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Ce fera fans doute un habil homme, qui prétendra prouver par raifon, que le Prin ce de Dietz puiffe prétendre ni de loin ni de près d'être Prince d'Orange par le Teftament du Roi, qui ne fpecifiant rien, n'a fait Héritier le Prince de Dietz, que de ce qui lui appartenoit privativement, & quoiqu'il refuferoit de jurer les pactes de famille, il n'eft pas moins tenu à les obferver, & aux faits de fes Prédecef feurs.

!

N'a-t-il pas allegué contre le Roi de Pruffe, que Frederic Henri ne pouvoit pas alterer l'ordre établi dans la Maifon par les Teftaments de Philippe Guillaume, & de Maurice, fon héritier teftamentaire qui contenoient une fubftitution graduele, réële, & mafculine, aux faits desquels il étoit obligé?

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Comment peut-il donc attribuer au Roi d'Angleterre plus de pouvoir qu'à Frederic Henri, qui n'a fuccedé, qu'en vertu des dits Teftaments, & qui n'eût pas été Prince d'Orange fans le même titre, par Lequel la fucceffion de Philippe Guillaume appartient à préfent à l'ainé de la Maifon,

Cela fuffit, pour montrer au public, de

quel

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quelle maniere on en agit prefentement au fujet de cette fucceffion, & quels biens, qu'il puiffe s'attirer, on n'en fçait pas moins dans le monde, à qui ils appartiennent.

Il eft de même bien furprenant, que malgré la verité, la raifon, & les gencalogies, & tous les traités de paix anterieurs, on introduise à present une nouvelle methode, de transferer par convenance des Souverainetés, telles grandes ou petites, qu'elles puiffent être.

Il fuffit donc, de n'avoir ni troupes ni argent, pour que les droits de naissance, l'ordre de fucceffion établis dans les familles, & la nature des fidei-commis, confirmés par des traités des Rois & des Puiffances, foient éteints par un trait de plu◄

me.

Comment Sa Majefté Pruffienne peutelle ceder ou troquer ce qu'elle n'a par aucun titre, ni ombre de droit.

On en prend à temoin fes propres Univerfités, outre les plus fameufes de l'Europe.

La Principauté d'Orange apartient à la Maifon de Naffau, celle de Neufchatel & Valengin à la Maifon de Châlon, on fçait bien, qu'il n'eft ni l'un ni l'autre; de

plus

plus ou c'eft un fidei-commis, ou ce n'en eft pas?

Si c'en eft un, comment peut-il ceder fes droits? fi ce n'en eft pas, quel droit y a-t-il ? & s'il cede enfin fes droits pretendus pour lui & fes Héritiers, quoique l'on prenne les noms & les Armes d'autrui, cela ne prouve aucun droit.

Il fuffiroit donc d'être Roy, d'avoir des troupes fur pié, & faire gliffer des Articles de paix, pour changer la nature de tous les droits & fucceffions.

Voila le droit d'à prefent. Il n'y a plus, qu'à fermer les univerfités, les tribunaux, & oublier jusqu'à la verité même, & blef fer la foi des traités publics & particuliers.

L'on veut guarantir le Prince de Naf fau Dietz, & le dedommager de fes pretentions, cela fera fort aifé, puis qu'il n'en a pas, & s'il en avoit, ces fortes de guaranties ne font ni d'usage, ni de l'honneur de la Maison de Naffau. Ce qui lui appartient, n'eft pas fujet au bon plaifir, ni à la convenance du plus fort. Cependant, quoi qu'il en puiffe arriver, il eft bien julte, que de la part de S. A. S. Monfgr. le Prince d'Orange, chef & ainé de la Maifon

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de Naffau & feul fucceffeur aux dites Principautés, & Biens de la portion du Prince Philippe Guillaume, par tous les droits ensemble publics & particuliers, on faffe les proteftations fuivantes, pour qu'au moins la verité paroiffe aux yeux du public, quoique maltraitée, pour conferver pour lui & fa Maifon felon l'ordte établi, fes droits, qui font connus à tout le monde.

PROTESTATION.

D
on François d'Yfendoren, Chevalier
& Confeiller deputé de Son Alteffe
Sereniffime le Prince d'Orange & de Naf-
fau Siegen, fondé de fon Pleinpouvoir &
Commiffion fpeciale ci-jointe, declare
qu'enfuite des juftes demandes faites de la
part & au nom de fon Alteffe Sereniffime,
& des inftances & informations fi fouvent
réiteréës pendant la negotiation de la Paix
à ce Congrès des Couronnes & Puiffances
affemblées pour rendre à un chacun ce
qui lui appartient, on avoit efperé, que
l'on auroit fait une ferieufe & équitable
reflexion & attention fur l'évidence & la

ve

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verité des titres & droits certains, qui apa
puient les demandes de Son Alteffe Sere
niffime, puisque par les traités de paix de-
puis celui de Madrid de l'An 1525. juf
ques au dernier conclu à Ryswick en l'an
1697, & par les declarations de Sa Ma-
jefté le Roi de France, & de fes Augu-
ftes predeceffeurs (à quoi on fe tient) &
qui font autant de titres d'une acquifition
legitime, & d'une poffeffion continuelle
& immuable, il est evident, & hors de
toute difficulté & conteftation, que la di-
te Principauté & Souveraineté d'Orange
avec tout ce qui en dépend, & les autres
biens, droits, noms, & actions de la
Maison de Châlon incorporée dans celle
de Naffau Catzenellenbogen, ont été com-
me par autant de declarations publiques
& fuffifantes confirmés infeparablement
pour la Maifon de Naffau, ce qui exclud
tout ce qui n'eft pas Naffau, & par les traités
particuliers aflés connus, qui font autant
de declarations fuffifantes & ftables dans
la Maison de Naffau, qui donnent l'exclu-
fion à tout autre, qui n'eft pas l'ainé de
la ligne mafculine ainée, & qui reglent
& confirment la fucceffion à la Principau-
té d'Orange, & aux autres biens dépendans
de

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