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fifter à la tentation de s'approprier une petite porcion de l'immense fortune de son pupille : it: fic au nom , & sous la signature du jeune lord, une obligation de 4000 guinées. La loi exige ici qu'un acte de cette espece foit souscrit par un réa moin qui déclare l'avoir vu figner par la partie contractante. Le docteur engagea un courtier à. remplir cette formule, sur sa parole, & l'argent fut délivré. Le lord, inftruit de son emprunt, a nié ; on a tout éclairci; Dodd, arrêté, a reconnu fa supposition; & suivant les loix, il a été condamné au gibet. La réputation de cet ecclésiastique, & les fondations utiles qu'il a sollicitées ont engagé plusieurs lords & la reine même à s'intéreller en fa faveur auprès du roi, mais S. M. a confirmé la sentence.

Le 27 de ce mois, elle a été exécutée de la maniere suivante. Le criminel, assis dans un care rosse rendu de noir, & lié, sans contrainte, de la.corde même qui devoit terminer ses jours, a traversé lentement la rue d'Oxford, escorté d'un petit nombre de Constables ( bourgeois , dont l'ua niforme, consiste dans un long bâton, peint & doré à moitié), & de quelques officiers des shéa rifs à cheval. Arrivé à Tyburn (lieu ordinaire du fupplice), il a quitté le carrofre pour monter dans une charrette , & celle-ci s'est arrêtée fous la traverse qui formoit la potence : l'exécuteur, qui, jusques-là, étoit reflé éloigné, s'eft approché, il a dénoué la corde , & l'a liée à la traverse, après l'avoir ajustée au cou du patient : çe dernier s'est entretenu avec le ministre, qui lui a rappellé son crime, & la nécessité de l'expier. Après un certain tems, le bourreau lui a couvert la fête d'un bonnet, qu'il a rabattu sur le visage jusqu'au menton : au signal qu'a fait le premier shérif, il a touché le cheval ; & la chas

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rette avançant, l'office de l'exécuteur s'est tron> yé rempli d'une maniere imperceptible. Après une heure de suspension, on a détaché le corps, qu'on a rendu aux parens. Sa mémoire & la tas mille ne sont point flétries , même dans l'opinion publique. Le frere da docteur Dodd a déjà fuccédé à fon bénéfice, sur la présentation du lord Chesterfield. ( Le fond de cet article eft em prunté du 6e, numéro des Annales politiques, cic viles & littéraires du 18e. fiecle, ouvrage pério dique , imprimé à Londres, & dont l'auteur et M. Linguer.)

Un soldat de l'armée américaine fut condamné, il y a quelque tems, à être fusillé. Cet infortuné, par ses épargnes , soit comme soldat, soit comme laboureur, avoit été, depuis plusieurs années, le seul soutien d'un pere & d'une mere trèsagés. Le général Washington, inftruit de la piété filiale de ce coupable, commua la peine, & le fit seulement challer du régiment. Si nous le fais fons mourir, dit le général , nous courrions rife que de tuer trois personnes, au lieu d'une.

L'extrait d'une lettre de Philadelphie, du 18 Mai, porte « que dans un conseil de guerre que le gén. Washington a tenu, & auquel plufieurs offia ciers étrangers ont allisté, il avoit été résolu de tenir ferme, & de donner bataille, dès que les forces britanniques en fourniroient l'occasion, en s'avançant dans le pays. Le général Washington, ajoute-i-on , s'est déterminé à ce parti , parce qu'il a actuellement une bonne armée , sur laquelle il croit pouvoir compter. En attendant, tous les prisonniers de guerre, gardés jusqu'à présent à Philadelphie & dans les environs, ont été envoyés, par ordre du congrès, sous une forte escorte, a Charles-Town, dans la Caroliwe méridionale »

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HOLLANDE.

LA-HAYE ( le 4 Juillet. ) On lic dans le supplément à la Gazette de Leyde No. 51, que « candis que l'ambassadeur britannique en France s'eft plaine de la rencontre entre des mâtelois de la narion & des Américains à Bordeaux l'on apprend que le marquis de Noailles , ambasadeur de S, M. T. C. à Londres, a demandé la reftitution de la frégate françoise, la Seine ; chargée de munitions de guesre, qu'un navire anglois a prise à la hauteur de la Martinique. Une 'frégate cette derniere nation a été fort maltraitée dans le même parage par un vaisseau de guerre françois en voulant s'emparer d'un bâtiment américain fous son canon.

Les gazectes d'Utrecht, numéros 49 & 30 , rapportene les articles suivans.

Extrait d'une lettre de St. Domingue, écrice à bord de la

frégate l'Indiscrette, à la bauteur du móle St. Nicolas & datée du 10 Avril.

Nous avons rencontré un bateau de construdion françoi. fe, dont la manouvre nous a paru fuspecte. Nous l'avons chalé; & comme il sembloit vouloir nous échapper ,, nous avons afuré notre pavillon, à quot il a répondu en hilanı pavillon françois. Nous l'avons fait raisonner , & nous avons été surpris qu'on nous répondit en anglois. IVous l'avons forcé de mettre son canot à la mer ; & le capitaine , que -s'appelle Frey', eft convenu de son tort. Nous l'avons aman riné, & envoyé à St. Domingue pour être jugé selon la loi des prises. Ce bâtiment en étoit une faite sur nous , sous prétexte qu'il venoit de chez les infurgens ; & à présent il alloit à l. Jamaïque porter des farines... Voilà un événement bien fingulier , qu'un bâtiment ayant commiffion angloi. fe, pris fous pavillon françois.

Suivant une lectre du Cap-François , du 11 Avril , arivée en France, le commerce de St. Domingue avec les infurgens fe fortifie , s'étend , & se fait avec assez de publicité. Les Anglois font les seuls qai troublent cette cora refpondance , par les hoftilités les plus caradérisées. Oa prétend qu'ils ont attaqué dans ces parages une flüce da Toi, qu'ils ont fouillée, & crès-'maltraitée. On a donné soudain ordre aux frégates en croisiere de chercher a ven. 'Ber certe iafule. D'ua auce coré, l'on apprend que sus

la côte de Normandie un baciment marchand a été insulte par un navire qui, après avoir arboré pavillou françois , & s'en être approché sous cette enseigne , lui a láché un coup de canon à boulet, qui l'a fore endommagé ; le capi. taine a fait la déposicion de cet événement à l'amirauté de Cherbourg.

On apprend que la patache angloise qui a enlevé le capitaine Burnel (& non Brunel ) dans le port de Cherbourg, eft arrivée le 20 du mois dernier à Portsmouth. Dès qu'elle eut mouillé , le lieutenant , qui la commandoit, fe fir mettre à terre , & partit d'abord pour Londres, afin de rendre compte aux lords de l'amirauté de l'exécution de sa commission. On eft curieux de voir s'ils approuveront la maniere done il y a réufi. Pour la déguifer , on a inséré dans quelques papiers de Londres un préten. du extrait d'une lettre de Guernesey, dans lequel on dit que le Sr. Burnel a été pris avec son bâtiment en pleine mer , après un petit combat, dans lequel la parache a eu quatre tués & un blessé, on y nomme ce blerré, Se baron de Fraise ; & on le donne pour un habitant de l'ille de Guernesey, qui a agi comme volontaire en certe occasion, 'où il a eu la jambe fi- terriblement fracallée qu'on sera obligé d'en venir à l'amputation. Mais, outre que cette lettre porte des marques visibles de suppofition, on trouve dans d'autres feuilles angloises , plus recommandables par leur véracité un récit qui confirme dans les principales circonfiances celui qu'on a inféré dans le dernier journal. On y nomme le Sr. Burnel l'un des man fins les plus résolus & les plus expérimentés qu'il y ait au Service des insurgens.

En effet, le bâtiment du Sr. Burnel a'écoir originaire. mene qu'une chaloupe de pilote du Maryland, servant à faire le trajet de la baie de Ghe fapeack; mais ce maria ne pouvant plus exercer cette profeffionià. caufe des troubles acluels , l'avoit fait équiper en armateur ; & c'est avec une barque aussi frêle que , pourvu de leteres

de marque du congrès', il s'eft hasardé à traverser l'on céan, & à enlever de gros navires à la vue des côtes d'Angleterre. On évalue le derniere prise qu'il a faire à 7 mille liv, fterl. Il es menacé d'éprouver un traitement rigoureux , parce qu'on le dic né en Angleterre; mais les compatriotes ont des otages qui répondront du fort qu'on lui fera subir.

On apprend par des lettres d'oftende , que depuis le 21 Juin, il se trouve à la rade de Dunkerque une dhe 32 canons, pour coursin de post contre les entre pris

frégate

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ses de quelques côtiers anglois , qui viennent faire la presse des måte lors à l'entrée du port, où ils ont enlevé les équipages des vaisseaux marchands de leur nation pour completeer ceux de leurs vaisseaux de guerre qui, fauce de máte lors , ne peuver sortir de la Tamise.

MORT S.

François-Henri Leclerc de Fleurigny , abbé commea. dataire de l'abbaye royale & féculiere de Sr. Sernin de Toulouse , en cete qualité conseiller d'honneur né au parlement de Toulouse , & premier bourgeois de ladite ville , eft mort à Paris, le 16 Juin , âgé de 67 ans.

Charles-Louis- Henri d'appelle. Voisin, fils du marquis de la Roche-Dumaine , eft mort, le 19 de Juin , au chdteau Dufou , près de Châtelleraur, dans la vie. année.

La Dame du Château. Morand, abbesse de Fontaine-Gue. rard, est morte, en son abbaye , le 20 du même midis. a

Le nommé Nicolas Lanavette , cordonnier , natif du vil. lage de Baricourt , diocese de Reims , eft morc à l'hôpital de Soissons, le 22 Mai, âgé de 104 ans, ayant toujours conservé une connoissance entiere. Il avoir eu trois feing mes, dont une lui avoit donné neuf enfans; il avoit efsuyé dans sa vie quatre fluxions de poitrine , & deux fie. vrés malignes.

Nicolas Cailloux , nacif de Metz, est mort le 7 Juin, à l'hôpiral St. Julien de Napcy, agé de 108 ans & cing jours. Il a joui, jusqu'au dernier moment, de fa mémoire & de sa raison ; & 2 ans avant la mort qui n'avoit été précédée d'aucune infirmité, il avoit fait à pied un voyage de so lieues.

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