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13, RUE DE GRENELLE, 13

1884
Tous droits réservés

à

et échminute français, ue a Duran ,

à mort à Paris (1843-1928) Il furt ministre des Travaux publics de 1849

à 1892 il es défenda les idées libre échangistes et il combatut Tatisme et socia lesine

larousse

Come

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LA POLICE

INTRODUCTION

COMMENT JE DEVINS LE VIEUX PETIT EMPLOYÉ

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La per

I. Scrupules d'un bon citoyen. Le hareng et la caque. Un bien

mauvais début. Racheter le mal que j'ai fait. - Ni vieux, ni petit, ni employé. Manoeuvre frauduleuse.

Mes agents. spicacité de la police. Le flair de M. Andrieux. II. Pourquoi la police ne pouvait pas me trouver. Les mobiles. Le problème social.

La loi du progrés. Point de vue économique. Politique. Comment le problème se pose au point de vue de la police. Gouverner et administrer. — Le problème de la sécurité. Prévenir ou réprimer. La définition des termes de

police. III. Ditfamation et calomnie. - Fauteur de scandale. Stuart Mill.

La passion politique. Les personnalités. M. Camescasse est un criminel. - M. Lecour et Louis XVI. Les responsabilités. — Les seuls coupables. — M. Caubet. Les faits. - L'histoire. Affirmations et preuves.

- Les petits faits. Le total. Petits délits. L'ouvre de Bacon. La méthode scientifique. Le microbe de la police. - Les enquètes. - Les dangers de la police. « Personnes pas intéressantes. » - Mes clients. La tolérance des abus. suis une honnête femme. » - Je ne suis pas un voleur. » Ca

m'est égal! Don Quichotte. Mes bénéfices. IV. Prison. — La Lanterne et le Vieux petit employé. Les témoins. MM. Ansart et Gigot en tête-à-tête. Mes complices.

Je

Au tribunal. -- La déroute. Les calomnies. Je jette mon masque. Les hommes et les institutions. Mon humiliation. Besogne de La besogne intéressante. Mon ambition.

manoeuvre.

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Mon cher complice, je vous dédie ce livre. Il est plein de nos luttes communes.

Vous savez comment je devins le Vieux petit employé; mais tout le monde ne le sait pas, la police moins que personne. Je vais commencer cet ouvrage, qui lui est consacré, par cette première révélation.

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Vous vous rappelez qu'un jour, dans un comité électoral du 1er arrondissement en 1881, un bon citoyen, se leva et prononça ces graves paroles.

- Je suis partisan du citoyen Yves Guyot, je reconnais tous les services qu'il a rendus. Cependant il y a beaucoup de gens qui me disent : Oui, c'est vrai. Máis, enfin, tout cela n'empêche pas que le citoyen Yves Guyot est un ancien employé de la Préfecture de police. Je cherche l'excuse, je ne la trouve pas. Je voudrais savoir ce que je pourrais leur répondre.

- C'est que je ne l'ai jamais été.

L'électeur de bonne volonté me regarda avec une stupéfaction annonçant qu'il ne pouvait croire à tant d'impudence. Évidemment, pour mentir avec cet aplomb, il fallait avoir été corrompu jusqu'aux moelles par cette infâme administration. Dans mon cas, ce n'était pas la caque qui sentait le hareng, c'était le hareng qui conservait l'odeur de la caque.

il avait à l'époque

Quelques rires, qui se firent entendre, l'indignèrent. Il s'assit, consterné, en disant :

Citoyen, j'aurais préféré une autre réponse. Il vaut mieux avouer.

Mais puisque c'est faux, complètement faux ! Il hocha la tête, en me lançant un sourire de supériorité méprisante qui signifiait nettement :

– Ce n'est pas à un homme honnête et intelligent, comme moi, qu'on peut faire accroire de pareilles bourdes.

Et, sur les rieurs, il jeta un coup d'oeil circulaire qui exprimait avec non moins de netteté un dédain affligé pour leur corruption. Il fit un mouvement pour prendre son chapeau et quitter la salle. Une autre jour, une dame suisse m'écrivit :

« Vous avez eu un bien mauvais début dans la vie. Heureusement qu'en le dénonçant aujourd'hui, vous rachetez le mal que vous avez pu commettre autrefois, quand vous apparteniez à cette infâme administration. >>

J'eus beaucoup de peine, dans ces deux cas, à prouver que, bien loin d'être un Vieux petit employé vieilli sous le harnais, je m'étais improvisé tel, en me rendant coupable d'usurpation de trois fausses qualités : vieux, je ne le suis pas encore; petit, je ne le suis plus depuis longtemps; employé, je ne l'ai jamais été à un titre quelconque dans une administration quelconque.

M. Lecour s'est violemment indigné de ce que, en inventant ces lettres, « j'avais fait tout ce qu'il fallait pour leur donner un cachet de réalisme qui a dû tromper beaucoup de lecteurs. « Ces procédés constituent incontestablement une véritable manæuvre frauduleuse? », dit-il avec indignation. Je comprends que la police n'ait pas été contente d'être ma dupe; non seulement j'ai affirmé son incapacité, mais je l'ai prouvée.

La police lançait d'abord M. Brissaud, puis M. Lombard

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1. Lecour. La campagne contre la Préfecture de police. Un gros vol. in-18, 1881, p. 185-186.

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