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* été noyé, & les navires ont été brisés en monsceaux. On présume, par la manzuvre qu'ils ont faite, que l'équipage le croyoit éloigné de terre.

Le 3. de ce mois, le marquisat de Ruffec eń. Angoumois & fes environs ont été ravagés par l'ouragan le plus violent ; les arbres , & parti--culierement les noyers , cerisiers & châtaigners. ont été cassés ou arrachés ; leur chûte dans les champs & lur les chemins a tué des bæufs, & 1'on craint même que quelques hommes n'aient : péni par le même accident ; les bleds verlés, avec. peu d'espérance de les viir ie ie.ever , attendu: la continuation des pluies, les couvertures des.: maisons & des granges emportées, les bâtimens. mêmes endommagés, ont achevé la ruine de ce : pays. M. d'Aine intendant de la province a donné autii-tór les ordres néceilaires pour. parvenir à constater les perres, réparer les comImages autant qu'il i At poflibié, & rétablir les i communications inierceprées par la chûte des ar-bres.

La province de Bourbonnois,qui, dans les an. nées dernieres, a beaucoup fouitert de la grêle : & des vrages , vient d'éprouver un nouveau fléau: par des inondations fulies. Les eaux ont été si: abondantes qu'elles ont enievé les b.eds , & elke sabié les prairies le long de quelques rivieres & Tuilleaux; & qu'elles ont enporté piusieurs ponts. M. de Pont , intendant de la province , a pris les ; meiures pour rétablir les communications inter-Tompues..

Suivant les Isttres de Nancy, on vient d'y jouir d'un spectacle bien rare, offre par deux entons en faveur desquels la nature lemble avoir épuilé. tous ses dons. ies deux nurriilions dés mufes, dunt l'aîné est à é de 9 ans 8: demi , & le cadet de 7 ans , afirès avoir été cxaminés plusieurs 'fois sur différentes fcicnces par des Rialues de:

!

Märt, viennent de répondre dans une séance pur. blique de plus de 6 heures , sur les principes de: la religion, l'histoire fainte, l'histoire romaine, la mythologie, la géographie ... les langues françoi e & latine, les mathématiques & la musique,, dont ils ont exécuté plusieurs morceaux à livre: ouvert. Les applaudi:Temens des sçavans, qui interrompoient fouvent un spectacle aussi intéref. fanr, redoublerent encore, lorsque le plus jeune, après avoir montré des connoiisances supérieures sur le latin & les élémens des mathématiques, fic place à son frere,qui embrasla ces sciences dans -toate leur étendue , & répondit sur tous les objęcs proposés, avec une facilité surprenante. On argumenta avec cet enfant sur 10 principes auxquels il réduit toutes les regles de la langue la tine. Il avoit posé en these qu'au moyen de la nouvelle méthide, il mettroit en litin route efo. pece de phrase trançoite, & rendroit compte de toute phrase latine, ce qu'il a exécuté au point de ne luuler aucun doute à former sur la méchode , ni aucune abjection à lui faire. Ses réponfés sur les mathématiques ont excité dans l'ailemblée des tranports d'adınication dont on ne pour voit se défendre.

C:s ainabies enfans sont les fils de M. Warren, de ia branche catholique de l'ancienne maifon de Waren u'Irlande, écabie en Lorraine depuis près d'un siecic ; il a qaicté le lervice du grand--luc de foscane, où s n pere est mort chef de l'artill.ria & du génie , & a renoncé aux emplois diftigués qu'il était en droit d'espérer , pour s'occuper entiere nent de l'é lucacion de ses enfans.

La inima ville offie encore un prodige d'un autre genre. C'est une jeune demoiselle de 8 ans & dent, qui , après avoir lu & relu les fables de la Foacaina, ena composé plusieurs d'une niiveté.charmante. Ces.fables sont suivies d'un pes

une

tit trait de morale qui peint bien la candeur & l'ingénuité de l'aimable auteur.

Un vigneron de Saint-Leu-Taverny, vallée de Montmorency , rapporta chez lui, au commencement de ce mois, des champignons qu'il avoit ramassés dans le bois; quatre personnes de la maison où il demeuroit, quoique ayant déjà soupé, en mangerent avec lui; trois sont mortés quelques jours après, les deux autres étoient à toute extrémité le 7. Les animaux domestiques même qui n'avoient goûté que de la sauce, périrent le lendemain.

Antoine Caré, âgé de 86 ans & Marianne Hiraut, fa femme, agée de 76, unis depuis environ 30 ans, menerent, à Villers-Cotterets, conduite réguliere tant qu'ils vécurent du travail de leurs mains dans la médiocrité. Mais de puis environ 6 ans qu'ayant vendu à vie le peu de bien qu'ils possédoient, ils s'étoient fait ainsi un revenu annuel de 600 liv., ils buvoient régulierement 7 à 8 bouteilles de vin par jour lans compier l'eau-de-vie, ne mangeant que 4 livres de pain par semaine. Ces vieux ivrognes, qui n'avoient personne pour les garder, ni pour s'opposer à leur passion, ont failli caufer l'embrasement total du quartier qu'ils habitoient. Le 9 de ce mois, à 2 h. du matin, on s'apperçut que leur maison étoit en flammes. Les secours furent fi promptement administrés, qu'on parvint bientôt à arrêter le progrès du feu , & à l'éteindre encierement. On trouva Caré étouffé dans son lit, les jambes brûlées jusqu'aux os; on chercha vainement le corps de la femme; après toutes les perquisitions possibles dans les décombres on ne trouva qu'une partie des os du bassin, & la figure d'un poignet retréci à ne pouvoir le reconnoître. On observe que la calcination du

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cadavre de la femme s'eft faite avec une grande ra. pidité, puisqu'à 11 h. du soir, des voisins qui étoient encore à leur fenêtre,

n'avoient

apperçu aucune trace de feu. On conjecture que cette femme étant ivre sera tombée la tête dans le feu, dont elle a été așteinte avant son mari. Comme elle buvoit beaucoup d'eau-de-vie, les os ont été réduits en une espece de serre calcaire qui en a, accéléré la calcination. Cer exemplererrible prouve combien il seroit intéressant pour la fureté pablique, que la police veillât à la condui:e des gens de cette espece.

Le comté d'Etoges, près Vertus en Champagne, vient de goûter les délices d'une fête non moins intéressante pour les meurs que celle de la rosiere de Salency. Il la doit à la générosité de M. Clément de Feillet, conseiller honoraire en la grand'chambre du parlement de Paris. Ce magistrat, connu par ses vertus patriotiques, vient de rétablir dans tout son lustre une institucion que le tems & les circonstinces avoient comme ensevelie dans l'oubli; elle consiste en un prix qui se doit distribuer tous les airs,

le dimanche d'après la fête de St. Jean Baptiste, à la fille la plus vertueuse des paroisses de ce comté, qui vien nent chacune à leur tour tous les 4 ans. La récolte de trois arpens d'un pré, appellé le Pré des filles, dont la propriété est unie au domaine de la terre, fait annuellement l'objet de la récompense de la fagele de la fille que le seigneur. a choisre entre les trois sujets qui lui sont préfentés

par le curé de la paroiffe en tour, l'offcier principal, le syndic', & les quatre principaux habitans faillables, & dont ils ont fait l'élection en une asse:nblée tenue au presbytere du lieu le dimanche d'après la fête de St. Matthieu , l'année précédente.

La nommée Elizabeth Gaillet, de la paroisse de

Toulon, qui est en tour cette année avec celle de Ferebrianges, eft le sujet qui a mérité le choix du seigneur. En conséquence , le dimanche 29 Juin dernier , cette fille fut conduite à l'église de sa paroisse par dix filles vêtues de blanc , & oro nées de fleurs; elle se plaça sur le prie-dieu qui lui étoit préparé dans le chœur devant le lutrin; après les vêpres , elle fut conduite processionnel lement au pied de l'autel, où le représentant du feigneur avoit dépofé une couronne de rose , &z les autres joyaux de la cérémonie ; le célébrant les ayant bénis , & fait une courte exhortation, à la pratique des vertus chrétiennes, plaça la couronne sur la tête de la fille , en disant: Recevez la couronne que votre fageffe vous a méritée

eg puis le représentant du seigneur la décora d'un large ruban bleu céleste, au bas duquel étoit une médaille d'argent portant ces mots : Prix de faa. gelle, comté d'Ecoges , & sur le revers :-pré des

filles 3 arpens.,. en lui adressant ces paroles : Voir le titre du prix de votre sagere. La cérémonie étant.finie , on entonna le Te Deum ; ensuite la rosiere fut reconduite à son habitation par ses. compagnes, auxquelles seules elle offrir une collation frugale.

Cette fille est la premiere de celles du comté d'Ecoges qui ait été élue selon les regles que le parlement a approuvée par son arrêt du 8 Mai 1776; mais elle succede à neuf autres à chacune desquelles M. de Feiller a diftribué un prix de 100 liv., formant les arréreges des années écoulées de puis 1768, époque où ce citoyen bienfaisant fixa. la premiere échéance du prix qu'il établissoit en faveur des filles tages de la terre.

L'académie royale des inscriptions & belleslettres, dans fon assemblée du 8 Juillet , élut le baron de Ste. Croix, aflocié - libre-étrana ger, à la place vacante par le décès du prince

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