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tre du fecond rang auprès du roi & de la répu blique de Pologne, eft parti pour se rendre à Warfovie.

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Le grand-écuyer du fultan, qui, du plus vil emploi qu'il rempliffoit dans le ferrail, étoit parvenu fucceffivement à cette éminente dignité a été dépofé, & remplacé par le felictar de S. H. Il eft nommé gouverneur de Kutaya en Afie.

RUSSI E.

PETERSBOURG ( le 24 Juin. ) L'impératrice alla le 7 de ce mois au château d'Oferki, & fit l'honneur au prince Potemkin, fon aide-de-camp général, de dîner chez lui. S. M. I. vifita enTuite la manufacture de porcelaine, & témoigna au directeur combien elle étoit fatisfaite de ce nouvel établiffement. Pour célébrer ce jour où la manufacture avoit été honorée de la présence de fa fouveraine, tous les bâtimens qui la compofent furent illuminés.

Le 15, fête de la pentecôte ( vieux style), l'impératrice revint ici, & affifta à l'anniverfaire de l'érection des gardes d'Ifmaïlow,qui fut célébré au palais d'été avec la plus grande pompe. Après la cérémonie, S. M. retourna à CzarskoZelo.

Le 16, à 8 heures du matin, le roi de Suede arriva ici fous le nom de comte de Gothie ou Gothland, defcendit, & dîna à l'hôtel du baron de Nolcken, fon miniftre en cette cour: l'aprèsmidi, il fit une vifite au comte de Panin, premier miniftre, qui la lui rendit, & l'accompagna à Czarsko-Zelo. Le comte de Gothland fut introduit dans le cabinet de l'impératrice, fa parente, qui l'attendoit avec la plus vive impatience: l'arrivée du gran i-duc & de la grande-ducheffe rendit encore cette entrevue plus touchan

e. Le monarque foupa avec la famille imp., & revint ici à une heure du matin.

Le 17, l'impératrice pofa la premiere pierre d'une églife qu'elle fait conftruire à fa terre de Kekerekfino, à 7 werftes d'ici, en mémoire de la victoire de Tíchefmé, & qu'elle a dédiée à St. Jean-Baptifte. M. le comte de Gothland, quiaffifta à cette cérémonie, pofa la feconde pierre.

Le même jour 17, il fe tint une affemblée extraordinaire de l'académie impériale des fciences, dans laquelle M. Domaschnew, dirc&teur, lui notifia que le roi de Pologne avoit bien voulu être aggrégé au nombre des académiciens honoraires externes. M. Euler, faifant les fonctions de fecrétaire perpétuel, lut ensuite la lettre de ce monarque.

Le 21, l'impératrice partit de Czarsko-Zelo pour Pétershoff, où elle fe propofe de paffer tout l'été. S. M. 1., qu'accompagnoit le comte de Gothland, dîna en route à la maifon de campagne de fon grand-écuyer, le comte de Narischkin; à quelques werftes de-là, elle s'arrêta pour faire une vifite au comte de Tfchernifchew, vice-préfident du college de l'amirauté.

Le comte de Gothland, qui eft de retour ici, y a reçu la vifite de plufieurs grands de l'empire, & des miniftres étrangers: il examine tout ce que cette capitale offre de plus curieux. Hier 23, ce monarque affista à un féance de l'acadé mie des arts.

Il y a quelques jours que la grande-ducheffe traverfant une rue étroite de cette capitale, fon cocher eut la maladreffe de faire paffer fa voitu re fur le corps d'un jeune homme qui en fut dangereufement bleffé. Le cocher continuoit de pouf fer fes chevaux ; mais cette princeffe, avertie par les cris du peuple, lui ordonna d'arrêter, defcendit de fon carroffe, dans lequel elle fit placer le

jeune homme, le fuivit à pied, & ne le quitta qu'après avoir vu mettre le premier appareil. S. A. I. a fait depuis quelques vifites au malade qui eft prefque rétabli, & lui a affuré une pension viagere. « Les princes, a-t-elle dit, ne doivent point faire de malheureux; & s'il arrive qu'ils en faffent fans le fçavoir, ils doivent réparer le mal dès qu'ils en font inftruits ».

On a déjà eu occafion de remarquer que lorfque les traits de lumiere émanent du trône, ils fe propagent avec la plus grande rapidité. C'eft ainfi que l'efprit de bienfaifance qui caractérife le regne de l'impératrice,a paffé de fa cour dans la plupart des provinces de fon vafte empire, furtout depuis l'introduction de la nouvelle adminiftration. La maison générale d'économie & d'induftrie que S. M. I. a établie dans la province de Kaluga & Tula,a excité la reconnoiffance de plufieurs citoyens. Le Sr. Timothée Schemakin a cédé gratuitement à cet établiffement un belle maifon qu'il poffede à Kaluga,avec un grand terrein adjacent. Le marchand Antoine Chliaftin a donné mille roubles, & s'eft engagé à bâtir un hôpital dans la ville de Maffalsk, où il demeure. Le Sr. Gerafime Tfchernoy, auffi négociant à Kaluga, s'eft également offert à y faire conftruire un hôpital à ses frais.

Extrait d'une lettre de Smolensko, le 24 Avril,

Il y a quelques années qu'un noble de ce gouvernement, nommé le capitaine Jefimowitfch, qui avoit toujours bien vécu avec fa femme, & qui en avoit eu plufieurs enfans, s'approcha d'elle, & lui coupa la gorge avec un rafoir, fans avoir été provoqué par aucune caufe de haine ou de divifion. Le nouveau tribunal de ce duché vient de juger cette affaire par un ordre exprès de S. M. Imp. Les

juges fe font affemblés dans une falle tendue de noir, &, les portes de la falle d'audience ouvertes, ont prononcé leur fentence devant une nombreufe affemblée que la curiofité y avoit conduite. Après avoir lu les jugemens des tribunaux qui avoient déjà condamné le coupable, ainfi que les anciennes loix qui décernoient une peine capitale contre lui on a fait ledure du 26e. chapitre du nouveau réglement publié dans les provinces, ainfi que des avis des juges actuels: comme ilen réfut toit que le Sr. Jefimowitfch avoit commis le meurtre dans une abfence conftatée de raison, & furvenue au coupable à la fuite d'une maladie grave; que la raifon lui étant revenue depuis, il avoit éré pénétré de douleur & du repentir le plus vif, au point qu'il étoit plus digne de compaffion que de bláme, la fentence définitive qu'on a rendue porte qu'il aura fa grace, & qu'il fera remis entre les mains de l'évêque pour fubir la pénitence que ce prélat lui infligera. Auffi-tôt le Sr. Jefimowitfch fe profterna devant le portrait de l'impératrice, & marqua fa reconnoiffance à cette fouveraine auteur du nouveau code auquel il doit la vie, par des témoignages de fenfibilité fi expreffifs, que toute l'affemblée en parut extrêmement touchée.

SUED E.

STOCKHOLM (le 1er Juillet.) Un courier dépêché de Pétersbourg eft arrivé ici le 24 du mois dernier, avec la nouvelle que le roi y étoit arrivé le 16 à bord de la frégate le Séraphin.

Le roi, par un refcrit publié en 1775, avoit permis aux habitans de quelques cantons de la Finlande de fe partager entr'eux des friches, des communes, & même de vastes forêts. Le partage s'eft fait, mais inégalement les riches ont étendu leurs droits ou plutôt leurs prétentions en

raifon de leurs richeffes, & ont peu laiffé aux pauvres, par la raifon feule que la pauvreté doit céder le pas à l'opulence, & ne s'avifer jamais de marcher fon égale. Sur ce principe, les feigneurs des fiefs ont fait eux-mêmes leurs portions, & fe font adjugé de grandes étendues de terrein, furtout lorfqu'il s'eft agi d'entrer en partage des forêts. Les pauvres habitans des villages voyoient que leurs droits étoient léfés; mais ils ne penfoient pas à les foutenir, & n'ofoient prefque pas fe plaindre du tort manifefte qu'on leur faifoit. Cependant S. M. ayant été informée que la juftice n'avoit pas préfidé à l'opération, elle a déclaré par une nouvelle ordonnance, que les portions feroient égales, fans diftinction de feigneurs & de vaffaux, de nobles & de roturiers, de riches & de pauvres. Les terres ainfi partagées fupporteront les mêmes charges, foit qu'elles appartiennent à des perfonnes de diftinction, foit qu'elles appartiennent à des bourgeois ou à des payfans. Un article de la déclaration porte que tout terrein qui appartiendroit à quelque village, & qui à une époque marquée ne feroit pas mis en valeur, doit être cédé au village le plus voifin moyennant une légere fomme, pour l'achat du fonds. Si celui-ci refufe d'en faire l'acquifition, le terrein ne reftera pas inculte; il eft ftatué qu'on le vendra aux particuliers qui fe chargeront de le défricher,

S. M. a publié auffi, avant fon départ pour la Ruffie, un réglement tendant à ménager & à conferver les forêts qui, pendant l'anarchie fénatoriale, ont été considérablement détériorées...

Le duc de Sudermanie, qui tient les rênes du gouvernement en l'absence du roi, fe rendit dernierement à la maifon de force de cette capitale, & se fit rendre un compte exact des délits à la charge des malheureux qui y font détenus. S. A.

A $

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