu'on alloit prendre les derniers engagemens, la famille du seigneur fuu tùr époux alla prévenir le pere de la demoiselle qu'elle venoit d'avoir des preuves évidentes que, suivant les registres de baptême d'une paroisse de Paris, il y a eu deux garçons baptisés sous lon nom comme enfans légrimes cadets de Sal

[ocr errors]

Alle, & qu'ainsi le mariage proposé ne pouvon avoir lieu. Le pere proteita qu'il n'avoit jamais entendu parler de ces prétendus garçons, & fe háca d'écrire à sa femme pour lui demander fi elie en avoit connouisance. Eile n'a pas manqué de lui répondre que non; cependant on ne l'a pas crue, & on a rompu ablolument, quoique, le pere

de la fille ait offert de dénaturer ion bien pour le faire pailer entierement à la fille.

Une autre jeune demoiselle, destinée par la mere à épouser un jeune homme qu'elle aimoit crut voir son attente trompée par l'arrivée de fon pere, qui étoit un marin franc & brusque. Celui-ci arrive avec un de ses camarades auquel il avoit promis aussi la fille ; & en le présentant, il lui dit : Tu as 20 ans, il te faut un mari, en voici un que tu épouseras mardi prochain, parce qu'il faut que nous repartions ensemble jeudi. Le ton impétueux de ce bon pere jetta la consternation dans toute la famille, qui se crut obligée d'obéir. Le jour de la cérémonie arrivé, les futurs vont à l'église; l'amoureux étoit dans un coin à pleurer. Le curé demande à la jeune personne di elle veut un tel pour époux. La pauvre fille tremblante , au lieu de dire oui, dit naïves, ment : M. le curé, j'aimerois niet l'autre. Le pere accourt tout en colere, & demande quel eft cet autre. On le nomme. est-il ? Il eft . Le pere va à lui, le prend brusquement par la main, & il confent qu'ils se marient ensemble. Le futur éconduit se pique de générosité, fait son présent à la mariée , & part tout de suite avec son prétendu beau-pere, qui n'eut que le tems de souhaiter du bonheur à ses enfans. Ce souhait a été accompli.

Le marquis de Marigny, frere de feu la mare quise de Pompadour, vient de se séparer de fa femme, sans qu'on en dise la raison. En lui ac

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][merged small]

cordant la liberté de vivre comme elle voudra, il la gratifie d'une pension de 30000 liv., & d'un mobilier immense.

On afsure que le projet d'une nouvelle troupe de comédiens est définitivement adopté. Le grand obftacle qui s'opposoit à ce que la nouvelle salle fût établie au temple, c'eft que la police de ce fpe&acle n'auroit pu se faire comme celle des autres, à cause des privileges attachés au territoire du temple, sur lequel cette falle devoit être affife; mais ń. Belanget, premier architecte de Mgr. le comte d'Artois, vient de présenter un nouveau projet sur un terrein qui ne sera séparé de celui du temple que par une arcade servant de communication pour le prince. Mgr. le comte d'Artois achete të terrein, & donne so mille écus. On se réserverá deux parts entieres pour servir à rembourser les avances, qu'on estime à 600 mille livres. On fera une loterie des loges à l'année, & les gentilshommes de la cham. ibre auront l'administration de ce nouveau spectacle, qu'ils formeront d'une nouvelle troupe tout-à-fait distincte de celles qui subfiftent, & ils lui donneront dés Itatuts & des réglemens tout-à-fait différens.

On dit qu'un habile chymiste vient de trouver le secret du feu grégeois, qu'on avoir perdu. Le feu grégeois, comme on sçait , eft un feu qui brûle dans l'eau, & qui confume fans remede tout ce qu'il touche. Un nommé Dupré sous le feu roi, poffédoit aussi ce secret ; & quoique Louis XV fQr alors dans les embarras d'une guerre funeste, il ne voulut pas en profiter , & récontpensa l'auteur , qui mourut fans le communiquer à personne. Toute la France a été inftruité de l'anecdote suivante : sous Louis XIV; on chymiste romain, nommé Paoli, avoit dé convert de même une composition terrible, dix Septembre. 2e. quinz. 1777

С

em

fois plus destructive que la poudre à canon. H vint en France en 1702; le monarque , qui aimoic les découvertes de chymie , eut la curiosité de voir l'effet de la nouvelle composition; il en fit faire l'expérience sous ses yeux. Paoli ne manqua pas de lui faire remarquer les avantages qu'on en pourroit tirer en tems de guerre, & la supériorité qu'ils nous donneroient infailliblement sur nos ennemis. « Votre procédé eft ingénieux, lui dit le roi, l'expérience en est terrible & surprenante; mais les moyens de deftru&ion, ployés à la guerre, font suffisans : je vous défends de publier celui-là; contribuez plutôt à en faire perdre la mémoire, c'est un service à rendre à l'humanité ». Ce fut fous cette condition que ce monarque accorda une récompense digne de lui au chymiste. Après ces deux exemples, on est fondé à croire que le nouveau chymiste ne cherchera pas à rendre public un sem cret si abhorré.

On a découvert depuis peu de tems un tel qui ne paroît que trois mois de l'année , le matin, aux environs d'un petit village du Piémont; les animaux y vont lécher la terre avec avidité, s'y guérissent, ou se conservent en état de santé. Plus lieurs 'expériences ont fait reconnoître ce fel pour un purgatif certain & très-doux, se fondant aisément dans l'eau pure, dans laquelle on le prend ordinairement; il ne laisse aucun goût, ne cause ni rapport, ni cranchées, ni coliques, ni irritation, comme les sels anciennement connus. Il a été approuvé par la commission royale de médecine. L'entrepôt est à Paris, chez le Sr. Pierre Bruna de St. Joseph, à l'hôtel de Conti, rue des Poulies.

Deux ouvriers étant descendus le 16 Août, dans une foffe d'aisance d'un particulier de St. Denys, le trouverent suffoqués par la vapeur qui

[ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors][ocr errors]

s'en éleva. Aux cris qu'ils jetterent, deux de leurs afsociés volerent à leur secours, & les retirerent assez à cems pour qu'on pût leur administrer des remedes qui les rappellerent à la vie. Malgré l'exemple de ce malheur, les deux libérateurs eurent la témérité de redescendre dans la foffe ; mais ils en furent les victimes , & périrent en 4 minutes, sans que les secours les plus prompts pussent les fauver.

Les auteurs du Journal de Paris , qui rapportent ce trait , proposent des moyens de prémunir les ouvriers contre les accidens auxquels leurs professions les exposent. Il est vrai, dilentils, que le peuple ne lit pas; mais les curés pourroient, de tems en tems, avant ou après le prône, indiquer les moyens propres à éviter tel ou tel danger. Une religion fondée sur l'amour du prochain, ne peut que consacrer une instruction dont le but est de conserver la vie aux hommes. En conséquence, il faudroit à l'approche des vendanges, par exemple, parler du risque d'entrer imprudemment dans un fellier trop resserré, de descendre de même dans la cuve pour y fouler les raisins, & en même tems indiquer la maniere de s'assurer s'il y a ou non du danger. Elle consiste à y porter une ch.0delle ou une lampe; fi la lumiere s'éteint, on sera suffoqué. Alors il faut attendre, ou établir un courant d'air capable de renouveller l'air méphitique qui y regne. Il en est de même des fosses d'aisance, surtout de celles des maisons occupées par des blanchisseuses; loc{qu'on a à ous yrir de ces foffes suspectes, il est, auparavant, prudent d'y jecter une mesure de chaux ; ce procédé ingénieux est dû à M. P., envers qui les sciences ont contra&té beaucoup d'obligations. Și on a négligé cette précaution, il faut recourir à celle de prendre une botte de foin très-sec

[ocr errors][ocr errors][merged small]
« PreviousContinue »