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Howe & Washington: celui-ci s'étant joint au général Putnam, a atraqué le premier , soutenu par les troupes du lord Cornwallis ; le combat fut long & opiniâtre ; mais enfin les royalistes abandonnerent le champ de bataille avec perte de 3000 hommes, tant tués que blessés ou prifonniers.

Le général Washington poursuivit l'ennemi;& dans une seconde affaire, il a presque taillé en pieces les forces combinées des deux généraux anglois. Le lord Cornwallis s'est retiré jusqu'à Elisa. beth-Town, à 10 milles de New-Yorck , & n'a pas trouvé un seul royaliste dans cetre ville.

Une autre gazette imprimée ici vient à l'appui, & s'exprime ainsi.

Un de nos correspondans, dont la bonne foi ne peut être fufpecte, étoit à Liverpool, il y a 8 jours, lorsque le Pôle vint y mouiller , après un passage de 24 jours de New-Yorok én Europe. Notre correspondant se transporta à bord de ce bâtiment, & voici ce qu'il tient du capitaine, & des gens de l'équipage ».

« Le jour même que le Póle appareilla de NewYorck, le général ayant reçu un échec considérable dans le Jersey's, avoit été contraint d'en sortir avec précipitation, après avoir mis le feu à Brunswick, & autres postes occupés par ses troue pes. L'armée se rembarqua avec la plus grande précipitation, tandis que l'on fortifioit NewYorck, que l'on craignoit que Washington n'attaquâ. On peut , continue le gazettier, conclure tout au moins de ce rapport, que les Américains ont remporté quelqu'avantage considéra

Enfin, plusieurs négocians de cette capitale ont reçu des lettres de l'Amérique, dont voici la substance.

« Le lord Cornwallis a certainement été bat

ble ».

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tu par Washington, qui lui a tué, pris ou bleflé 1200 hommes. Cet échec l'a contraint à se rapprocher du général Howe, qui , craignant le même fort, s'eft replié sur New-Yorck, dans le deffein , dit-on, de s'y fortifier, en attendant que quelqu'occasion plus favorable se présente heureux

pour

le moment de se tenir sur la déo fensive ».

« Les habitans de cette ville font en proie à de nouvelles allarmes ; on a essayé 11 fois d'y mertre le feu ; 30 des incendiaires sont arrêrés , & détenus dan les prisons; mais comme il y a lieu de croire que le nombre de leurs complices est beaucoup plus considérable , les bourgeois sont nuit & jour , sous les armes, & l'on a multiplié les patrouilles ».

« Dans le Canada , les royalistes n'ont pas été beaucoup plus heureux · Arnold a déconcerré les projets de Burgoyne; & la conduite que le général ainéricain a tenue dans cette occaliony prouve que cet officier n'est pas moins expéri-menté que brave ».

Le ministere a reçu, il y a quelques jours, de: nouvelles dépêches de l'Amériqué en date du 17 Juin, il n'en à rien fait publier ; mais nos gazettiers prétendent sçavoir, que ces dépêches portent: que le général Arnold a défait un gros décachement que le général Burgoyne avoit envoyé en avant pour attaquer Ticondcrago ; que les général Howe , ayant reçu certè tâcheuse nouvelle, fit embarquer à la hâte 6000 hommes, dang: la vue de causer une diversion qui pů: faciliter la retraite du général Burgoyne, mais que Waf. bington, inftruit de son intention, diipola son ar mée pour livrer batai'le au lord Cornwallis; que: cette manquvre du général américain obligea le: général Howe ,.à.rappeller les troupes , & à feu mpprocher de Brankwick, afin d'être plus a por

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tée de foutenir le lord Cornwallis ; que les cho. ses en resterent là, Washington n'ayant eu pour le moment d'autre objet que celui d'empêcher le général Howe de faire passer à Burgoyne les. renforts qu'il fui destinoit; qu'en un mot cette manæuvre uyan't réussi, les troupes américaines étoient retournées tranquillement à Boun-Brook.

Tous ces articles, loin d'éclaircir les doutes, ne font qu'en répandre de nouveaux sur tout ce qui se paile en Amérique. Une nouvelle plus certaine est la prise de la frégate de guerre le Fox (le Renard ) par l'armateur américain le Hancock. Un bâtinent arrivé de Terre-Neuve à Pool, en avoir donné le premier avis, qui vient d'être confirmé par une lettre du capitaine Johnson, commandant le navire le Lytileton, qui alloit de Londres à New-Yorck avec une cargaison confiftant en une grande quarcité d'habits pour l'armée royalé, en un certain nombre de fusils & en 6 pieces de campagne. Dans sa Lutre, datée à bord du Hancock fur les bancs de Terre.. Neuve le 7 Juin, M. Johnson dit, « qu'il est fàché d'annoncer que le 29 Mai, étant seulement à la distance de 24 ditues de la Nouvelle-Yorck, fon vaifeau avoit été pris par deux frégates américaines, appellées l'une le Hancoik, de 32 canons l'autre le Bojlon, de 30, que le jour mê... me, 7 Juin, la premiere de ces frégates américaines, à bord de laquelle il fe trouvoit, avoit attaqué la frégate du roi , le For, & l'avoit oblia. gée a se rendre, après un combat très-long & trèsepin atre que le Hancock ayoit été poursuivi. par an vaifleau de 64 canons mais qu'il lui avoit échappé, qu'au Tefte , les Américains era: wroient bien avec leurs prisonniers , & qu'il rea. gretroit frusement qu'on ne lui eût pas laiffé pren. dre fes havits avec lui». Le navire anglois a beauSoup fouffert dans l'action , ayant gerdu tous les

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mâts, & une centaine d'hommes de son équipage; avant que d'amener. C'étoit un des quatre vaisseaux de guerre stationnés sur les bancs de TerreNeuve, pour protéger la pêche ; les trois autres sont le Romney, de 50 canons, que mon. te le vice-amiral Montague; la frégate l'Adive , de 28 canons, & la chaloupe le Pegase.

Les premiers avis de cette prise portoient que la fregate le Fox avoit été attaquée à la fois par les deux armateurs américains, & qu'après s'être longtems défendue, elle s'étoit vue obligée de se rendre ; mais il paroît par la lettre d'un témoin oculaire qu'on vient de rapporter , que ce n'est qu'à une seule frégate du congrès , & non à la supériorité de deux que le For a été forcé de se rendre. On sçait d'ailleurs, par un ma. rin françois qui a été témoin de ce combat, que la frégate le Boston n'a pas tiré un eul coup de canon, & qu'elle a voulu laisser tout l'honneur de la victoire à la frégate le Hancock.

La nouvelle de cette prise a non-seulement beaucoup affccé le roi , qui manda d'abord le comte de Sandwich, premier commissaire de la marine; mais il paroît aussi, qu'elle a eu plus d'influence sur le peuple en général qu'aucun autre événement de la guerre. On est dans les plus vives alarmes pour la flotre marchande de Terte-Neuve, àrrendu que l'escadre de l'amiral Montague, qui a l'intendance de la pêche, n'est actuellement que de trois vaiiteaux, tandis que celle des Américains, sortie de Boston lę 25 Mai, consiste en deux frégates de 32 canons, & 206 hommes; 2 de 28 canons, & 180 hommes ; '8 de 20 canons & 160 hommes; i de 18 canons & 140 hommes ; 4 de 12 canons & 100 hommes ; 3 de 8 canons & 60 hommes ; failant en tout 21 vaifleaux, 388 canons, & 2912 hommes d'équipage. Cette flotte , a, dit-on, pour prin

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cipal but la deftru&ion de la pêche britannique à Terre-Neuve ; & l'on assure avoir même apo pris qu'elle tient l'escadre du roi bloquée dans 'un des ports de ces parages ; qu'elle a démoli les édifices destinés à sécher & à Taler la morue; qu'elle a enlevé 60 bâtimens employés à cette pêche, & que dans cette fâcheule position, M, Montague à envoyé un exprès au lord Howe pour lui demander un renfort de quelques vaisseaux. Le For eft le troisieme vaiiieau de force dont les Américains se font emparés depuis peu. Le brigantin, le Boscawen, de 18 canons fut pris le 11 Mai près de Nantucket, par l'armateur américain, la Fortune , cap. Simkins, de 22 canons, après un combat très vif de plus d'une heure, dans lequel le capitaine du brigantin fut bleifé, & son iieutenant tué. Le schooner du roi, le prince Guillaume, de 8 canons, como mandé par le Sr. Neale, eut le même sort le 2 Mai, ayant été pris par l'armateur l’Espion, de 12 canons, après un combat de trois heures. Ces vaisseaux ont été conduirs tous trois à Boston, dont le port fourmille d'armateurs , & de leurs prises.

I.e nombre de ces armateurs augmente tous les jours sur les côtes des trois royaumes. Ils ont encore enlevé treize bâtimens sur les cô. ces d'Ecotse, cinq au nord de l'Irlande , & ils ont répandu' l'alarme de tous côtés. L'amirauté a fait partir plusieurs vaifleaux de guerre, frégates & chaloupes pour leur donner la chal se, & en fait armer & équiper d'autres en diligence pour le même effet. En attendant, le commerce eft interrompu d'un port à l'autre. Le Drake , chaloupe de guerre, a ordre de croifer entre Harwick & Goerée pour la protection des paquebots entre la Hollande & l'Angleterre, & la presse vient de recommencer ici pour mettre

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