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que jamais.

de l'administration générale, pas même inscrite daus l'almanach royal, et en activité dans toute l'ile de France, ne reconnoissoit aucunement le grand prévot de cette province. Cette compagnie existe encore ; et ce qu'il y a de plus surprenant, elle exerce son ténébreux ministère avec plus de force

A la mort du prince de Soubise, Lambesc fut investi des capitaineries du défunt. Il déploya, dès le premier jour, dans cette administration toute la dureté qu'il a si bien inanifestée. Dévoué au comte d'Artois , ils lièrent à cet égard leurs plaisirs et leur génie. Le peuple des capitaineries en question avoit encore, respiré malgré le régime oppresseur des chasses ; à l'approche de ces deux princes, il n'y eut plus de repos pour lui; les vexations, les prohibitions de toute espèce furent inventées. Oa se figure assez ce qu'il en dut être par ce mot de Lambesc: Il se paiguit aux gens de justice de la nonchalance du sieur Gueroult, chevalier de Saint-Louis, capitaine de la Muette; on lui représenta que les propriétaires des campagnes en étoient assez contens, à cause de son humanité et de sa bonté : Oui, oui, dit Lambesc de l'humanité, de la douceur, de la compassion! Oh bien ! je vous donnerai un homme qui vous mènera bien cela.

En effet, le sieur Gueroult fut déplacé, et son poste fut donné au sieur Prioreau, qui depuis la révolution n'a cessé d'être nommé par les ministres pour commander leurs expéditions, et a servi l'aristocratie avec le même zèle que lorsqu'il étoit le Tristan des deux princes.

La compagnie de maréchaussée que cet homme commande est de 80 cavaliers, très-bien montés, et choisis en conséquence de leur ministère.

On sait que le sieur Papillon , prévôt de l'ile de France, veut attaquer l'illégalité de cette formation. Mais les plaintes poriées coatre lui-même l'ont détourné de ce soin. Il est bien étonnant que le département de Versailles n'ait rien dit sur cette corporation montrueuse.

Il n'est pas hois de propos d'observer que le sieur Gueroult ne coûtoit au gouvernement que 2400 liv. tous les ans, et que pour lui substituer le sieur Prioreau , il en a coûté près de 30 mille liv. tous les ans, tant pour indemniser l'un , que pour bien payer la barbare intrépidité de l'autres

Nous n'assurerons pas que ce soit cette même compagnie qui remplace à Saint-Cloud le service des gardes du corps , mais il y a lieu de présumer que cela est; cous invitons les bons citoyens à s'en informer et à réclamer contre ce service très - dangereux. La garde nationale ne doit pas souffrir que la garde du roi soit confiée, en ces circonstances, au ministre des vengeances et des caprices d'un Lambesc, à un Prioreau , qui depuis la révolution a commis des actes de violence contre le peuple, avec l'archarnement d'un esclave furieux.

Tous les papiers publics ont annoncé la réception de M. de Chartres à la société des amis de la constitution, dite des Jacobins; son discours a été imprimé tout au long, et on a scrupuleusement compté les applaudissemens. Il paroit que le club des Jacobins , qui vante si haut son attachement aux vrais principes, n'a pas encore fait un grand pas vers l'égalité, et qu'il met plus d'importance à des formes de réception qu'il n'y regarde de près pour caresser un ci-devant prince, à qui ileût été beau, dans cette occasion, de donner une leçon.

A l'égard del'a£fectation des journalistes à publier cette petite féte, nous aimons à croire qu'ils ont voulu faire une ironie.

L'espagne et l'Angleterra viennent de conclure un arrangement définitif qui assure la paix entre ces deux puissances. Louis XVI en a été informé la premier de ce mois , par l'ambassadeur d'Espagne. Un cles principaux articles du traité porte que la cour de Madrid consent à ce que les Anglais forment un établissement au nord de la baie de Nootka , et qu'ils puissent commercer sur cette côte jusqu'au cap Mendocin. · Le domestique soupçonné d'avoir assassiné M. de Vitray, capitaine au régiment de la Couronne, vient d'être arrêté à Valenciennes; la fille qui avoit refusé de le suivre, et qui l'a dénoncé, avoit reçu de lui une montre et une bague appartenantes à M. de Vitray, ce qui ne laisse plus de doute qu'il ne soit l'assassin.

Une partie de la ville de Namur vient d'être détruite par l'explosion d'un magasin à poudre : on ne sait pas encore le nombre des niorts ; mais on a déjà trouvé près de 200 cadavres.

La question du runvoi des maistres, agirée dans l'assemblée nationale, a eté un rocsin sonré sur eux dans tout le royaume. Paris vient de donner lexemple aux provinces de demander leur proscriprion.

Les sections se sont assemblées ces jours derniers ; elles ont délibéré sur l'arrêté de celle de Mauconseil, qui forme une dénonciation précise et circonstanciée des ministres, dont nous avons parlé dans notre no. 67. La manière a été discutée avec touic la chaleur, avec tout le patriotisme qu'clle mérite, et elles ont nommé des députés pour porter le résultat do leur vel à l'hôrel de ville. C'esiliers que la réunion de ces députés a eu lieu. Il se trouve que, sur 48 sections, 35 ont voté pour le renvoi absolu des ministres, sauf à leur aire leur procès sur les faits dénoncés par celle de Mauconseil. Nous observons que le van des 13 autres sections n'est pas cncore

Le sieur de la Luzerne avoit pris l'épouvante d'avance;. comme un des plus coupables, il a donné sa démission la semaine dernière, cuil a été remplacé par M. Ficerieu , homme connu dans la marine, mais très peu pour ses opi-, nions sur la révolution. Il fautespérer quelacondui:chono:able de la commune de Paris donnera l'évu à routes celles du rovaume, qui nous a tharrasserort sans doute du resie des anciens visirs.

VARIÉTÉS.

connu.

VARIÉTÉS.

On nous écrit de Suisse que les 'aristocrates de tous les cantons s'évertuent en cent manières pour conserver Les restes d'une autorité qui leur échappe. Les Français qui ont l'audace de parler avec éloge de la révolution de leur patrie, sont impitoyablement emprisonnés. Sur les confins de France et de Berne, on a fait mettre un cordon de troupes composé de 5ooo hommes qui exercent l'inquisition la plus minutieuse sur les voyageurs ec sur les lettres.

A Fribourg, les chefs du gouvernement poursuivent avec acharnement les frères Sudan, ces vertueux Fribourgeois, qui, en 1781, avoient tenté de rendre la liberté à leur patrie. L'un d'eux étoit un de ceux que l'assemblée nationale a fait elargir 'du bagne de Brest. Ces trois victimes de l'aristocratie vivoient retirées dans le comté de Neuchâtel, lorsque des émissaires du gonvernement de Fribourg sont entrés à main armée sur le territoire de la république pour les enlever. Ces infortunés étoient alors avec leur pere , qui , agé de plus de 80 ans, écoit allé les voir pour les serrer encore une fois dans ses bras ; et leur donner sa bénédiction avant de terminer sa carrière. Heureusement qu'ils ont été avertis à temps ; ils ont gagné au large , et ils ont échappé aux recherches de leurs persécurcurs altérés de sang. Cependant le territoire de Neuchâtel a été violé, et personne ne se plaint; y auroit-il donc une conjuration des gouvernemens contre la liberté des peuplesí

Dans notre no. 55 nous avons parlé de M. AlexandreSabin Pignol, lieutenant des vaisseaux de la nation, (ci-devant du roi) qui, accusé par le sieur Albert de Rioms d'un vol de six francs dans la malle d'un charpentier, avoit été indignement dégradé de son état , selon les usages de l'ancien régime, c'est-à-dire , sans forme de procès. M. Pignol, jugé enfin selon les nouvelles loix de la marine, vient d'être déchargé de toute accusation. Nous nouis faisons un devoir de publier son jugement d'absolution.

« Vu par le conseil martial assemblé à bord du vaisNo. 6g.

E

seau Amiral, &c. le conseil martia a déchargé ledic sieur Alexandre-Sabin Pignol, de l'accusation contre lui portée , d'après le prononcé qu'en a fait le président.

» Ledic conseil martial arrête en outre que le présent jugeinent sera iinprimé au nombre de cent exemplaires, publié et affiché par-tout où besoin sera. Fait à bord du vaisseru l'Amiral, le douze octubre mil sepi cent quat e-vingt dix.

Signés; le commandeur de Glandèves, Possel, Florte, d'Orsin , Venei, Si qui, le chevaliis de Dunas, Pas de Beaulieu, Brueys, chevalier Boyer d'Eguille , Gavoty. Pout copie , Baudeuf, greffier.

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Il vient de se former à Lyon une société patriotique, sous le nom de société populaire et philantropique des amis de la constitucion. Son bui est d'expliquer au peuple les décrets de l'assemblée nati nale, d'instruire les citoyens pauvres de leurs droits et de leurs devoirs. Il seroit bien à souhaiter que cette institucion aussi utile que sublinie far imitée dans toutes les villes du royaume ; ce seroit un moyen infaillible de déjouer toutes les spéculations anti-patriotiques des aristocrates.

Extrait d'une lottre écrite d'Artonne, district de

Rioms, département du Puy · Dúme.

Une chose indigne vient de se commettre dans la ville d'Artonne, département du Puy - Dôme, district de Rioms. La sociéré des amis de la constitution a arrêté que tous les dimanches un membre expliqueroit les décrers de l'assemblée nationale au peuple. En conséquence, M. Rozier, curé de Saint-Mion, membre de la société, a ouvert ce cours patriotique par un style simple, où il prouvoit évidemm:ne que l'assemblée nationale', bien loin de roucher à la religion, l'avoit rappelée à son origine en lui donnant foute sa force. Ce vénérable pasteur étoit animé de cet amour de la patrie qui embrâse tous les esprits et y porte la conviction.

Les ennemis du bien public qui inonlent notre ville furent désolés de voir que les nuages d'ignorance quienveloppoient l'esprit du peuple alloient éire dissipés

. Les prêtres sur-tout se coalisèrent , et les confesseurs poussèrent la scélératesse jusqu'à défendre à leurs pénitens

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