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Louis de Châlons étoit ouverte, & purifiée en fa perfonne par le déces fans enfans de Philibert de Châlons, & que René de Nassau fût contraint à lui relacher la Principauté d'Orange, & les autres biens délaiffés par Louis de Châlons avec reftitution de fruits.

Le procés aiant été noüé, & après di verfe conteftation Françoise de Seiffel mourut en 1537.

Elle avoit inftitué fon héritier Jean, Comte de la Chambre fon Frere d'un fecond lit de Louis Comte de la Chambre leur Pere. Le Teftament de la dite Françoife eft du 21 Septembre 1529. & lon codicille du 25 Décembre 1537.

Jean Comte de la Chambre, Héritier de Françoife la Soeur, reprit eu 1538. le procés contre René de Naffau, & après plufieurs conteftations il y eut Arrêt du Parlement de Grenoble, prononcé le 15 Décembre 1543. par lequel la Cour déclara les fubftitutions mifes au Teftament de Louis de Châlons avoir eu lieu en la personne de Françoise de Seiffel de la Chambre par le déces de Philibert de Châlons fans enfans, & condamna René de Naffau à délaiffer à Jean Comte de la Chambre, com

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me aïant droit de la dite Françoife de Seiffel, la Principauté d'Orange, & autres biens demandés au proces, que Louis Prince d'Orange poffedoit avec reftitution de fruits depuis le plaid contefté, & fous les detractions de droit.

René de Naffau, fut tué le 17 Juillet de la même année 1544. au Siege de St. Dizier. Il avoit inftitué fon héritier Guillaume de Naffau fon Coufin, contre lequel Jean Comte de la Chambre obtint du Parlement de Grenoble un autre Arret en coutumace en 1550.

Il parut enfuite un nouveau Pretendart, fur la Principauté d'Orange, ce fut François d'Orleans, Duc de Longueville, qui demandoit cette Principauté, comme defcendant de Jeanne de Hoghberg fon Aïeu le paternelle, qui étoit descenduë d'Alix de Châlons, Sœur de Louis le bon Prince d'Orange, & il fe fandoit fur les fubftitutions apofées en faveur de la dite Alix, dans les Teftaments de Marie de Baux & de Jean de Châlon fon Epoux, des 22 Mai 1416. & 21 Octobre 1417.

Le Duc de Longueville qui avoit du Roi de France des Lettres d'attribution de jurifdiction au Grand Confeil, y NS

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affigner Guillaume de Naffau, & JeanComte de la Chambre: Guillaume de Naffau oppofa de declinatoire, & obtint encor Requeste civile contre l'Arrest de 1543.

Le Grand Confeil rendit enfuite Arreft le 23 Janvier 1552. par lequel il ordonna, que l'Arreft du Parlement de Grenoble feroit executé; & ainfi la Principauté d'Orange fut adjugée à Jean Comte de la Chambre contre le Duc de Longueville, & contre Guillaume de Naffau.

Le Comte de la Chambre fit ensuite affigner au Grand Confeil Guillaume de Naffau pour qu'il donnât état de la détraction qu'il pouvoit pretendre: il s'en fuivit Arreft du Grand Confeil du 11 Mars 1562. qui déclara Guillaume de Naffau forclos de donner les détractions, sauf à lui d'en former la demande par fimple. action; & le Confeilordonna de nouveau, que l'Arreft du Parlement de Grenoble feroit executé en faveur de Jean Comte de la Chambre.

Il le fut en effet du confentement même de Marie de Lorraine Mere & Tutrice de François d'Orleans, Duc de Longueville Monfieur Bertrand de la Motte

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Gommiffaire deputé fe tranfporta fur le lieu, & mit le Comte de la Chambre en poffeffion de la Principauté d'Orange, ou il eft refté buit années, & jufques à ce qu'il en fut depoüillé par Guillaume de Naffau. Les Princes de Naffau ont du depuis détenu la Principauté d'Orange par force Majeure, & fans avoir aucun droit particulier. Et files Héritiers Fidei-commiffaires de Françoise de la Chambre, qui font les predeceffeurs du Seigneur Marquis de Coudrée n'ont pas pû être retablis, l'on ne peut rien leur imputer, n'aïant pas pû réfilter à la force majeure, qui fait ceffer toute forte de prescription.

Cependant Charles Emanuel de Seiffel Marquis d'Aix fe pourvut en 1603. au Parlement de Grenoble, pour qu'en execution des Arrets precedents il fût retabli en la poffeffion de la Principauté d'Orange, avec reftitution de fruit,& demanda de faire citer le Comte de Naffau, detenteur d'icelle, qu'il fit adjourner, & le dit Comte de Naffau obtint des Lettres du Roi Henri IV. pour faire évoquer la cause au Grand Confeil.

La Maison de Naffau n'a en effet eu aucun droit fur la Principauté d'Orange,

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Guillaume de Naffau duquel elle le mefuroit, n'eft pas defcendu de la Maison de Châlons, ni par Mâles, ni par Filles, & il en étoit abfolument étranger,

René de Naffau, qui en defcendoit veritablement de Claudine de Châlons fa Mcre, n'avoit même aucun droit, parce que Louis le bon Prince d'Orange, au defaut de fes defcendans mâles avoit appellé Jeanne de Châlons, fa Fille Comteffe de la Chambre, Mere de Françoise de Seiffel, de laquelle le Seigneur Marquis de Cou drée mefure fes droits; & Philibert de Châ lon, qui étoit grevé de rendre la Principauté d'Orange, n'en avoit pas pû difpofer en faveur de René de Naffau, ni celuici en faveur de Guillaume de Naffau, fon Coufin, comme le Parlement de Grenoble l'a reconnu en 1543. & en contradictoire de René de Naffau, & le Grand Confeil du Roi de France en 1552 & 1562. contre Guillaume de Naffau.

Ileft inutil de dire ici, queRené deNaffau reconnut la jurifdiction duParlement de Grenoble, que quoi que Guillaume de Naffau cût oppofé fa declinatoire pour ne pas proceder par devant le Grand Conseil, l'on n'y eut aucun égard, Monfieur le Procureur

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