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queftions, a qu'on les retire, Monfieur, dit-il au capitaine, ou votre vaiffeau va fauter dans quelques heures ». Il apprit alors à M. Parker qu'on avoit renfermé dans l'un des barils une efpece de pendule qui au bout de trois heures devoit produite l'effet d'un briquet, & mettre le feu à la poudre. On ouvrit le baril qu'il défignoit, & l'on y trouva effectivement cette curieufe piece de mécaniqué.

Extrait d'une lettre de Galloway en Ecoffe, du 24 Juillet.

Nous ne voyons dans nos parages que des pavillons américains; aucun de nos navires n'ofe mettre en mer, & nos fages miniftres ne nous en◄ voient que des fecours inutiles. Un gros vaiffeau de ligne qui croife à la hauteur de nos côtes, ne peut nous étre d'aucun fervice; autant vaudroit-il mettre un boeuf à la pourfuite d'un lievre dans T'espoir que celui-ci feroit dévancé par l'autre.

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Il y a huit jours que nous fumes allarmés par des volées de canon qui durerent pendant plus de huit heures, & nous venons d'en apprendre le fujet deux corvettes de S. M. & une lettre demarque, appartenant à des négocians de Liverpool, étoient aux prises avec un corfaire américain. Celui-ci, quoiqu'il ne fût monté que de ao canons, coula les deux corvettes à fond, & l'autre vaiffeau fut obligé de s'éloigner à force de voiles.

HOLLANDE.

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LA-HAYE (le 4 Août. ) Jamais il n'y eut plus d'ap parence d'une rupture prochaine entre la France & l'An. gleterre. Suivant plufieurs lettres de Paris, le vicomte Stormont, ambaffadeur de cette derniere puiffance, a délaré hautement au comte de Vergennes, miniftre des

affaires étrangeres, que le roi, fon maître, étoit trèss mécontent de l'efpece de protection que la France fem--bloit accorder aux Américains. Dans l'audience que ce lord eur enfuite de SM. T. Chr.,il renouvella les mêmes plaintes. Les uns difent qu'il a reçu l'afurance qu'il feroit défendu aux négocians françois de fournir aucune ef pece de fecours aux infurgens, & que les vaiffeaux américains ne pourroient refter à l'avenir plus de 24 heures dans les ports de France. D'autres affurent que S. M. T. Chr. a répondu qu'elle avoit réfolu de maintenir l'honneur de fon pavillon, & de défendre la liberté & le commerce de fes fujets; que fes ports ne feroient fermés qu'à fes ennemis, mais qu'ils feroient toujours ouverts aux nations dont elle n'avoit aucun fujet de fe plaindre; que d'ailleurs,S. M. n'aimoit ni ne defiroit la guerre,mais qu'elle ne la craignoit point. Ces lettres ajoutent que le même ambaffadeur avoit demandé que l'on ceflat d'armer'dans les ports de France, & qu'on croyoit qu'un confeil qui s'étoit tenu à Versailles, avoit eu pour objet la ré ponfe qui feroit faite au lord Stormont.

Les avis de Toulon portent que des ordres de la cour qui ne font peut-être que des précautions, portent, 1o. de vifiter toutes les batteries donnant fur la mer, pour les inettre en état de défense; 2°. de mettre deux nouvelles frégates de 30 canons de 12 fur le chantier. Elles fe ront à l'entreprife, & non à la journée du roi. L'une s'appellera la Magicienne, & l'autre la Précieufe; 3°. de mettre en radoub le vaiffeau la Bourgogne.

Ces avis ajoutent que les vaiffeaux le Céfar, commandé par M. de Barras; le Hardi, par M. Treffemanes, & la Mignone par M. d'Entrecafteaux, font partis de Toulon, fans qu'on fçache leur deftination; après un mois de campagne, ils doivent, dit on, rentrer dans ce port, & deux autres vaiffeaux avec une frégate prendront la méme route.

Suivant une lettre de Douai, il y a ordre de conduire de cette ville à. Dunkerque 185 pieces d'artillerie, dont 60 pieces de fiege. D'autres avis portent qu'un bataillon du régiment d'artillerie de Metz doit fe rendre à St. Malo, où il fera joint par des détachemens de 60 hommes de chaque régiment du corps royal de l'artillerie. Quand ces nouvelles feroient fondées, on ne regarde ces mouvemens que comme des précautions devenues néceffaires dans les circonftances aduelles, & non comme le fignal d'une guerre que la fageffe de S. M. T. Chr. cherchera toujours à éloigner de fes états.

On apprend que le marquis de la Fayette a débarqué ca

Amérique, près de la Providence, & qu'il a été accueilli avec tout l'enthousiasme que devoit naturellement infpirer fon généreux dévouement. Il a déjà levé un corps de 300 hommes, dont la plupart font François. Quelques lettres affurent que le congrès lui a accordé deux régimens, l'un d'infanterie, & l'autre de cavalerie.

Les papiers publics anglois rapportent la lettre fuivante que l'on fait écrire par le général Howe au miniftre chargé du département de l'Amérique.

MYLORD,

Celle-ci eft pour vous faire fçavoir que j'ai fait passer l'armée dans les Jerfeys; j'ai été moi-même, reconnoûre Pennemi; mais voyant que l'armée n'étoit composée que d'une canaille déguenillée, & prefque mourant de faim, commandée par l'archi-poltron Washington, j'ai cru qu'en l'attaquant, je dérogerois à l'honneur du nom anglois. En effet, étoit-il digne d'un général comme moi, étoit-il digne de mes braves vétérans d'aller fe mefurer à de pareils gre dins? ADieu ne plaife! Enconféquence,je me fuis retiré vers New-Yorck pour m'y délaffer de la fatigue de mon voya ge, & me défaire des maux de cœur & des naufées que m'a caufés le fpectacle dégoûtant de ces bélitres. Je laisse à la pros vidence, comme dit notre bon roi, le foin de les réduire & je me tiendrai coi dans New-Yorck pour y attendre cet événement qui ne peut tarder.

Les chofes étant ainsi, je ne doute pas que S. M. n'approuve ma conduite; & je vous prie, Mylord, de bien appuyer fur l'égard fingulier que j'ai pour l'honneur & la re putation de fes armes. Adieu, Mylord, je me flatte que j'aurai du moins votre approbation; je fais ici la guerre, à peu près comme votre Seigneurie la fut aux plaines de Minden.

Monfrere fe propofoit de vous écrire par la même occafion; mais n'ayant rien à vous dire, ce fera pour une auire fois.

Extrait d'une lettre de Dunkerque, le 22 Juillet.

Le capitaine Cunningham a mis à la voile le 17 de ce mois, à 6 heures & demie du foir, au moment qu'on s'y attendoit le moins, avec le gros armateur qu'il a équipé, dans ce port: il faifoit route au nord. Notre amirauté s'étoit emparée, par ordre de la cour de fes voiles & de fon gouvernail; mais ils lui ont été rendus peu avant fon départ. On affure que 12 à 13 petites frégates ou cótiers croi fent entre Calais & la cote de Zélanie, pour le guetter & l'attaquer. Le jour fuivant, il eft venu à la rade de ceua vile

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le une frégate du roi de 36 canons qu'on dit devoir s'y` te nir pour en protéger la libre entrée contre toutes tentatives de la part de l'étranger.

On a appris depuis que ce corfaire s'eft emparé de 3 vaiffeaux marchands fur la côte de Norfolk,

NAISSANCE.

La princeffe héréditaire de Heffe - Caffel, comteffe. régnante de Hanau, eft accouchée d'un fils, le 28 Juillet.

MORTS.

L'abbé due de Biron, pair de France, chanoine-honoraire de l'églife de Paris, ancien abbé commendataire des abbayes royales de Moyffac, féculiere, diocefe de Cahors, & de Cardouin, ordre de Citeaux, diocefe de Sarlat, eft mort à Paris en fon hôtel, le 20 Juillet, dans fa 85e. année,

Charles le Bas, chevalier comte du Pleffis- Praflin fous doyen des confeillers du roi, honoraire au parlement de Paris, eft mort en fon château du Pleffis-Praflin, près Bray-fur Seine, le 15 Juillet, dans fa 83e. année.

Alexis-Magdeleine, comteffe de Vaffinhac-Imecourt abbeffe de l'abbaye de Juvigny dans le Clermontois, ordre de St. Benoît, archevêché de Treves, eft morte le 17 Juillet, âgée de 91 ans. Elle avoit fait l'émiffion de fes vœux le 14 Septembre 1703, & avoit été élue abbeffe le 18 Janvier 1711. Louife-Victoire, fa fœur, élue coadjutrice depuis le 26 Octobre 1772, vient de lui fuccéder

de

Le Sr. Faucheux pere, demeurant à Marle, près l'hôtel de ville, eft poffeffeur d'un remede au moyen duquel il guérit lès perfonnes attaquées de chancres, de cancers la fiftule lacrymale provenant de la petite vérole, des humeurs chancrenfes, & même des humeurs froides, pourvu qu'elles ne foient pas trop anciennes. Il ne demande aucun paiement qu'après la guérifon parfaite, & traite les pauvres gratuitement. Les perfonnes qui voudroni lui accorder leur confiance, for priées d'affranchir le port de leurs Lettres.

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Il s'eft gliffé une faute typographique dans quelques exemplaires du dernier journal. A la pag. 48, lig, 12, au lieu d'adjudant, lifez avocat,

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